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NA scènes hors tournage 37°2 - Réalisateur Claude Ventura

“À prendre ou à lais­ser” : Béatrice Dalle à fleur de peau dans un docu­men­taire retra­çant sa vie et sa carrière

L’actrice la plus libre du ciné­ma fran­çais, Béatrice Dalle, se livre dans un docu­men­taire drôle et émou­vant, dif­fu­sé ce ven­dre­di soir sur France 5. En voix off, elle revient sur son début de car­rière fra­cas­sant, ses rôles les plus forts et révèle des pans secrets de sa vie privée.

“Putain, il fait chaud c’est ouf !” On ne la voit pas à l’écran. Mais dès la pre­mière phrase qu’elle pro­nonce, sa voix grave et sa gouaille inimi­table laissent peu de place au doute. Béatrice Dalle vient d’arriver dans le stu­dio d’enregistrement. Elle s’apprête à poser sa voix et ses com­men­taires sur les images du docu­men­taire d’Élise Baudouin, Béatrice Dalle, à prendre ou à lais­ser, dif­fu­sé ce ven­dre­di soir sur France 5, retra­çant en une heure sa vie et son entrée fra­cas­sante dans le monde du ciné­ma. Une heure qui paraît courte tant la car­rière de la comé­dienne de 58 ans est foi­son­nante. On dénombre presque un film, un court-​métrage ou une série par an depuis ses débuts en 1986, à seule­ment 20 ans, dans 37° 2 le matin, de Jean-​Jacques Beineix. 

“Il n’y a pas une année ou je n’ai pas tra­vaillé. J’ai tra­vaillé avec tout le monde, avec des gens poin­tus et intel­los, moi qui ne le suis pas. J’aime quand on voit des films qu’on réflé­chisse, qu’on se pose des ques­tions”, glisse l’actrice en voix off au cours du docu­men­taire, patch­work d’images d’archives et inédites, qu’elle semble (re)découvrir en même temps que les spectateur·rices. Une cer­taine spon­ta­néi­té naît de ce pro­cé­dé, sur­tout lorsque sur­git son rire franc. Comme lorsqu’elle revoit ses pre­miers essais devant son ancien agent Dominique Besnehard : “Putain, je suis mau­vaise les gars, dans ces essais. Je suis mau­vaise, mais je suis mignonne !” Ou lorsqu’elle entend le réa­li­sa­teur Jean-​Jacques Beineix dire que ce n’est pas “la fille la plus docile” sur un pla­teau de ciné­ma. “J’ai pas­sé mon tour­nage à l’envoyer chier Jean-​Jacques. Tu m’as vou­lu, démerde-​toi”, lance-​t-​elle alors en rigolant.

De fortes révélations

Si elle se dit “pudique”, Béatrice Dalle se livre tout de même sur des aspects de sa vie qu’elle avait jusque-​là cachés. Elle révèle, en reve­nant sur ses pre­mières années à Brest, où elle née, que son grand-​père la “touche” à 6 ans, la force à l’embrasser. “Je me demande com­ment j’ai pu aimer les hommes après tel­le­ment c’est ignoble que ton grand-​père te chope dans le jar­din. Il disait : ‘On va se faire un bisou d’amoureux.’ Elle se sou­vient aus­si des remarques des femmes de sa famille, quand elles dénoncent ces scènes avec sa cou­sine, éga­le­ment concer­née. “On est des vicieuses, des men­teuses. J’ai dit : ‘OK, tu ne me crois pas ? Je conti­nue ma route, rien à foutre !’ Ça fait peut-​être de moi quelqu’un de solide. Si je veux chan­ger les choses, c’est à moi de les chan­ger. Je n’aime pas l’idée d’être une vic­time, donc je me suis bar­rée. Tu aurais vou­lu me rete­nir, tu n’aurais pas pu.” La comé­dienne, en s’apercevant, ultra mince, au Festival de Cannes, ne tait pas non plus son addic­tion à la drogue, notam­ment à l’héroïne. “La came, pen­dant dix ans, ça ne m’a pas empê­ché de jouer. J’ai fait plein de films et d’émissions sous héro. Maintenant, je sais le diable que c’est, ça prend toute la place”, lâche-​t-​elle.

“Le sexisme qu’on dit ambiant à cette époque, je ne l’ai jamais res­sen­ti”, affirme-​t-​elle devant cer­taines inter­views. Elle a beau dire, on est quand même légè­re­ment dérou­té lorsqu’on découvre Bernard Pivot lui deman­der si elle aurait les mêmes rôles avec une poi­trine “plate”, Thierry Ardisson et Antoine de Caunes faire des com­men­taires sur ses seins, ou Gainsbourg lui dire qu’elle a “des yeux vice­lards”. La comé­dienne est caté­go­rique : “Moi, du moment que tu ne me touches pas, que tu ne m’agresses pas phy­si­que­ment, ça m’est égal.” Avant de confier avoir reca­dré le chan­teur une fois les camé­ras éteintes et tout de même qua­li­fié de “ridi­cules” toutes ces ques­tions sur son phy­sique. Elle recadre aus­si en direct par­fois. Face à un Patrick Poivre d’Arvor qui se veut insis­tant sur sa vie pri­vée, elle lui balance en plein entre­tien télé­vi­sé : “Et vous, est-​ce que vous regret­tez cer­taines lettres que vous m’avez envoyées ?” A pos­te­rio­ri, elle com­mente : “Je pense qu’il s’est fait pipi des­sus. Après l’émission, les camé­ra­men m’ont applau­die. Là, tu vois ce que c’est que d’applaudir quelqu’un qui vient de mettre mal le patron. Tout le monde m’a féli­ci­tée jusqu’à Mitterrand.”

C’est ça, Béatrice Dalle. “Une grande gueule”, comme elle se qua­li­fie, qui “au fond [est] hyper gen­tille”. Avant de lan­cer, à celles et ceux qui s’arrêteraient à sa répu­ta­tion de tête brû­lée : “Si tu me res­pectes, je te donne mon cœur et ça a tou­jours été ça.”

Béatrice Dalle, à prendre ou à lais­ser, d’Élise Baudouin. Sur France 5, ven­dre­di 3 novembre à 22 h 50 et en replay.

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