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© Benedikt Geyer

Une grève du sexe pour défendre le droit à l’IVG ?

Le 12 mai, l’actrice amé­ri­caine Alyssa Milano invi­tait les femmes à enta­mer une « grève du sexe ». En réponse aux lois anti-​IVG –récem­ment votées en Alabama, en Géorgie et au Missouri– très com­men­tées et cri­ti­quées jusque dans les hautes sphères de l’État… fran­çais. « Faire la grève du sexe, c’est aus­si se pri­ver soi-​même », rétor­quait notre secré­taire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa. Alors, doit-​on, comme d’autres femmes avant nous dans l’Histoire, mettre nos corps au ser­vice d’une cause poli­tique ?

Camille Froidevaux-​Metterie

Professeure de science poli­tique 

« Cette pro­po­si­tion de “grève du sexe” me pose pro­blème parce qu’elle réduit les femmes à leur corps et, ce fai­sant, elle per­pé­tue l’assignation sexiste des femmes à leur géni­ta­li­té. Elle res­taure le lien entre sexua­li­té et pro­créa­tion, qui est pré­ci­sé­ment le lien que l’avortement a per­mis de défaire. Par ailleurs, cette pro­po­si­tion laisse entendre que, si cer­taines femmes tombent enceintes, c’est néces­sai­re­ment dans le cadre d’une rela­tion sexuelle consen­tie. Cela entre­tient l’idée que les femmes sont res­pon­sables des gros­sesses non dési­rées, mais sur­tout, cela invi­si­bi­lise le fait que l’IVG peut être consé­cu­tive à un viol. Et puis, enfin, l’idée ren­voie à une repré­sen­ta­tion très hété­ro­nor­mée de la sexua­li­té, soit une sexua­li­té à visée repro­duc­tive, à des­ti­na­tion des[…]

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