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L'une des dernières images postées par Matiullah Wesa montre des jeunes femmes brandissant des slogans demandant l'accès à l'éducation pour les filles © Capture d'écran du Twitter de Matiullah Wesa

Afghanistan : Matiullah Wesa, l’homme qui défend l’école pour filles, a été arrêté

Matiullah Wesa, res­pon­sable de l'organisation PenPath, qui lutte pour l’éducation des filles en Aghanistan, a été arrê­té ce lun­di à Kaboul par les auto­ri­tés talibanes. 

La com­mu­nau­té inter­na­tio­nale s’inquiète de l'augmentation des arres­ta­tions arbi­traires de militant·es pour l’éducation et l’autonomisation des femmes en Afghanistan. Comme celle de Matiullah Wesa, fon­da­teur d’un réseau d’écoles pour filles et res­pon­sable de l'organisation PenPath, dont l’ONU a rap­por­té l'arrestation ce lun­di 27 mars à Kaboul, en Afghanistan, selon fran­cein­fo. La Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (Manua) a, elle, deman­dé via un tweet de « cla­ri­fier l'endroit où il se trouve, les rai­sons de son arres­ta­tion et de lui assu­rer l'accès à une repré­sen­ta­tion légale et le contact avec sa famille ».

Après son arres­ta­tion, le frère de Matiullah Wesa a confir­mé les faits, pré­ci­sant qu'il avait été inter­pel­lé à la sor­tie d'une mos­quée après les prières de lun­di soir. « Matiullah avait ter­mi­né ses prières et sor­tait de la mos­quée lorsqu'il a été arrê­té par des hommes à bord de deux véhi­cules », a décla­ré Samiullah Wesa à l'AFP, d'après Le Figaro. « Lorsque Matiullah leur a deman­dé leurs cartes d'identité, ils l'ont bat­tu et l'ont emme­né de force », a‑t-​il conti­nué. Et depuis 48 heures, plus per­sonne n’a de nou­velles du res­pon­sable d'organisation.

Un long com­bat pour l'éducation

Le mili­tant a fon­dé il y a qua­torze ans l'association PenPath, dont l’objectif est d’ouvrir des écoles par­tout où elles ont dis­pa­ru, à des­ti­na­tion prin­ci­pa­le­ment des filles. Cet homme de 30 ans était lui-​même à l’école pri­maire lorsque son école a été incen­diée par les tali­bans en 2002. C’est ce qui l’a conduit à créer cette asso­cia­tion. Elle compte 2400 volon­taires, forme des ensei­gnants, dis­tri­bue des livres, ouvre des biblio­thèques. Dix-​huit sont déjà pré­sentes dans le pays. Et même après le retour des tali­bans, en août 2021, il a pour­sui­vi sa tâche en orga­ni­sant des cours pour les filles dans une semi-​clandestinité, sou­vent chez des par­ti­cu­liers. Cette situa­tion est connue des tali­bans puisque Matiullah Wesa agit à visage décou­vert, explique le quo­ti­dien. Il y a trois jours encore, juste avant son arres­ta­tion, il a pos­té une vidéo sur les réseaux sociaux où l’on voit un groupe de jeunes filles lan­cer des slo­gans sur le droit à l’éducation.

Depuis un an et demi, les tali­bans ont mul­ti­plié les inter­dic­tions qui frappent les femmes. Interdiction d’occuper un emploi public, d’accéder aux parcs et aux gym­nases, de se dépla­cer dans les trans­ports sans être accom­pa­gnées d’un homme. Et donc inter­dic­tion d’aller à l’école au-​delà du pri­maire. C’est le seul pays au monde dans ce cas, comme le rap­pe­lait le der­nier rap­port d’Amnesty International publié mar­di dernier. 

À lire aus­si I Les larmes des Afghanes à nou­veau pri­vées d’école

Condamnation fran­çaise 

Dès mar­di, la France a condam­né l'arrestation par les tali­bans de Matiullah Wesa et appe­lé « à sa libé­ra­tion immé­diate ». Anne-​Claire Legendre, porte-​parole du minis­tère fran­çais des Affaires étran­gères, a indi­qué qu' « elle sou­tient les démarches en ce sens de la Mission d'assistance des Nations unies en Afghanistan (Manua) », rap­porte Le Figaro

Après avoir déplo­ré les « innom­brables vio­la­tions aux droits et liber­tés fon­da­men­tales dont les tali­bans se rendent cou­pables à l'encontre des femmes », Anne-​Claire Legendre a ajou­té qu'« aucune socié­té ne peut se déve­lop­per de manière posi­tive en niant les droits des femmes », pré­cise le quo­ti­dien. L’arrestation de Matiullah Wesa fait d’ailleurs suite à une autre inter­pel­la­tion, il y a quelques semaines, d’un pro­fes­seur d’université qui lui aus­si mili­tait pour le droit à l’éducation des filles. Il est res­té incar­cé­ré 32 jours.

À lire aus­si I L’Unesco dédie la Journée inter­na­tio­nale de l’éducation 2023 aux filles et femmes afghanes

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