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Tribune en sou­tien à Depardieu : Jacques Weber regrette sa signa­ture, “un autre viol”

Alors que huit mille artistes ont dénon­cé dans une contre-​tribune le sou­tien de per­son­na­li­tés publiques à Gérard Depardieu, accu­sé de viol, l’acteur Jacques Weber a quant à lui fait acte de contri­tion dans un texte mis en ligne sur Mediapart.

Après Carole Bouquet, Nadine Trintignant, Pierre Richard et Gérard Darmon, c’est au tour de Jacques Weber de se rétrac­ter. Et avec fra­cas. L’acteur et met­teur en scène a regret­té, lun­di, son “aveu­gle­ment”, après avoir sou­te­nu Gérard Depardieu, accu­sé de viols et très cri­ti­qué après la dif­fu­sion d’images où il mul­ti­plie les pro­pos miso­gynes et insul­tants envers des femmes.

Jacques Weber fait par­tie de la soixan­taine de signa­taires d’une tri­bune du camp pro-​Depardieu appe­lant à “ne pas effa­cer” l’icône du ciné­ma fran­çais, parue le jour de Noël dans Le Figaro. Plusieurs de ces per­son­na­li­tés ont depuis pris leurs dis­tances, à l’instar de l’ancienne com­pagne de Gérard Depardieu, Carole Bouquet, qui s’est sai­sie des réseaux sociaux pour expli­quer être désor­mais “mal à l’aise”.

“J’ai par réflexe d’amitié signé à la hâte, sans me ren­sei­gner, oui j’ai signé en oubliant les vic­times et le sort de mil­liers de femmes dans le monde qui souffrent d’un état de fait trop long­temps admis”, écrit de son côté Jacques Weber dans une tri­bune publiée par Mediapart et inti­tu­lée “Coupable”. “Ma signa­ture était un autre viol”, lâche-​t-​il. Et d’ajouter : “Malgré l’amour ou l’admiration que ses amis, sa famille et la famille du ciné­ma lui portent [à Depardieu, ndlr], nous ne devons pas empê­cher la véri­té d’éclore.” “Si l’on a été cou­pable d’accepter des com­por­te­ments désor­mais inac­cep­tables sur les pla­teaux de ciné­ma et de théâtre, alors oui je fus cou­pable”, recon­naît aus­si Jacques Weber.

Tribune en sou­tien à Depardieu : “Un cra­chat au visage des vic­times de vio­lences”, dénoncent les asso­cia­tions féministes

Tombé de son pié­des­tal après la dif­fu­sion, début décembre, d’images où il mul­ti­plie les pro­pos miso­gynes, Gérard Depardieu, visé au total par trois plaintes pour agres­sion sexuelle ou viol qu’il réfute, divise le monde du ciné­ma et au-delà.

L’acteur de 75 ans est mis en exa­men pour viols depuis 2020 à la suite d’une plainte d’une comé­dienne d’une ving­taine d’années, Charlotte Arnould.

La tri­bune appe­lant à “ne pas effa­cer” Gérard Depardieu a sus­ci­té en retour plu­sieurs “contre-​tribunes”, dont l’une mise en ligne par le col­lec­tif Cerveaux non dis­po­nibles et signée par quelque huit mille artistes (dont les chan­teuses Angèle et Louane, ou encore le rap­peur Médine) avant sa clô­ture le 31 décembre. Dernière en date, celle publiée lun­di par Libération pro­clame que “l’art n’est pas un totem d’impunité”. “Les monstres sacrés n’existent pas. Il n’y a que des hommes ordi­naires aux­quels on a don­né tous les droits”, est-​il écrit dans cette tri­bune signée au départ par cent cin­quante per­son­na­li­tés du monde de la culture, dont les comé­diennes Muriel Robin, Alexandra Lamy et le met­teur en scène Thomas Jolly. 

Tribune de sou­tien à Depardieu : un “back­lash” inédit

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