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99 WORKING WOMAN © Lama Films
Working Woman © Lama Films

La sélec­tion d'avril 2019

Working Woman, de Michal Aviad.

Dans l’exact sillon de #MeToo et de Time’s Up, Working Woman dénonce le har­cè­le­ment sexuel au tra­vail. Nul oppor­tu­nisme : Michal Aviad, sa réa­li­sa­trice, décor­tique les dis­cri­mi­na­tions envers les femmes depuis 1989. C’est dire si avec cette fic­tion, d’une inten­si­té remar­quable, cette pion­nière israé­lienne est fidèle à elle-​même. Et juste.
Son récit s’articule autour d’Orna, une tren­te­naire qui tra­vaille dur pour sub­ve­nir aux besoins de sa famille. Brillante, elle est pro­mue par son patron, un pro­mo­teur immo­bi­lier puis­sant. Une embel­lie qui ne va pas durer : les sol­li­ci­ta­tions dudit boss deviennent de plus en plus dépla­cées même si, chaque fois, il pro­met de ne plus recom­men­cer. Orna est per­due. Elle le repousse, mais elle doute aus­si : doit-​elle s’habiller autre­ment ? Et sur­tout, elle se tait : elle a trop besoin de ce job. Jusqu’au jour où son patron flir­teur, puis fran­che­ment mena­çant, la viole… Sobre, modeste, Working Woman fait preuve d’une clair­voyance impla­cable pour démon­ter le pro­ces­sus du har­cè­le­ment (le dépla­ce­ment de la culpa­bi­li­té sur la vic­time…). Et d’une déter­mi­na­tion non moins for­mi­dable pour racon­ter l’envol d’une femme digne. Un film fort et néces­saire.

Comme si de rien n’était, d’Eva Trobisch
99 Comme si de rien nétait © wild buch distribution
© Wild Buch dis­tri­bu­tion

Tordre le cou aux cli­chés est salu­taire. Soulever des ­ques­tions sans don­ner for­cé­ment de réponses est plus auda­cieux. Surtout sur un sujet aus­si sen­sible que le viol. Or c’est exac­te­ment ce que fait Eva Trobisch avec Comme si de rien n’était. Un pre­mier film puis­sant, dûment pri­mé au Festival de Locarno et assez déran­geant ! Jugez plu­tôt…
Janne, sa pro­ta­go­niste, est une jeune femme moderne, édu­quée, com­pé­tente. Âgée d’une tren­taine d’années, ­ayant un job et un com­pa­gnon sym­pas, elle veut pou­voir tout contrô­ler. Notamment ses émo­tions, l’idée étant de n’être contrainte par rien et d’avancer comme il lui plaît. « Tout va bien », répète-​t-​elle donc à l’envi. Même après avoir été vio­lée lors d’une fête alcoo­li­sée. Là encore, elle choi­sit d’encaisser et de pas­ser à autre chose. Sauf que, cette fois, tout va dérailler.
On ne sait ce qui impres­sionne le plus dans cette fuite en avant. Sa ten­sion sourde et inquié­tante. Son épi­logue per­plexe sinon bru­tal. Ou le regard por­té sur elle par Eva Trobisch. Refusant toute expli­ca­tion psy­cho­lo­gique, mais aus­si tout juge­ment, cette réa­li­sa­trice alle­mande donne autant à voir qu’à réflé­chir in fine. Pas si cou­rant !

Los Silencios, de Beatriz Seigner
99 Los silenciospyramide distribution
© Pyramide

Envoûtant, poi­gnant, incroyable : le deuxième long-​métrage de Beatriz Seigner conjugue bien des pos­sibles, telle une invi­ta­tion au voyage…[…]

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