La sélec­tion de mars 2019

98 Tessa B Repose en paix © Rémi Ferrante
Tessa B. sort son nou­veau single, Repose en paix.
© Rémi Ferrante

Repose en paix, de Tessa B.

« Que la variette fran­çaise repose en paix, /​Si je meurs, c’est de rire que je vais cl’am’s /​Enterrez-​moi à côté d’Robin Williams. » Voici le via­tique de Tessa B., pépite de la pop urbaine ­ten­dance trap, qui vient de sor­tir son nou­veau single Repose en paix. Un ruban de mélo­die, élé­gant, faus­se­ment simple, poi­vré de rap et adou­ci d’un trait de R’n’B. Le cock­tail est enivrant. Mais c’est sur­tout la voix de Tessa B. qui accroche et retient notre ouïe tout ouïe. Déjà enten­due, ver­sion anglaise, avec le groupe d’électro Synapson ou chez les Jabberwocky, cette voix légère et pour­tant puis­sante est encore plus nuan­cée en fran­çais. Elle recon­naît qu’elle craque pour les grandes voix, Mariah Carey et Whitney Houston, mais qu’elle fond aus­si pour les chan­sons fran­çaises à texte, façon Barbara. TessaB. écrit des paroles mutines, à double sens, qui res­tent bien en tête. Et là-​dessus elle butine, elle s’amuse, elle attaque rap et hop, dévie en pop. Décidément oui, la variette fran­çaise peut bien repo­ser en paix ! I. M.

Repose en paix, de Tessa B. Parlophone. Single et clip sur toutes les plateformes. 

Manu mili­ta­ri, de Camille Bazbaz

Sous des airs d’artiste décon­trac­té, voire non­cha­lant, Camille Bazbaz est un infa­ti­gable tra­vailleur. Depuis la fin du groupe de rock fran­çais Le Cri de la mouche, dont il était cofon­da­teur et cla­vier, Bazbaz a col­la­bo­ré avec Les Satellites, Joey Starr, Winston McAnuff, sor­ti huit albums solo, com­po­sé cinq musiques de film, dont celle d’En liber­té !, le der­nier Pierre Salvadori. Qu’il aborde avec brio le rock, la soul ou le reg­gae, il y a une patte Bazbaz, un son fluide et chaud. Manu mili­ta­ri, son ­neu­vième album, sonne majo­ri­tai­re­ment reg­gae et place une femme au cœur du pro­pos. Désirée, regret­tée, fan­tas­mée, elle habite ses jours, ses nuits, ses chan­sons. Une pépite. É. H.

Manu mili­ta­ri, de Camille Bazbaz. 22D Music Group. 

Nick Waterhouse, de Nick Waterhouse

Avec une pré­ci­sion d’orfèvre, Nick Waterhouse a enre­gis­tré son ­nou­vel album, comme cha­cun des trois pré­cé­dents, en ana­lo­gique, sans aucun apport numé­rique. Ancien ven­deur de disques, ce col­lec­tion­neur de 45-​tours de jazz et de soul semble avoir arrê­té son espace-​temps sonore quelque part au début des années 1960. Limiter son expres­sion à la seule nos­tal­gie d’un son vin­tage serait tou­te­fois réduc­teur. Il com­pose et enre­gistre des chan­sons dans les­quelles il dénonce le mer­can­ti­lisme de l’époque, l’influence des pro­grès tech­no­lo­giques dans nos rela­tions (Song for Winners) ou la fai­blesse de l’homme (By Heart). Traversé par des gui­tares sau­vages, por­tées par des per­cus­sions cubaines, des flûtes, des cuivres ou des chœurs soul, chaque titre dégage un groove impla­cable et génère une envie de dan­ser abso­lu­ment irré­sis­tible. C. K.

Nick Waterhouse, de Nick Waterhouse. K7 – Modulor records. Sortie le 8 mars. 

Les Bruyères Session, de The Marshals

The Marshals est un trio de blues ori­gi­naire de Moulins, dans l’Allier. Les membres ont enre­gis­tré leur cin­quième album aux Bruyères à Bourbon‑l’Archambault, ber­ceau des Capétiens et à l’origine du nom du com­té de Bourbon (Kentucky, États-​Unis) où l’on fabrique le whis­ky du même nom. Un trait d’union pour ce groupe fran­çais dont les racines musi­cales viennent du Mississippi. Leur blues rock anglo­phone est épu­ré à l’extrême. Guitare-​chant, bat­te­rie, har­mo­ni­ca, point barre. Mais il faut remon­ter au blues noir amé­ri­cain des années 1940–1950 pour déco­der leur génome. Ce nou­vel album sent bon la terre et va à l’essen­tiel. Une cure de jou­vence. É. H.

Les Bruyères Session, de The Marshals. Freemount Records.

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