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© Piron Guillaume

Don de moelle osseuse : une hausse record des volon­taires en 2022

L’Agence de bio­mé­de­cine a pré­sen­té cette semaine son bilan 2022 sur les dons de moelle osseuse. Des chiffres posi­tifs avec des donneur·ses en nette hausse, mais une diver­si­té des pro­fils à améliorer.

L’année 2022 a été mar­quée par « une vague [et] un élan de soli­da­ri­té extrê­me­ment mas­sifs », a salué Evelyne Marry, direc­trice du pré­lè­ve­ment à l'Agence de bio­mé­de­cine (ABM), lors d’un point presse ce mer­cre­di 5 avril. L'année der­nière, la France a connu une aug­men­ta­tion record des pro­messes de don de moelle osseuse. La Dr Evelyne Marry a éga­le­ment annon­cé le lan­ce­ment de la cam­pagne de dons pour 2023. 

Le bilan a été réa­li­sé au len­de­main de la pre­mière réunion du comi­té de sui­vi du plan minis­té­riel sur le don de moelle osseuse. Une date clé pour annon­cer des chiffres records. En 2022, ce sont 38 314 per­sonnes qui se sont ins­crites sur le registre des don­neurs de moelle osseuse, contre moins de 25 000 en 2021, soit une hausse de plus de 50 %. Des greffes néces­saires pour trai­ter des mala­dies très lourdes, comme la leu­cé­mie, qui touche sou­vent des enfants. 

L'an der­nier, ce sont près de 1 100 greffes de moelle osseuse qui ont été réa­li­sées pour 2 000 patients pla­cés sur liste d’attente. L'Agence de bio­mé­de­cine a tou­te­fois pré­ci­sé qu'il n'y avait pas d'insuffisance géné­rale de donneur·ses, de nombreux·ses patient·es béné­fi­ciant d'une alter­na­tive thé­ra­peu­tique. La dif­fi­cul­té concerne plu­tôt la capa­ci­té à pro­po­ser une greffe adap­tée à chaque patient. « Ce n'est pas vrai­ment une ques­tion de nombre, mais de diver­si­té des pro­fils pour que le bon don­neur béné­fi­cie au bon rece­veur », a détaillé l'ABM.

La média­ti­sa­tion de l’affaire Joseph 

La hausse des dons l’année der­nière est en grande par­tie due à la média­ti­sa­tion sur les réseaux sociaux du cas de Joseph, un enfant de trois ans atteint d’une leu­cé­mie. En jan­vier 2022, ses parents avaient lan­cé un appel à l’aide sur les réseaux sociaux. Un appel qui avait été relayé par les médias comme l'émission C à vous sur France 5, auprès de laquelle la maman témoi­gnait : « Il faut trou­ver un don­neur à mon fils : avoir peur que son enfant meure, c'est la pire chose à vivre pour un parent. » A cette heure, Joseph est tou­jours en attente d'une greffe com­pa­tible, affirme Ouest France.

Des donneur·ses repré­sen­ta­tifs de la diversité 

L’Agence sou­haite main­te­nir ce niveau de donneur·ses, mais en favo­ri­sant sur­tout les jeunes hommes. Ce sont avec eux que les dons de moelle osseuse fonc­tionnent mieux, car ils ne pos­sèdent pas les anti­corps déve­lop­pés par les femmes lors des gros­sesses qui com­plexi­fient la bonne tolé­rance du gref­fon, a expli­qué l'Agence de bio­mé­de­cine lors de la confé­rence. L’ABM a rap­pe­lé que « si le registre natio­nal ne compte que 36 % d’hommes, plus de 70 % des don­neurs de moelle pré­le­vés sont des hommes, une pro­por­tion qu’il faut aug­men­ter signi­fi­ca­ti­ve­ment ».

C’est pour­quoi la nou­velle cam­pagne de com­mu­ni­ca­tion qui s’ouvre lun­di 10 avril et qui dure­ra jusqu’en août sera ciblée sur les per­sonnes qui ont entre 18 et 25 ans et en prio­ri­té aux hommes. Cette nou­velle cam­pagne consis­te­ra notam­ment en la dif­fu­sion d’un film « des­ti­né aux hommes de 18 à 35 ans sur les réseaux sociaux, une cam­pagne d’affichage dans les lieux de proxi­mi­té, des spots audio sur les pla­te­formes d’écoutes en strea­ming et cer­taines radios com­mu­nau­taires, la spon­so­ri­sa­tion d’évènements spor­tifs de proxi­mi­té comme la "CAN des quar­tiers" et des col­la­bo­ra­tions avec des créa­teurs de conte­nus sur la pla­te­forme Twitch ». Une cam­pagne donc réso­lu­ment tour­née vers les jeunes hommes issus de l’immigration.

« Une greffe de moelle osseuse néces­site de trou­ver un don­neur com­pa­tible avec le patient » et c’est pour­quoi « il est essen­tiel que le registre reflète la diver­si­té des ori­gines de la popu­la­tion fran­çaise et donc des malades », afin que l’on puisse trou­ver rapi­de­ment, pour chaque malade, un don­neur du même groupe eth­nique que lui et donc a prio­ri poten­tiel­le­ment com­pa­tible. « Les pro­fils qui nous semblent inté­res­sants sont les hommes d'Afrique du Nord, d'Afrique sub­sa­ha­rienne », a pré­ci­sé la Dr Evelyne Marry.

Si la limite d'âge est de 35 ans, une fois inscrit·e sur le registre, il est quand même tou­jours pos­sible de don­ner sa moelle osseuse après cet âge, la limite réelle étant fixée à 60 ans. Ce seuil de 35 ans s’explique par des délais sou­vent éle­vés entre l’inscription sur les registres et le fait d’être vrai­ment sol­li­ci­té pour un don. La durée médiane est de huit ans.

À lire aus­si I #Les20000 : l'Agence de bio­mé­de­cine veut trou­ver de nou­veaux don­neurs de moelle osseuse, jeunes et mas­cu­lins de préférence

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