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Un homme jette du yaourt sur deux femmes iraniennes parce qu'elles ne portent pas le voile, à Machlad au nord-est de l’Iran le 30 mars 2023. ©Capture d'écran Twitter

Iran : le gou­ver­ne­ment ren­force sa répres­sion à l’encontre des femmes qui refusent de por­ter le voile

Alors qu’un man­dat d’arrêt a été émis same­di à l’encontre de deux femmes agres­sées dans un maga­sin en Iran parce qu’elles ne por­taient pas le voile, le gou­ver­ne­ment ira­nien a annon­cé hier le ren­for­ce­ment de l'obligation de por­ter le voile dans les écoles et les uni­ver­si­tés iraniennes.

Comme la majo­ri­té des vidéos qui nous viennent d’Iran depuis la mort de Mahsa Amini en sep­tembre der­nier, elle est rapi­de­ment deve­nue virale. Dessus, on voit deux femmes, une mère et sa fille, entrer dans une épi­ce­rie de la ville de Machlad au nord-​est du pays. Alors qu’elles font tran­quille­ment la queue, elles se font apos­tro­pher bru­ta­le­ment par un homme qui pas­sait dans la rue. Ce der­nier, visi­ble­ment aga­cé, leur jette vio­lem­ment du yaourt dans les che­veux. La rai­son de cette agres­sion ? Mère et fille ne por­taient pas le voile, selon l’Agence France Presse, rap­porte Le Parisien. Sur la vidéo, fil­mée par les camé­ras de sur­veillance de l’épicerie, on voit ensuite le res­pon­sable du maga­sin inter­ve­nir immé­dia­te­ment pour chas­ser l’agresseur. 

D’après le jour­na­liste spé­cia­liste de l’Iran Armin Arefi, la scène aurait eu lieu jeu­di 30 mars. Alors que la vidéo – qui dure à peine une minute – est mas­si­ve­ment par­ta­gée sur les réseaux sociaux depuis, les auto­ri­tés judi­ciaires ira­niennes ont annon­cé same­di 1er avril qu’un man­dat d’arrêt a été ordon­né à l’encontre des deux femmes « pour avoir com­mis un acte inter­dit en enle­vant leur hijab », indique le site Mizan Online, l’agence du pou­voir judi­ciaire en Iran. 

Un man­dat d’arrêt a été éga­le­ment émis à l’encontre de leur agres­seur « pour insulte et trouble à l’ordre public », pour­suit Mizan Online. Quant au pro­prié­taire du maga­sin, il aurait éga­le­ment reçu un aver­tis­se­ment afin qu’il se conforme aux règles de la cha­ria, a ajou­té le site. De son côté, le pré­sident ira­nien, Ebrahim Raisi, a appe­lé same­di soir les Iraniennes à por­ter le voile par « obli­ga­tion reli­gieuse », rap­porte la chaîne télé­vi­sée Al Jazeera. Pour rap­pel, le voile est deve­nu obli­ga­toire en Iran en 1979. 

Durcir la répres­sion sur le voile 

Le man­dat d’arrêt émis à l’encontre de ces deux femmes inter­vient alors que l’Iran est le théâtre de vio­lentes répres­sions depuis la mort en déten­tion, le 16 sep­tembre der­nier, de Mahsa Amini. La jeune kurde ira­nienne de 22 ans avait été arrê­tée pour infrac­tion au strict code ves­ti­men­taire impo­sé aux femmes dans la République isla­mique, c’est-à-dire le port du hijab cou­vrant les che­veux. Face à la forte mobi­li­sa­tion, des femmes et des filles ira­niennes notam­ment, le régime des mol­lahs n’a ces­sé de dur­cir depuis la répres­sion, notam­ment sur le port du voile. Et ce mal­gré l'annonce de la sup­pres­sion de la police des mœurs début décembre pour cal­mer les protestations.

Lire aus­si I Rapport annuel d'Amnesty International : « À chaque fois que les droits des femmes ont été atta­qués, des ras­sem­ble­ments à l'échelle inter­na­tio­nale ont eu lieu »

Au-​delà des cen­taines d’arrestations et d’exécutions de manifestant·es, le gou­ver­ne­ment ira­nien a annon­cé lun­di 3 avril, par la voix de son minis­tère de l’Éducation, le ren­for­ce­ment du port du voile dans les écoles et les uni­ver­si­tés, rap­porte la RTBF. Les étu­diantes qui ne res­pec­te­raient pas cette obli­ga­tion ne seront plus auto­ri­sées à assis­ter aux cours. Cette régle­men­ta­tion n’est pas nou­velle mais elle inter­vient car de nom­breuses jeunes femmes ont récem­ment refu­sé de s’y plier. Ces deux der­nières semaines, de nom­breuses vidéos ont en effet été par­ta­gées sur les réseaux sociaux mon­trant des Iraniennes non voi­lées célé­brer le Nouvel An ira­nien dans plu­sieurs villes du pays, sou­ligne la radio belge. 

Début mars, c’est une autre vidéo virale qui avait sus­ci­té la colère du régime ira­nien. On y voyait cinq jeunes ira­niennes che­veux longs défaits et appa­rents, crop tops lais­sant voir leur ventre, en train de dan­ser sur la chan­son Calm down du nigé­rien Rema. Pour s’être fil­mées en train de dan­ser publi­que­ment en ne por­tant pas le voile et en lais­sant appa­raître leur ventre – trois choses inter­dites en Iran -, les cinq jeunes filles ont été arrê­tées par la police et déte­nues pen­dant deux jours. Elles ont ensuite été for­cées d’enregistrer une vidéo dans laquelle elles expriment des regrets. 

Lire aus­si I Iran : le régime des mol­lahs soup­çon­né d’être à l’origine des empoi­son­ne­ments d’écolières

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