brown building near body of wtater
Dans le quartier du 36 quai des Orfèvres © Pascal Bernardon

Le pro­cès en appel des poli­ciers condam­nés pour le viol d'une tou­riste cana­dienne s'ouvre mardi

Condamnés à sept ans de prison en première instance en 2019, Nicolas R. et Antoine Q. seront jugés en appel par la cour d'assises du Val-de-Marne pour le viol d'Emily S., une touriste canadienne qu'ils avaient agressée dans les locaux du 36 quai des Orfèvres à l'issue d'une soirée d'avril 2014.

Comme lors du procès de 2019, Emily S. fera le déplacement jusqu'en France pour assister et témoigner au procès de Nicolas R. et Antoine Q.. La plaignante canadienne aujourd'hui âgée de 42 ans accuse depuis 2014 ces deux policiers, alors membres de la prestigieuse Brigade de recherche et d'intervention (BRI), de l'avoir violée dans les locaux du 36 quai des Orfèvres à Paris qu'ils l'avaient amenée visiter.

Rencontrés la nuit du 22 avril 2014 dans un pub en face du 36, les policiers ont proposé à la touriste canadienne de découvrir le quartier général de la police judiciaire. « J'étais ivre, je savais que je n'étais pas en mesure de retrouver mon hôtel, avait indiqué Emily S. à la cour lors du premier procès. Je me suis dit qu'au moins, dans un commissariat, je ne pourrais pas boire à nouveau et que je rentrerai une fois sobre. Je me suis dit que j'y serais en sécurité. » Emily S. ressort du 36 plus d'une heure plus tard, en état de choc, et va directement dénoncer un viol. Elle affirme qu'Antoine Q. et Nicolas R. l'ont forcée à boire à nouveau et lui ont imposé des fellations et des pénétrations vaginales.

L'enquête montrera d'une part que Nicolas R. a envoyé une série de messages à un troisième policier pour l'inviter à les rejoindre : « C'est une touseuse [pour partouzeuse, ndlr]. Dépêche. » D'autre part, l'ADN d'Antoine Q., lequel plaide une pénétration digitale consentie, a été prélevé dans le vagin d'Emily S..

"Soudards"

Les dénégations des accusés n'ont pas convaincu la cour d'assise en première instance, qui avait notamment motivé sa décision de condamner les policiers à sept ans de prison par les « déclarations constantes de la jeune femme », à l'inverse des « dépositions évolutives, fantaisistes et peu crédibles » des policiers. Lesquels avaient « agi comme des soudards », selon les mots, à l'audience, de l'avocat général Philippe Courroye. « Ce soir-là, ils n'étaient pas la police mais des usurpateurs indignes de brassards et ils se sont comportés comme ceux qu'ils pourchassent. »

Nicolas R. et Antoine Q. avaient fait immédiatement appel. Cette nouvelle audience intervient après deux reports dus à l'épidémie de Covid en mars 2020 et en juin 2021 à la suite de l'hospitalisation de Me Thierry Herzog, l'un des avocats de la défense. Les deux ex-policiers encourent à nouveau une peine maximale de vingt ans de prison. Le verdict est attendu pour le 22 avril.

Partager
Articles liés

Inverted wid­get

Turn on the "Inverted back­ground" option for any wid­get, to get an alter­na­tive sty­ling like this.

Accent wid­get

Turn on the "Accent back­ground" option for any wid­get, to get an alter­na­tive sty­ling like this.