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© Lucia Calfapietra pour Causette

Les fan­tômes en héri­tage

Tous les vieux secrets de famille liés au sexe et à la mort laissent des traces émo­tion­nelles qui peuvent han­ter et faire souf­frir les géné­ra­tions sui­vantes. La psy­cha­na­lyse trans­gé­né­ra­tion­nelle parle de fan­tômes fami­liaux. Pour Bruno Clavier, psy­cho­logue cli­ni­cien et psy­cha­na­lyste, seule la parole peut nous déli­vrer de ces fan­tômes pour « gué­rir l’autre en soi ».

Causette : Selon vous, « tout ce qui n’est pas dit est répé­té ». Un secret de famille se répète for­cé­ment d’une géné­ra­tion à l’autre ?

Bruno Clavier : C’est plu­tôt la dou­leur liée à un non-​dit de famille, ce qu’on appelle les arrière-​plans secrets, qui peut se répé­ter incons­ciem­ment dans les géné­ra­tions sui­vantes. Dans mon cabi­net, de nom­breux patients souffrent ­d’enchaîner tou­jours les mêmes his­toires trau­ma­ti­santes, comme des fausses couches inex­pli­quées ou des acci­dents graves de voi­ture. Au début, on met ça sur le compte du hasard ou du pas de chance. En explo­rant son arbre généa­lo­gique, une jeune femme, qui en est à sa deuxième fausse couche, va décou­vrir que sa grand-​mère a subi deux inter­rup­tions volon­taires de gros­sesse au même âge. Les fan­tômes récur­rents les plus dou­lou­reux sont liés aux morts d’enfants. À tous ces patients, je leur dis : « C’est le pro­blème d’un autre, pas le vôtre. Ce qui résiste en vous est en fait ce qui ne vous appar­tient[…]

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