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Composition des pro­tec­tions pério­diques : le gou­ver­ne­ment passe à la contrainte

Le minis­tère de la Santé a annon­cé jeu­di, auprès de Libération et de France Inter, vou­loir contraindre dès jan­vier 2023 les fabri­cants de pro­duits d'hygiène fémi­nine à affi­cher de manière pré­cise leur composition. 

Il s'agit, pour Olivier Véran, d'un « no man's land ». Jeudi, le ministre de la Santé a annon­cé la publi­ca­tion d'un décret obli­geant, à par­tir de jan­vier pro­chain, les fabri­cants de pro­tec­tions pério­diques à affi­cher de manière pré­cise la liste de leurs com­po­sants, révèlent Libération et France Inter. Ces élé­ments devront être affi­chés par ordre décrois­sant, selon leur poids au moment de leur fabrication. 

Cette annonce inter­vient après un échange d'Olivier Véran avec les asso­cia­tions Règles élé­men­taires et Georgette Sand, ain­si que la force juri­dique de la Fondation des femmes, qui se battent depuis plu­sieurs années pour plus de trans­pa­rence, étant don­né qu'aujourd'hui il est impos­sible de connaître de manière exacte la com­po­si­tion des pro­tec­tions périodiques.

"Un pre­mier pas"

Sur les embal­lages des tam­pons, des ser­viettes hygié­niques et des coupes mens­truelles, les infor­ma­tions figu­re­ront de manière « indé­lé­bile, visible, com­pré­hen­sible et en langue fran­çaise », même si ces pro­duits sont fabri­qués hors de l'Hexagone, a pré­ci­sé le minis­tère à Libération. Le quo­ti­dien ajoute que les pour­cen­tages de chaque com­po­sant ne seront cepen­dant pas précisés. 

Des pré­cau­tions d'utilisation concer­nant le syn­drome du choc toxique, une mala­die aiguë et infec­tieuse cau­sée par la libé­ra­tion d’une toxine bac­té­rienne dans le sang, ain­si que les symp­tômes devant conduire à consul­ter, devront être mentionné·es pour « ren­for­cer l’information et la trans­pa­rence, et amé­lio­rer la sécu­ri­té des femmes », a pré­ci­sé le minis­tère de la Santé à Libération.

Auprès du quo­ti­dien et de la radio, les asso­cia­tions Règles élé­men­taires et Georgette Sand ont salué « un pre­mier pas ». Elles regrettent que seuls les pro­duits ajou­tés par le fabri­cant soient ren­dus publics, et pas ceux qui peuvent inter­ve­nir à d'autres étapes du pro­ces­sus. Maud Leblon, direc­trice géné­rale de l’association Règles élé­men­taires, a aus­si sou­li­gné du côté de Libération que cette liste de pro­duits « ne dit pas aux femmes com­ment les lire et les analyser ».

Des molé­cules indé­si­rables retrou­vées dès 2016

En 2016, le maga­zine 60 Millions de consom­ma­teurs était le pre­mier à révé­ler la pré­sence de molé­cules indé­si­rables, et pour cer­taines poten­tiel­le­ment toxiques, dans plu­sieurs articles d'hygiène fémi­nine. Des traces de dioxines, des pol­luants indus­triels, avaient été retrou­vés dans deux réfé­rences et du gly­pho­sate dans une réfé­rence de protège-slips.

En 2018, l'Agence natio­nale de sécu­ri­té sani­taire de l'alimentation, de l'environnement et du tra­vail (Anses) avait éga­le­ment réa­li­sé une éva­lua­tion des risques sani­taires rela­tive à la sécu­ri­té des pro­tec­tions intimes. Ces essais avaient révé­lé la pré­sence de sub­stances chi­miques dans les tam­pons, les coupes mens­truelles, les ser­viettes hygié­niques et/​ou les protège-​slips mais sans dépas­se­ment des seuils sani­taires. L’Anses ne met­tait pas en évi­dence de risque lié à la pré­sence de ces sub­stances mais recom­man­dait « néan­moins aux fabri­cants d’améliorer la qua­li­té de ces pro­duits afin d’éliminer ou de réduire au maxi­mum la pré­sence des sub­stances chi­miques ».

Le gou­ver­ne­ment avait, ensuite, en 2019, annon­cé vou­loir « lever le tabou de l'hygiène mens­truelle ». Marlène Schiappa, alors secré­taire d'État char­gée de l'Egalité entre les femmes et les hommes, avait orga­ni­sé une réunion pour conve­nir d'une stra­té­gie. Dans un com­mu­ni­qué de presse, il était alors noté : « Les efforts doivent se pour­suivre en par­ti­cu­lier sur les embal­lages et notices d’utilisation, et sur la sen­si­bi­li­sa­tion au Syndrome du Choc Toxique (SCT). » Trois ans plus tard, le minis­tère de la Santé a donc choi­si de contraindre les industriel·les à plus de clar­té. Ce décret doit être publié au plus tard au 1er jan­vier 2023. En atten­dant, les asso­cia­tions pro­mettent de res­ter vigi­lantes et en alerte.

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