woman lying on bed
© Yuris Alhumaydy

La dépu­tée Clémentine Autain sou­haite l’inscription de l’endométriose dans la liste des affec­tions de longue durée

L’inscription de l’endométriose dans la liste des affec­tions de longue durée per­met­trait une prise en charge à 100 % des dépenses liées aux soins et aux traitements. 

Le 13 jan­vier pro­chain, à l'occasion de la niche par­le­men­taire1 du groupe La France insou­mise, la dépu­tée Clémentine Autain va pro­po­ser la recon­nais­sance de l’endométriose comme une Affection de longue durée (ALD).

La pro­po­si­tion de réso­lu­tion vise à faire recon­naître que l’endométriose, qui tou­che­rait au moins 10% des femmes, est une mala­die dont la gra­vi­té et/​ou le carac­tère chro­nique néces­site un trai­te­ment pro­lon­gé et par­ti­cu­liè­re­ment coû­teux. L’inscription de l’endométriose sur cette liste don­ne­rait donc droit aux malades à une prise en charge à 100% des dépenses liées à ces soins et trai­te­ments par la Sécurité Sociale. La pro­po­si­tion consti­tue pour Clémentine Autain « la pre­mière phase d’une recon­nais­sance ins­ti­tu­tion­nelle de l’endométriose par le gouvernement ». 

Handicap invi­sible 

Par ailleurs, si l'endométriose deve­nait une ALD, la patiente pour­rait recou­rir plus faci­le­ment aux arrêts mala­die lorsque la dou­leur se fait trop forte. Les arrêts pour affec­tion de longue durée ne souf­frant pas de jours de carence, la sala­riée serait ain­si indem­ni­sée dès le pre­mier jour de son arrêt. Les indem­ni­tés jour­na­lières seraient quant à elles per­çues pen­dant trois ans maxi­mum, contrai­re­ment à 350 jours pour les salarié·es en arrêt mala­die sans ALD. L’endométriose peut en effet deve­nir un véri­table han­di­cap invi­sible, obli­geant les malades à recou­rir à des arrêts mala­dies pou­vant affec­ter leur sco­la­ri­té ou leur car­rière. Le Centre d’études de l’emploi et du tra­vail (CEET) avait à ce sujet publié en novembre 2020 les résul­tats de l’enquête « Endotravail ». Sur un échan­tillon de 1986 per­sonnes atteintes d’endométriose, 86 % sont ain­si réti­centes à deman­der des arrêts mala­dies à leur méde­cin pen­dant les crises, notam­ment en rai­son de la perte de salaire induite par les jours de carence, en l’absence de prise en charge d’une affec­tion longue durée.

Maladie gyné­co­lo­gique chro­nique peu connue il y a encore quelques années, l’endométriose se carac­té­rise par la pré­sence anor­male de tis­sus sem­blables à la muqueuse uté­rine en dehors de l’utérus pou­vant pro­vo­quer des lésions et des kystes sur d’autres organes. Une mala­die qui met en moyenne sept ans à être diag­nos­ti­quée et entraîne de très fortes dou­leurs phy­siques chez les femmes qui en sont atteintes et peut avoir des consé­quences sur leur fer­ti­li­té, leur vie intime et pro­fes­sion­nelle. Les asso­cia­tions de patientes alertent ain­si depuis long­temps le gou­ver­ne­ment sur la néces­si­té d’inscrire l’endométriose sur la liste des affec­tions de longue duré.

Lire aus­si : Endométriose : un shoot de tes­to pour lut­ter contre les douleurs ?

  1. Chaque année, les groupes par­le­men­taires de l’Assemblée natio­nale dis­posent d’une jour­née où leurs pro­po­si­tions de loi sont dis­cu­tées en séance.[]
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