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Photo : Tiktok lyceeblaisecendrars

“Évidemment qu’on n’a pas de pla­fond” : sur TikTok, profs et élèves d’un lycée de Sevran dénoncent le déla­bre­ment de l’établissement et font 2 mil­lions de vues

Professeur·es et élèves du lycée Blaise-Cendrars, à Sevran, en Seine-Saint-Denis, se sont uni·es dans une vidéo caustique sur TikTok pour dénoncer le délabrement de leur établissement scolaire et demander plus de moyens.

Une tendance des réseaux sociaux pour dénoncer le délabrement d’un établissement scolaire. Sur TikTok, professeur·es et élèves du lycée Blaise-Cendrars, à Sevran (Seine-Saint-Denis), se sont uni·es pour réaliser une vidéo caustique montrant à quel point leur lieu d’études tombe en ruine et le manque de moyens mis dans l’éducation par le département. Publiée jeudi 7 mars, elle s’approche des 2 millions de vues.

Reprenant le même début de phrase (“On est à Blaise Cendrars, évidemment que…”) chacun·e pointe du doigt un dysfonctionnement : l’ascenseur qui ne fonctionne plus depuis un an, le non-remplacement d’une professeure pendant son congé maternité, l’absence de chauffage dans les classes, un trou dans le plafond des toilettes ou des salles de cours, des chaises cassées ou carrément manquantes…

Dans une autre vidéo, élèves et enseignant·es affirment se mobiliser depuis une semaine. “Grève, blocus, rassemblement, réseaux sociaux, nous utilisons tous les moyens pour nous faire entendre. Il est temps que l’État réponde à nos demandes et nous ne sommes pas près de nous taire ! Nous revendiquons nos droits !” écrivent ces dernier·ères en légende.

"Le service public est de plus en plus cassé"

Il n’y a pas que le lycée Blaise-Cendrars qui se mobilise. Depuis une dizaine de jours, enseignant·es, élèves et parents du département mènent des opérations “école déserte”. Jeudi 7 mars, ils et elles ont défilé en nombre à Paris pour réclamer un plan d’urgence ambitieux pour l’école.

“On est un peu usé par le fait que le service public est de plus en plus cassé”, témoigne à l’Agence France-Presse (AFP) Laure (elle n’a pas donné son nom), professeure de français au lycée Suger, à Saint-Denis. “On nous dit qu’il n’y a pas de moyens, mais quand je fais passer les épreuves de bac à l’académie de Paris ou de Versailles, je vois bien que les moyens sont là. Ce que subissent nos élèves en Seine-Saint-Denis, aucun parent parisien ou versaillais ne l’accepterait”, ajoute-t-elle.

Les syndicats réclament “358 millions d’euros” pour permettre la création de cinq mille postes d’enseignant·es et un peu plus de trois mille emplois de vie scolaire. Parmi les revendications figurent aussi des seuils à vinngt élèves par classe, la réfection des établissements vieillissants et l’abrogation de la réforme du choc des savoirs. À l’AFP, Nicole Belloubet, ministre de l’Éducation, affirme connaître “très bien” le département, qui “concentre de nombreux atouts et de vraies difficultés”. “J’y apporte une attention toute particulière et des dispositifs spécifiques y sont déployés”, a-t-elle assuré.

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