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Apocalypse Bébé © Lou Hérion

La sélec­tion de mars 2019

Apocalypse Bébé, mise en scène de Selma Alaoui

Décidément, le théâtre n’en finit pas de por­ter Despentes à la scène. On ne compte plus les adap­ta­tions de King Kong Théorie et c’est une joie que ce texte culte soit dit et redit. La met­teuse en scène belge Selma Alaoui, avec le col­lec­tif Mariedl, s’attaque, elle, à Apocalypse Bébé. Une gageure que de rendre sur les planches le souffle qui tra­verse ce roman vita­mi­né paru en 2010 et récom­pen­sé par le prix Renaudot. Mais la troupe belge par­vient à nous racon­ter l’histoire de Lucie Toledo, jeune détec­tive un peu godiche, man­da­tée pour retrou­ver Valentine, une ado dis­pa­rue, avec une éner­gie péta­ra­dante. L’arrivée de la Hyène, enquê­trice badass, aux méthodes un peu vio­lentes y fait beau­coup. Sur fond de musique élec­tro­nique pla­nante, on est embar­qué dans ce road movie spee­dé aux allures de thril­ler qui nous emmène de Paris à Barcelone à 300 à l’heure. Les acteurs et actrices donnent tout. Il faut bien ça pour hono­rer la langue de Despentes. 

Apocalypse Bébé, mise en scène de Selma Alaoui. Théâtre Paris-​Villette, à Paris, du 12 au 28 mars 2019. 

Darling, mise en scène de Laurent Le Bras

C’est peu dire que la vie n’a pas ména­gé Darling. Petite, cette fille de pay­sans n’a pour seul hori­zon que la natio­nale qui passe devant chez elle. Son seul espoir d’échapper à son triste des­tin : grim­per dans un des camions qui cir­culent sur la route. C’est ce qu’elle fera. Passant ain­si de parents bru­taux à un mari violent. Ce texte, poi­gnant, de Jean Teulé, a connu, lors de sa sor­tie en 1998, un grand suc­cès en librai­rie. En 2007, Marina Foïs don­nait corps, au ciné­ma, à cette héroïne mal­me­née par l’existence. Cette fois, c’est le théâtre qui met en lumière cette Darling, qui n’est autre qu’une loin­taine cou­sine de l’écrivain et qui, un jour, est venue lui confier son his­toire. La comé­dienne Claudine Van Beneden l’interprète avec force. Et par­vient même à faire ­jaillir ­l’humour que contient, mal­gré tout, ce texte noir. Elle porte ain­si, sur scène, la voix de toutes les Darling du monde. 

Darling, mise en scène de Laurent Le Bras. Studio Hébertot, à Paris, du 7 mars au 7 avril. 

Café Polisson, de Nathalie Joly

On se croi­rait dans un tableau de Toulouse-​Lautrec. Couleurs, décor, ­cos­tumes… Pour ce Café Polisson, créé, à l’origine, au Musée d’Orsay pour l’exposition Splendeurs et misères, images de la pros­ti­tu­tion, la comé­dienne et chan­teuse Nathalie Joly nous embarque façon caf’conc’ dans l’univers des filles de joie. Comme à son habi­tude, elle a ras­sem­blé un incroyable réper­toire de chan­sons du Second Empire et de la Belle Époque. Il y a Les Gueuses, Madame Arthur, mais aus­si La Raie, ou encore La Grande Pine. Autant de refrains tru­cu­lents où la polis­son­ne­rie côtoie la mélan­co­lie. Mais tou­jours avec humour, bien sou­vent meilleur exu­toire de vies de misère. Un hom­mage vibrant aux ­demi-​mondaines, cour­ti­sanes, ambu­lantes, hiron­delles, buveuses d’absinthes et autres fleurs de trot­toir. Les chan­sons révèlent la réa­li­té du métier, mais aus­si les vices et fan­tasmes étranges de ces mes­sieurs. Très instructif… 

Café Polisson, de Nathalie Joly, mise en scène de Jacques Verzier. Théâtre de l’épée de bois, à la Cartoucherie (Paris), jusqu’au 3 avril. À écou­ter : le CD Café Polisson (Frémeaux & Associés).

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