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Michaela Coel dans « I May Destroy You » © OCS

La sélec­tion d'août 2020

Le must du mois 

I May Destroy You 

« Avant ce viol, être une femme n’était pas vrai­ment un sou­ci pour moi. J’étais trop acca­pa­rée par le fait d’être noire et pauvre », balance Arabella, l’héroïne de I May Destroy You, à deux inter­lo­cu­teurs esto­ma­qués (et blancs). Et nous, donc ! De fait, la nou­velle série écrite, copro­duite et inter­pré­tée par la per­cu­tante Michaela Coel, four­mille de répliques explo­sives le long de ses douze épi­sodes. De celles qui bou­le­versent et font réflé­chir. Longtemps après. 

Identifiée jusqu’alors comme une artiste rigo­lote et brillante, cette actrice et scé­na­riste anglaise aborde ici sans crainte un sujet per­son­nel : le viol. Construit sous forme de puzzle, I May Destroy You raconte com­ment Arabella, « par­ty girl » de 32 ans et autrice pro­met­teuse, se réveille un matin avec des sou­ve­nirs confus après être sor­tie pour boire des verres la nuit avec des potes. D’abord dans le déni, elle com­prend peu à peu qu’elle a été dro­guée et vio­lée. Une prise de conscience qui l’amènera à rééva­luer ses amis, sa famille et sa car­rière, mais aus­si à réflé­chir sur les pré­ju­gés que véhi­culent le genre, la cou­leur de peau et les ori­gines sociales. 

On l’a com­pris : l’enjeu de ce récit inci­sif n’est pas de culpa­bi­li­ser Arabella ni de stig­ma­ti­ser sa façon de vivre. Le cou­pable reste clai­re­ment le vio­leur. En revanche, l’explo­ration du pas­sé de l’héroïne et de ses deux meilleur·es ami·es per­met d’aborder en pro­fon­deur les zones grises qui entourent la notion de consen­te­ment sexuel. Comme l’un des dilemmes d’Arabella : un par­te­naire qui enlève sa capote sans pré­ve­nir au cours d’un rap­port sexuel commet-​il un viol… ou pas ? La réponse (sans ambi­guï­té) est à décou­vrir dans cette série com­plexe, par­fois drôle, sou­vent grave et tou­jours nuan­cée. Bien joué !

I May Destroy You, de Michaela Coel. Minisérie en 12 épi­sodes de 30 min.Sur OCS, chaque lun­di en US + 24 jusqu’au 24 août. 

En replay

Breeders

Voilà qui devrait décul­pa­bi­li­ser bien des parents au bord de la crise de nerfs, sur­tout après ces longues semaines de confi­ne­ment ! Breeders (éle­veurs, en fran­çais), sit­com bri­tan­nique, déli­cieu­se­ment sati­rique, raconte le quo­ti­dien de Paul et Ally, un couple de bobos lon­do­niens très sym­pa dont la vie pour­rait être des plus cool… s’ils n’étaient nan­tis de deux bam­bins de 7 et 4 ans ! Terreurs noc­turnes, nuit aux urgences, choix d’une école, ajus­te­ments com­pli­qués entre bou­lot et vie de famille : les dix épi­sodes de Breeders pro­posent une ver­sion enle­vée, quoique assez crue, de la paren­ta­li­té. De fait, cette comé­die noire, voire grin­çante, est brillam­ment écrite et inter­pré­tée, notam­ment par un Martin Freeman (Sherlock, Fargo) irré­sis­tible en père cynique et angoissé.

Breeders, de Simon Blackwell et Chris Addison. Saison 1, 10 épi­sodes de 26 min. À revoir sur MyCanal.

À sur­veiller

Cursed : la rebelle

Les fans d’heroïc fan­ta­sy, de per­son­nages fémi­nins puis­sants et… de Katherine Langford pour­raient conver­ger cet été sur Netflix, mais si ! En effet, ils retrou­ve­ront la jeune actrice, qui incar­nait ­l’héroïne du show 13 Reasons Why, dans Cursed : la rebelle. Cette nou­velle série, ­adap­tée du roman gra­phique de Tom Wheeler, scé­na­riste et pro­duc­teur amé­ri­cain, et du des­si­na­teur Frank Miller, pro­pose une relec­ture au fémi­nin du mythe arthu­rien (la fameuse quête du Graal) en adop­tant le point de vue de Nimue, future Dame du lac. Celle-​là même qui, selon la légende, donne l’épée Excalibur à Arthur. Sauf que, dans cette ver­sion 2020, elle est sur­tout prête à l’utiliser pour se défendre. Loin ­d’accepter sa des­ti­née, elle va jusqu’à se retrou­ver à la tête d’une rébellion…

Cursed : la rebelle, de Frank Miller et Tom Wheeler. Saison 1, 10 épi­sodes d'1 heure. Cet été sur Netflix. 

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