Harald Krichel Raphael Glucksmann 1040795
Portrait de Taphaël Glucksmann. © Harald Krichel / Wikimedia Commons

Élections euro­péennes : la dyna­mique Glucksmann se confirme

La dynamique de la tête de liste du PS et de Place publique, Raphaël Glucksmann, se confirme dans les intentions de vote aux élections européennes, les 8 et 9 juin prochains, et l'écart se réduit avec la candidate Renaissance Valérie Hayer, même si l'essayiste se garde de tout triomphalisme.

A six semaines du scrutin des européennes qui se tiendra les 8 et 9 juin prochains, la liste de Raphaël Glucksmann se rapproche de celle de la majorité présidentielle conduite par Valérie Hayer. Avec 14% des intentions des voix (+2,5 en un mois), la liste du candidat PS-Place publique talonne celle conduite par Valérie Hayer à 17% (-1), selon une étude Cevipof-Ipsos-Institut Montaigne-Fondation Jean-Jaurès pour Le Monde publiée lundi, et portant sur 10651 personnes.

La publication ce lundi du sondage quotidien Ifop-Fiducial pour LCI, Le Figaro et Sud Radio donne la liste de l'eurodéputé à 14,5% d'intentions de vote (+ 2,5 points sur une semaine), à seulement 1,5 point de celle de Valérie Hayer (16%, -1 point en une semaine).

"Retour d'une fierté"

Les socialistes comme les macronistes restent toutefois largement distancé·es par le Rassemblement national de Jordan Bardella, crédité de 32% par Ipsos, 31,5% par l'Ifop. "Il y a une dynamique claire" qui s'est établie en faveur de Raphaël Glucksmann, estime Gilles Finchelstein, secrétaire général de la Fondation Jean-Jaurès. Il souligne notamment un enseignement marquant : "les sympathisants socialistes redeviennent des électeurs socialistes". "En 2019, 40% seulement des sympathisants socialistes étaient des électeurs socialistes. Là on est à près de 90%" dans cette enquête qui illustrerait, selon lui, le "retour d'une fierté".

Avec un score avoisinant celui de Valérie Hayer en tenant compte des marges d'erreur des sondages, Raphaël Glucksmann peut en théorie nourrir l'espoir d'un croisement des courbes entre les deux listes. "Je n'aurais pas dit cela il y a un mois", mais ce "n'est plus impossible", abonde Gilles Finchelstein.

Pour le candidat, le terme reste tabou. "C'est jamais nous qui déployons ce récit du
croisement des courbes, je ne veux pas qu'on produise ce récit",
a-t-il expliqué à quelques journalistes jeudi, en marge de son meeting à Strasbourg. L'eurodéputé, devenu la cible de l'extrême droite, de la macronie, et même de ses concurrents de gauche, dit savoir "trop bien" ce que cela pourrait engendrer si au soir du 9 juin, il ne dépassait pas Valérie Hayer.

" Everest "

"On va dire que c'est décevant, on va parler d'échec", même si on fait 12%, ce qui signifie qu'on aura quand même doublé notre score de 2019 (6,19%), rappelle-t-il. 
Raphaël Glucksmann souligne que "des gens qui ont voté des choses très différentes à la dernière présidentielle nous rejoignent. Là, ils ont l'occasion d'être en accord avec eux-mêmes". S'il admet "bien sûr" regarder les sondages, il tente de relativiser: "si on perd deux points, c'est pas la fin du monde, si on gagne deux points, c'est pas l'Everest". 

Au sein du PS, certains ne cachent pas pourtant espérer doubler la liste macroniste. "Si on arrive à capter ceux qui s'abstiennent, il peut y avoir un croisement", assure une cadre du parti. "Les gens qui s'abstiennent, souvent ils ont voté efficace la dernière fois, soit Jean-Luc Mélenchon, soit Emmanuel Macron, et aujourd'hui ils sont déçus".

"Glucksmann prospère sur la faiblesse de ses concurrents"

Pour Brice Teinturier, directeur général délégué d'Ipsos, "Glucksmann prospère sur la faiblesse de ses concurrents", et notamment "parce que LFI et les écologistes vont mal", rappelle-t-il dans une tribune au journal Le Monde. L'essayiste de 44 ans, qui sera en meeting à Grenoble lundi soir, profiterait aussi "à plein des difficultés d’Emmanuel Macron et récupère 17% de ses électeurs à la présidentielle", note-t-il.

Des voix qui "comptent double", dans la chasse à la deuxième place du scrutin, souligne Gilles Finchelstein. Enfin "Raphaël Glucksmann fait tout simplement une bonne campagne", juge de son côté, Brice Teinturier, car il parle d'Europe, met "l’accent sur la transition écologique", et a "une ligne claire s’agissant de l'Ukraine mais aussi de Gaza".  Mais pour le sondeur, le croisement des courbes reste "peu probable" en raison de la volatilité de son électorat (55% seulement sont sûrs actuellement de voter pour lui. Il suffit que certains électeur·trices encore indécis·es "repartent vers EELV, LFI ou la majorité présidentielle pour que (son) score se tasse".

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