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© Marc Newberry

175 pays réunis à Paris pour « mettre fin à la pol­lu­tion plastique »

Alors que selon les pro­jec­tions, la pro­duc­tion déjà gar­gan­tuesque de plas­tique pour­rait tri­pler d'ici 2060 si rien n'est fait, le siège de l'Unesco à Paris accueille jusqu'au 2 juin un som­met pour éla­bo­rer un trai­té inter­na­tio­nal contrai­gnant pour limi­ter la catastrophe.

En 2019, 460 mil­lions de tonnes de plas­tique ont été pro­duites dans le monde, selon l'Organisation de coopé­ra­tion et de déve­lop­pe­ment éco­no­miques (OCDE). Cette matière issue du pétrole et donc épui­sable pour­rait pour­tant voir sa pro­duc­tion tri­pler d'ici 2060, pour atteindre 1231 mil­lions de tonnes, selon les pro­jec­tions du même orga­nisme rap­por­tées par Libération. C'est pour ten­ter de frei­ner cette folie expo­nen­tielle et lut­ter contre les ravages de la pol­lu­tion qu'elle entraîne que l'Unesco accueille de ce lun­di 29 mai à ven­dre­di 2 juin la réunion du Comité International de Négociation (CIN) sur le trai­té plastique.

175 États sont ras­sem­blés à Paris, siège de l'Unesco, pour jeter les bases d'un trai­té juri­di­que­ment contrai­gnant qui devrait, d'ici 2024, contri­buer à « mettre fin à la pol­lu­tion plas­tique », selon les ambi­tions affi­chées. Il y a urgence : pour 460 mil­lions de tonnes pro­duites, il y avait en 2019 353 mil­lions de tonnes de déchets plas­tiques dont 174 mises en décharge, 67 inci­né­rées et seule­ment 55 col­lec­tées pour recy­clage. De fait, quelques 82 mil­lions de tonnes res­tantes s'en vont pol­luer les terres, les océans et même l'air, avec des concen­tra­tions tou­jours plus impor­tantes de microparticules.

« Si on ne fait rien, en 2060, il y aura plus de plas­tique que de pois­sons dans les océans », a assé­né le ministre à la Transition éco­lo­gique Christophe Béchu same­di sur fran­cein­fo, alors que la France accueille, sept ans après la COP21 et l'accord de Paris sur le Climat, un nou­vel évé­ne­ment diplo­ma­tique majeur sur le front de l'environnement. Ainsi, l’objectif est d’aboutir à « l’accord mul­ti­la­té­ral sur l’environnement le plus impor­tant depuis l’accord de Paris [sur le cli­mat] », résume la direc­trice exé­cu­tive du Programme des Nations unies sur l’environnement (PNUE), Inger Andersen citée par Le Monde.

"Réduire notre dépendance"

Pour Christophe Béchu, lut­ter contre la pol­lu­tion plas­tique néces­site d'« arrê­ter d'augmenter cette pro­duc­tion, pour être capable de réduire et de recy­cler », dit-​il encore à fran­cein­fo. Et ajoute : « Mais, il faut d'abord réduire notre dépen­dance au plas­tique », rap­pe­lant les efforts de la France, deve­nue au début de l'année le pre­mier pays au monde à inter­dire la vais­selle jetable dans la res­tau­ra­tion rapide.

Lire aus­si l Dès dimanche, les fast-​foods sont inter­dits de vais­selle jetable

Mais comme tou­jours en matière d'environnement, tous les pays ne sont pas prêts aux mêmes efforts. Si la France et l'Union euro­péenne sont inté­grées à une coa­li­tion pré­si­dée par la Norvège et le Rwanda pour défendre un texte « de haute ambi­tion » comme l'indique Le Monde, des mas­to­dontes ne l'entendent pas de cette oreille : les États-​Unis, pre­mier consom­ma­teur de plas­tique au monde, sont « oppo­sés à des obli­ga­tions glo­bales et pré­fèrent des enga­ge­ments volon­taires dans le cadre de plans natio­naux, sur le modèle de l’accord de Paris sur le cli­mat ». De quoi, pour une fois, trou­ver des inté­rêts com­muns avec la Chine, qui est, elle, le pre­mier pro­duc­teur mon­dial de plas­tique. « Si le pays a inter­dit l’importation des déchets pour ne plus être la pou­belle du monde, détaille Le Monde, Pékin veut que le trai­té recon­naisse le "rôle fon­da­men­tal des plas­tiques pour la socié­té et l’économie" et mette d’abord l’accent sur "la ges­tion des déchets" ». Enfin, les pays pétro­liers n'ont aucun inté­rêt à ce que la pro­duc­tion de plas­tique freine sa folle croissance.

Ce som­met s'ouvre alors que la presse rap­porte que l'alpiniste fran­çais Luc Boisnard vient de sou­la­ger, avec les membres de son asso­cia­tion Himalayan Clean-​Up – l'Himalaya de 1,6 tonne de déchets plas­tiques lais­sés der­rière eux par d'aitres alpi­nistes. « C’est une vraie décharge. Derrière chaque rocher, on trouve quan­ti­té de bou­teille d’oxygène, de conserves, des toiles de tente, des chaus­sures, c’est vrai­ment aber­rant », a‑t-​il témoi­gné, cité par Libération.

Lire ausi l One Ocean Summit : un som­met pour pro­té­ger le grand bleu, décrié par cer­taines associations

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