Luisa Gonzalez
© Assemblée Nationale d'Equateur / Wikimedia

Équateur : qui est Luisa Gonzalez poten­tielle pre­mière femme pré­si­dente du pays ?

Luisa Gonzalez, héri­tière de l'ex-président socia­liste Rafael Correa (2007−2017), est arri­vée le 20 août en tête du pre­mier tour avec 34% des voix. Le second tour se tient ce dimanche. 

Tout les oppose. Dimanche, au second tour de l'élection pré­si­den­tielle en Équateur, Luisa Gonzalez et Daniel Noboa (2007−2017), seront face à face. Elle, l’avocate socia­liste, dau­phine de l'ex-président socia­liste Rafael Correa, et lui, l'un des hommes les plus riches du pays, fils du roi de la banane.

A 45 ans, Luisa Gonzalez est arri­vée le 20 août en tête du pre­mier tour avec 34% des voix. Daniel Noboa, 35 ans, fils d'un mil­liar­daire réso­lu­ment oppo­sé au cor­réisme, a créé la sur­prise en pre­nant la deuxième place (23%). Il s’était pré­sen­té suite à l'assassinat de l'un des favo­ris du scru­tin peu avant le pre­mier tour.

Luisa Gonzalez, si elle gagnait, serait la pre­mière femme élue pré­si­dente de l'histoire de l'Équateur. Elle ne s’en cache pas : en cas de vic­toire, elle fera de son men­tor Rafael Correa, condam­né par contu­mace à huit ans de pri­son pour cor­rup­tion et exi­lé depuis 2017 en Belgique, son prin­ci­pal conseiller… Mais gou­ver­ne­ra seule, assure-t-elle.

Elle pro­met, dans un dis­cours à tona­li­té sociale, la "fin de la délin­quance", des "mil­liers d'emplois", une meilleure prise en charge de san­té et une "édu­ca­tion de qualité".

Lutter contre l'explosion de la vio­lence et le tra­fic de drogue, semble sa prio­ri­té affi­chée, en ayant notam­ment recours à l'armée dans les pri­sons et aux frontières.

Parlementaire de 2021 à 2023, consul à Madrid, haut fonc­tion­naire et conseillère de Rafael Correa, elle a été néan­moins été épin­glée pour des voyages en jets pri­vés vers des para­dis fis­caux, et pour avoir emprun­té l'avion pré­si­den­tiel sous le règne Correa.

Cette mère de deux gar­çons de 9 et 29 ans est ama­trice de tatouages, de cyclisme et de mara­thon. Elle se dit chré­tienne évan­gé­lique et cri­ti­quée par les milieux fémi­nistes pour ses prises de posi­tion anti-​avortement alors qu'elle était député.

Elle aime racon­ter publi­que­ment sa vie de mère à 15 ans et mettre en avant ses ori­gines modestes, disant sa fier­té de venir d'un vil­lage de la pro­vince de Manabi (sud-​ouest).

Noboa : accom­plir le rêve de papa ? 

Face à elle Daniel Noboa pour­rait deve­nir le plus jeune pré­sident de l'histoire moderne de l'Équateur. Teint halé, allure spor­tive, il a gran­di dans les cou­lisses des cam­pagnes élec­to­rales de son père, Alvaro Noboa. Accomplira-​t-​il le rêve de son mil­liar­daire de père, qui a fait for­tune dans l'exportation de bananes et s'est pré­sen­té en vain cinq fois à la pré­si­den­tielle, notam­ment contre Rafael Correa en novembre 2006 ? Marié à une influen­ceuse en nutri­tion et père de deux fils, cet homme d'affaires a étu­dié dans les meilleures uni­ver­si­tés amé­ri­caines. A 18 ans, il crée sa pre­mière entre­prise dans l'évènementiel, avant de rejoindre ensuite la Noboa Corporation, l'entreprise familiale.

Il pro­met un "nou­vel Équateur" qui rompt avec les "vieilles méthodes du pas­sé". Partisan "d'une main ferme" contre les groupes cri­mi­nels, il pro­met aus­si un pays "sans impu­ni­té, sans injus­tice et sans insé­cu­ri­té". Il pro­pose pour cela la "mili­ta­ri­sa­tion des ports et des fron­tières, de pro­té­ger les voies stra­té­giques d'exportation et de com­merce", ou encore de déve­lop­per la "vigi­lance citoyenne".

Créer une agence du ren­sei­gne­ment natio­nal qui cha­peau­te­ra tous les organes de ren­sei­gne­ment, y com­pris l'administration péni­ten­tiaire (SNAI) est son grand pro­jet. L'homme se dit de "centre-​gauche", mais ce néo-​libéral incarne l'élite poli­tique équa­to­rienne issue du monde de l'entreprise pri­vée et proche de la droite. 

Il a peu d’expérience poli­tique : deux ans comme dépu­té, et pré­sident de la Commission éco­no­mique au par­le­ment. A cette période, il a été mis en cause dans un pré­su­mé conflit d'intérêt pour avoir finan­cé de sa poche le voyage de sept par­le­men­taires en Russie, l'un des prin­ci­paux mar­chés du juteux busi­ness de l'entreprise fami­liale dans la banane.

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