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Une filiale de Vinci soup­çon­née d’ « escla­vage moderne » au Qatar, convo­quée par la jus­tice française

La filiale qata­ri de l’entreprise fran­çaise, char­gée notam­ment de construire une nou­velle ligne de métro à Doha en vue de la Coupe du monde de foot­ball, est soup­çon­née d’« escla­vage moderne ».

À moins de deux semaines du coup d'envoi de la Coupe du monde de foot­ball au Qatar, une filiale de Vinci sera convo­quée mer­cre­di 9 novembre devant le tri­bu­nal de Nanterre (Hauts-​de-​Seine). Une convo­ca­tion « en vue d’une éven­tuelle mise en exa­men », dans le cadre d’une enquête sur les condi­tions de tra­vail des tra­vailleurs immi­grés sur des chan­tiers au Qatar. Le groupe fran­çais de BTP l’a annon­cé ce lun­di 7 novembre dans un com­mu­ni­qué. Selon Le Parisien, Richard Foltzer, juge d’instruction du tri­bu­nal de grande ins­tance de Nanterre, « a convo­qué le repré­sen­tant légal d’une filiale de la socié­té Vinci Construction Grands Projets (VCGP), en vue d’une mise en exa­men pour son rôle dans plu­sieurs chan­tiers effec­tués dans l’émirat à comp­ter de 2011 et en vue de l’organisation du Mondial », notam­ment dans la construc­tion d’un métro à Doha. 

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Vinci Construction Grands Projets (VCGP) est soup­çon­née d’ « escla­vage moderne » depuis plu­sieurs années en rai­son des condi­tions de tra­vail et d’hébergement de ses employés au Qatar, qui seraient contraires à la digni­té humaine. En 2015, l’ONG fran­çaise Sherpa, qui milite contre les crimes éco­no­miques, avait dépo­sé plainte en France, assu­rant que des sala­riés, recru­tés en Inde, au Népal, au Bangladesh et au Pakistan signaient « des contrats peu com­pré­hen­sibles pour eux, avant de se retrou­ver à tra­vailler six jours sur sept sous des tem­pé­ra­tures avoi­si­nant les 50 °C ». À la suite de cette plainte, une pre­mière enquête avait été clas­sée sans suite début 2018 à Nanterre, sou­ligne Le Parisien. Les audi­tions des diri­geants et cadres du groupe « ne per­met­taient pas, selon les magis­trats, de mettre en évi­dence une stra­té­gie déli­bé­ré­ment infrac­tion­nelle de la part du groupe Vinci au Qatar ».

« Traite des êtres humains »

L’ONG Sherpa a dépo­sé une nou­velle plainte en 2019 avec sept ex-​employés indiens et népa­lais. Ces der­niers accusent Vinci et Vinci Construction Grands Projets (VCGP) de « réduc­tion en ser­vi­tude, traite des êtres humains, tra­vail incom­pa­tible avec la digni­té humaine, mise en dan­ger déli­bé­rée, bles­sures invo­lon­taires et recel », selon la plainte consul­tée par Le Parisien. Selon l’ONG Sherpa, les employés immi­grés de Vinci tra­vaillent sur les chan­tiers de la Coupe du monde, pas­se­port confis­qué, entre 66 et 77 heures par semaine. Ils seraient entas­sés dans des chambres exi­guës dans des condi­tions dif­fi­ciles, per­ce­vant des salaires lar­ge­ment insuf­fi­sants et mena­cés de licen­cie­ment ou de ren­voi dans leur pays en cas de revendications.

« Aucun des pro­jets attri­bués à VGCP n’est lié à la Coupe du Monde de foot­ball 2022 au Qatar » et ils ont été « attri­bués (…) avant que l’organisation de cette com­pé­ti­tion ait été attri­buée [en 2010, ndlr]» à ce riche émi­rat du Golfe, affirme de son côté Vinci dans son com­mu­ni­qué. L’entreprise fran­çaise rap­pelle que les pro­jets ont por­té « à l’essentiel sur des infra­struc­tures de trans­port », pré­ci­sant qu’elle « conti­nue­ra de col­la­bo­rer avec la justice ». 

Lire aus­si l Népal : les veuves de la coupe du monde

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