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© Gwendoline Finaz de Villaine

Paris : une fresque géante au Panthéon pour célé­brer la nais­sance de la gran­diose Joséphine Baker

Pour l’anniversaire de la nais­sance de Joséphine Baker ce ven­dre­di 3 juin, l’artiste Gwendoline Finaz de Villaine inau­gure un gigan­tesque por­trait de la chan­teuse devant le Panthéon à Paris, où celle-​ci repose depuis novembre 2021. Une oeuvre éphé­mère et auda­cieuse, à l’image de la grande femme à qui elle rend hommage.

Joséphine Baker aurait eu 116 ans aujourd’hui. Quoi de mieux pour la célé­brer qu’une fresque monu­men­tale, pleine de vie, de cou­leur et de pas­sion ? L’icône des années folles revit, le temps d’une jour­née, devant les marches du Panthéon dans le Ve arron­dis­se­ment de Paris, où elle y a été intro­ni­sée le 30 novembre der­nier. A l’origine du pro­jet, une femme : Gwendoline Finaz de Villaine, peintre et pre­mière admi­ra­trice de celle qui s’est fait une place dans le temple des héros et héroïnes de la Nation. 

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© L.H.

À 8 heures ce matin, les "petites mains" mobi­li­sées par la Mairie de Paris s’activent pour fina­li­ser les retouches et col­ler les der­niers mor­ceaux de l'œuvre sur le par­vis. La troupe s'affaire depuis 4 heures du matin. Un tra­vail minu­tieux pour s’assurer que les pièces du puzzle sont cor­rec­te­ment assem­blées et que la fresque tient bien en place. A 8h10, le por­trait est enfin prêt. La boucle en accroche-​cœur, la colombe – oiseau fétiche de Joséphine- nichée sur son cou, le fond jaune, emblé­ma­tique de sa per­son­na­li­té rayon­nante et de son ico­nique cein­ture de bananes…tout y est. 

Un hom­mage flamboyant

L’envergure du por­trait, ins­crit dans le cadre du fes­ti­val Quartier du Livre* (du 1er au 8 juin), reflète par­fai­te­ment l’héritage de Joséphine Baker. Chanteuse, dan­seuse, actrice, meneuse de revue, résis­tante, mili­tante des liber­tés et de l'antiracisme, mère de douze enfants adop­tés – sa « tri­bu arc-​en-​ciel » – sa liste de ses qua­li­tés est longue, et témoigne de sa géné­ro­si­té et de son courage. 

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Gwendoline Finaz de Villaine devant sa fresque © L.H.

Une géné­ro­si­té que Gwendoline Finaz de Villaine a bien res­sen­tie en pei­gnant ce tableau au moment de sa pan­théo­ni­sa­tion. « Je vou­lais rendre hom­mage à sa bon­té et à son grand cœur. C’était impor­tant pour moi de ne pas sim­ple­ment lui confec­tion­ner un lin­ceul, mais bien un véri­table man­teau de reine », raconte-​t-​elle. Un amour pour la France par­ta­gé, tout comme l’esprit de troupe, et la même appar­te­nance à une famille d’artistes : Gwendoline a elle-​même été meneuse de revue aux Folies Bergères pen­dant 15 ans. 

Un des fils de Joséphine, Brian Bouillon Baker, vient spé­cia­le­ment du Québec pour inau­gu­rer la fresque à 12h30. « Il était hyper content quand on lui a par­lé du pro­jet, et extrê­me­ment enthou­siaste. Il s’est dit que sa mère allait ins­pi­rer une nou­velle géné­ra­tion, des femmes de 30–40 ans, et c’est for­mi­dable pour lui », se réjouit l’artiste. Ce por­trait majes­tueux, signé de ses ini­tiales « GFV », regorge de détails. Peint à l’acrylique et à « l’encre caviar », la fresque s’inspire d’une esquisse d’époque de l’affichiste Paul Colin. Gwendoline y a néan­moins ajou­té sa petite touche : « J’ai vou­lu inclure un style plus moderne, avec les sortes de tatouages autour du cou, qui donnent un côté très arach­néen à l'œuvre. On voit aus­si des objets éso­té­riques, mys­té­rieux, et un hom­mage aux années folles avec les masques cubistes. » 

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© Gwendoline Finaz de Villaine

Sincèrement émue de poser son œuvre sur « un sol qui a été fou­lé par des per­sonnes illustres », l’artiste ne regrette pas qu’il s’agisse d’une fresque éphé­mère, seule­ment visible aujourd’hui. La pein­ture per­du­re­ra puisqu’elle sera décou­pée en fin de jour­née en petit bout d’un mètre sur un mètre, puis dédi­ca­cée par Gwendoline et remise aux habitant·es du Ve arron­dis­se­ment, « pour que cha­cun puisse repar­tir avec un mor­ceau du cœur de Joséphine. »

Des passant·es intrigué·es 

Ce ven­dre­di, les habitant·es de 5ème auront peut-​être un regard intri­gué ou un sou­rire satis­fait en lon­geant l’imposante fresque. Dès 8h15, les premier·es curieux·es s’arrêtent déjà pour contem­pler le par­vis du Panthéon. Deux col­lé­giennes montent sur un plot pour prendre de la hau­teur. « On passe tous les jours ici, c’est la pre­mière fois qu’on voit une œuvre comme ça. C’est très joli, j’aime beau­coup le style. C’est une super ini­tia­tive, et même si je ne connais pas bien Joséphine, au moins ça repré­sente une femme ! », s’exclame une des deux amies. Beaucoup de visages stu­pé­faits, certain·es ne sai­sissent pas tout de suite de quoi il s’agit. « Comme l'œuvre est pla­quée au sol, on a pas tout de suite com­pris que ça repré­sen­tait Joséphine Baker, mais on a quand même repé­ré la colombe », indique deux col­lègues en che­min pour le bureau. 

Plus loin, Maria s’arrête pour prendre une pho­to. Elle reste plu­sieurs secondes devant, scrute les détails. « C’est très énig­ma­tique, mais on est tout de suite atti­ré par la cou­leur jaune. J’ai recon­nu la colombe, signe de la liber­té que Joséphine Baker défen­dait tout en res­tant insou­ciante. » Dans la rue, une mère passe devant avec sa fille. « C’est qui, maman ? », demande la petite. « C’est Joséphine Baker. Une grande dame, qui a fait beau­coup de belles choses. »

*Festival Quartier du Livre du 1er au 8 juin dans le Ve arron­dis­se­ment de Paris. Programmation : https://quartierdulivre.fr

Lire aus­si : Les grands moments de la pan­théo­ni­sa­tion de Joséphine Baker

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