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Beate, à 15 ans, lors du Festival japonais américain, en 1938. Plus tard, elle militera activement pour la promotion des arts asiatiques. © Courtesy famille de Beate Sirota Gordon

Beate Sirota Gordon, l’Olympe de Gouges du Pacifique

Quel des­tin que celui de Beate Sirota Gordon ! Cette Austro-​Américaine fut, en 1946, la seule femme choi­sie par le géné­ral MacArthur pour poser les bases de la nou­velle Constitution japo­naise. Elle y a rédi­gé la sec­tion consa­crée aux droits des femmes… Elle n’avait alors que 22 ans.

Beate Sirota Gordon naît en Autriche (très loin du Japon !), en 1923, dans une famille juive et amie des arts. Son père, Leo Sirota, est un pia­niste recon­nu qui, en 1929, accepte une chaire de pro­fes­seur à l’Académie impé­riale de musique de Tokyo. Beate a 5 ans lorsqu’elle quitte l’Europe pour vite l’oublier. Et pour cause : « Le choc cultu­rel que j’ai res­sen­ti dès notre arri­vée sur les quais de Kobe a effa­cé tout sou­ve­nir de Vienne », a‑t‑elle expli­qué à un jour­na­liste du Japan Times. « Je n’avais jamais vu un Asiatique aupa­ra­vant, et la vue de tous ces Japonais […] m’a pous­sée à deman­der à ma mère s’ils étaient tous frères et sœurs. […] Elle s’est pro­mis de m’élever pour m’intégrer dans la socié­té japo­naise. 1 » Ainsi, dès ses pre­miers jours à Tokyo, Beate par­tage les jeux de ses petits voi­sins et tisse des liens de cœur avec la nation. 

Elle apprend le japo­nais en trois mois et demi (un record), pra­tique l’ikebana (l’art de la com­po­si­tion flo­rale) et la danse tra­di­tion­nelle japo­naise. Dès ses pre­miers mois d’immersion, elle fait aus­si ce constat : les Japonaises sont invi­sibles. Aucune femme[…]

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