La sélec­tion musique d’avril 2020

110 courtney barnett lili waters
© Lili Waters

Courtney Barnett : petit concert entre amis

Le troi­sième album de la rockeuse aus­tra­lienne Courtney Barnett vient occu­per un registre dans lequel les fans de la pre­mière heure ne l’attendaient pas for­cé­ment. Féministe mili­tante, nour­rie à Nirvana, celle qui mène sa car­rière avec un déta­che­ment et une indé­pen­dance remar­quable a répon­du à l’invitation de MTV pour cet enre­gis­tre­ment en mode unplug­ged, devant un public res­treint, dans la cour exté­rieure du bar Howler, lieu de ses pre­miers concerts, au cœur de Melbourne. Entourée de ses musi­ciens habi­tuels et de quelques amis invi­tés, elle inter­prète cinq chan­sons de son réper­toire ain­si que trois reprises (dont une ver­sion poi­gnante de So Long Marianne, de Leonard Cohen). La per­for­mance inti­miste et décon­trac­tée per­met d’apprécier la fraî­cheur et l’intensité qui carac­té­risent les pres­ta­tions scé­niques de la chan­teuse pour confir­mer qu’elle est une des jeunes artistes les plus pas­sion­nantes de la scène indie rock actuelle. 

MTV Unplugged, Live in Melbourne, de Courtney Barnett. Marathon Artists.

Vita Schmidt : la Cosmopolitaine éclectique 

Vita Schmidt naît et gran­dit à Oslo (Norvège) d’une mère austro-​norvégienne et d’un père fran­çais. Petite, elle n’hésite pas à chan­ter ses chan­sons pré­fé­rées, dont Je ne regrette rien, d’Édith Piaf, à chaque occa­sion fes­tive. Elle pas­se­ra ses années de lycée à Paris, où elle mon­te­ra son pre­mier groupe. Puis, après quatre années au Berklee College of Music, à Boston (États-​Unis), où elle découvre la soul et le R’n’B, retour à Paris. Elle y enre­gistre ses pre­mières compo­sitions et ren­contre le gou­rou de la scène élec­tro, Klosman, avec qui elle enre­gistre quelques titres. Bien qu’elle chante aus­si en fran­çais, elle choi­sit l’anglais pour son nou­vel album. Quelque part entre Björk et Lily Allen, elle étonne par la diver­si­té des styles musi­caux. D’une pop élé­gante à des titres qua­si a cap­pel­la, elle glisse sub­ti­le­ment vers des sons élec­tro en alter­nant inti­mi­té et ampleur sur des tem­pos plu­tôt lents tein­tés de mélancolie. 

Know Someone, de Vita Schmidt. Colligence Records.

Baxter Dury : sei­gneur de la nuit

Le plus pari­sien des dan­dys anglais est de retour ! Baxter Dury, fils de Ian (l’éternel Sex and Drugs and Rock’n’Roll), jette un regard amer sur notre socié­té sous forme de vignettes un brin déses­pé­rées. Raccord avec l’époque, le chro­ni­queur désen­chan­teur se désole de la dic­ta­ture des réseaux sociaux (I’m not Your Dog), des modeux ratés et autres débris de fin de soi­rée croi­sés dans le confort d’un hôtel bran­ché de la capi­tale (The Night Chancers). Avec son parlé-​chanté aus­si lugubre qu’hypnotique, Baxter Dury est le sei­gneur des noc­tam­bules. Il injecte un groove toxique à ses mélo­dies en forme de copier-​coller : syn­thés rin­cés, basse ram­pante, gui­tares tran­chantes, ryth­miques non­cha­lantes, saxo­phone désaxé. Au milieu de ce funk maré­ca­geux sur­gissent des chœurs angé­liques de sirènes qui charment les voya­geurs per­dus dans la nuit. Irrésistible.

The Night Chancers, de Baxter Dury. Le Label/​PIAS. En concert du 28 au 30 avril à la Gaîté Lyrique, à Paris. 

Festival Beauregard : zique et bom­bance au château

Il coche toutes les cases, le Festival Beauregard. Une pro­gram­ma­tion épous­tou­flante, un lieu aus­si majes­tueux que convi­vial – le parc de 36 hec­tares d’un châ­teau du XIXe siècle –, un enga­ge­ment sans faille sur l’écologie, le recy­clage ain­si que l’inclusion de tous les publics. Et une grande atten­tion aux enfants, qui peuvent vivre leur vie dans l’espace qui leur est réser­vé, avec des ate­liers et des spec­tacles rien que pour eux. Tout ça près de la mer, à un jet de galet de Deauville. Comme chaque année, riche d’une dizaine de concerts chaque jour, le pro­gramme oscille entre les grosses poin­tures et les pépites tout juste révé­lées. On pas­se­ra de Philippe Katerine à l’électro de Thylacine, de Bertrand Belin au sul­fu­reux Adrien Leprêtre – aka Samba de La Muerte – ou de Catherine Ringer au qua­tuor emo-​pop-​punk caen­nais The Eternal Youth.
Et on ne vous parle même pas de la res­tau­ra­tion 100 % mai­son : 15 000 huîtres ont été gobées sur place l’année der­nière entre bar à cidre, fro­mages frais et dou­ceurs du Calvados. 

Festival Beauregard, du 2 au 5 juillet, au châ­teau de Beauregard, à Hérouville-​Saint-​Clair (Calvados). Toutes les infos sur Festivalbeauregard.com

Partager
Articles liés
causette cover 1094 cadrage rs a

Les femmes font sa fête à la musique

Avis de tempête dans l’industrie musicale. Les femmes artistes n’hésitent plus à dénoncer le sexisme qui ronge ce milieu depuis toujours, mais en plus, elles portent, dans leurs textes ou dans les médias, des combats toujours plus engagés.

Inverted wid­get

Turn on the "Inverted back­ground" option for any wid­get, to get an alter­na­tive sty­ling like this.

Accent wid­get

Turn on the "Accent back­ground" option for any wid­get, to get an alter­na­tive sty­ling like this.