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Marguerite Duras, pas­sion­né­ment, à la folie, pas du tout

Duras a 100 ans. Hors de ques­tion de par­ler d’elle au pas­sé. Nous avons vou­lu sou­hai­ter cet anni­ver­saire en grande pompe en lui consa­crant ce dos­sier. Pour cela, il nous fal­lait une maître d’œuvre à la hau­teur : c’est natu­rel­le­ment que nous avons pen­sé à la magni­fique Dominique Blanc, qui a por­té La Douleur pen­dant trois ans sur les scènes du monde entier. Elle a accep­té sa mis­sion – rédac­trice en chef de ce dos­sier – avec un enthou­siasme, une éner­gie et un inves­tis­se­ment tels que l’aventure fut dévo­rante jusqu’au délice. C’est ça, l’effet Marguerite.

L'édito de Dominique Blanc
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©Thomas Jouanneau pour Causette

Rédactrice en chef ? Ça, c’est un vrai rôle ! Pour Causette, jour­nal inso­lent, intel­li­gent et indigne : j’adore. Pour évo­quer ma pas­sion pour Marguerite Duras : un rêve. Oui, je lan­guis, je brûle pour Duras.
Elle est entrée dans ma vie quand j’avais 17 ans. Mme Gerbe, pro­fes­seure de fran­çais, le che­veu rouge et court, nous impo­sa à nous, classe de pre­mière scien­ti­fique, Un bar­rage contre le Pacifique. Et nos âmes rebelles se prirent de pas­sion pour la forêt de Siam, Sadec, Suzanne et son amant chi­nois.
Duras sur­git à nou­veau avec La Douleur, grâce à Patrice Chéreau et Thierry Thieu Niang. Lecture à deux puis spec­tacle, seule sur scène, où j’incarne M en avril 1945 à Paris. De 2008 à 2011, j’ai joué sur les routes de France et puis dans le monde. Chaque soir, le verbe duras­sien m’a sai­sie, prise à la gorge et aux boyaux, tout comme Phèdre ! Quel mys­tère pal­pite au cœur de sa prose et m’emporte, ardente et pas­sion­née, dans cette tra­gé­die du XXe siècle et le géno­cide de tout un peuple ?
Je suis tom­bée amou­reuse à mon tour à nou­veau de M. D. J’aime cet état d’indignation per­ma­nent, cette fra­ter­ni­té avec l’Autre, cet esprit de révolte, cet espoir envers et contre tout, et son enga­ge­ment poli­tique. Les Cahiers de la guerre, écrits de 1943 à 1949 et édi­tés chez P.O.L, sont à ce jour mon livre pré­fé­ré, car on y trouve « l’enfance de l’œuvre », toutes les pro­messes d’écriture à venir. Je suis allée à Caen, à l’Imec, à l’abbaye d’Ardenne. J’ai vou­lu voir et tou­cher ces quatre cahiers d’écolière, voir son écri­ture manus­crite. J’ai vou­lu ren­con­trer dix per­son­nages, spé­cia­listes ou pas­sion­nés, pour cer­ner le conti­nent Duras… Au fur et à mesure, Marguerite est appa­rue…

Dans ce dos­sier :
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Ce qu'il reste de Marguerite Duras au XXIè siècle

Biographe et cri­tique de ciné­ma, Jean Vallier a entre­te­nu des rela­tions ami­cales et pro­fes­sion­nelles avec l’écrivaine pen­dant une ving­taine d’années et lui a consa­cré une bio­gra­phie monu­men­tale. Pour Causette, il explore ce qu’elle nous a légué une fois pas­sée à la pos­té­ri­té.
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Laure Adler : « Duras était une dévo­reuse d’hommes »

Duras aimait les hommes. Passionnément. L’amour phy­sique, char­nel, intel­lec­tuel est par­tout dans son œuvre. Laure Adler, qui a publié en 1998 la pre­mière grande bio­gra­phie de Marguerite Duras et qui l’a, à cette occa­sion, sou­vent ren­con­trée, nous parle de son rap­port à la séduc­tion.
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