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Julien Courbet © capture ecran youtube

Une semaine devant Julien Courbet : le sexisme ordi­naire à heure de grande écoute

On a pas­sé une semaine devant Ça peut vous arri­ver , l’émission de Julien Courbet récem­ment débar­quée sur M6. Et c’était le fes­ti­val du sexisme ordi­naire. Pas déçu.e.s du voyage.

Depuis le début du mois, l’une des émis­sions phares de RTL Ça peut vous arri­ver a débar­qué à la télé­vi­sion, sur M6, les deux médias fai­sant par­tie du même groupe. Cette émis­sion, sur les ondes depuis 2001 et pré­sen­tée par Julien Courbet, entend régler les litiges des audi­teurs. Pour cette arri­vée à la télé­vi­sion, un dis­po­si­tif inédit est mis en place. De 9h30 à 10h cela se passe uni­que­ment sur RTL, puis de 10h à 11h30 en simul­ta­né sur RTL et M6 pour se ter­mi­ner jusqu’à 12h40 exclu­si­ve­ment sur écran.

Confinée et un peu dés­œu­vrée, Causette a rem­pli son mug et s’est ins­tal­lée sous son plaid pour regar­der cette ver­sion télé­vi­sée durant une semaine. Très vite, la théine lui est mon­tée au nez. Ce pas­sage à la télé­vi­sion signe l’arrivée de l’image et avec elle des visages des télé­spec­ta­teurs et télé­spec­ta­trices. Et, pour ces der­nières, l’animateur vedette ne manque pas d’attention.

Elles lui font tour­ner la tête

Dix-​huit per­sonnes que l’on a ten­té d’aider à résoudre un pro­blème cette semaine et seule­ment un homme. Alors, for­cé­ment, Julien Courbet, ne sait plus où don­ner de la tête. Quand les visages des plai­gnantes appa­raissent sur son écran, il ne peut s’empêcher de les com­pli­men­ter sur leur phy­sique : Clarisse est ain­si « la très belle Clarisse, encore plus belle que sur la pho­to qu’elle a envoyée », Emilie est « cette femme sublime qui va appa­raître depuis la Manche », Laura aus­si est « la très belle Laura », même sa coif­fure est com­men­tée « grande diver­si­té dans les coif­fures, un coup c’est le chi­gnon, un coup les che­veux lâchés mais tou­jours aus­si belle dans tous les cas. » Ces femmes venues régler leurs sou­cis, de l’outil de tra­vail défec­tueux à la voi­ture mul­ti­pliant les pannes, ont-​elles deman­dé à ce qu’on com­mente leur phy­sique ? Sans doute pas. Mais comme elles veulent des solu­tions à leurs pro­blèmes, elles se retrouvent à devoir sup­por­ter ce pote de pote un peu lour­dingue qui vous rend ser­vice et à que, de ce fait, vous n’osez rem­bar­rer. Elles n’en ont de toute façon pas l’opportunité, c’est Julien Courbet qui tient les rennes et dis­tri­bue la parole.

Marie-​Léontine, étu­diante, a droit à une double dose de qua­li­fi­ca­tifs, pen­dant que nous en fai­sons une indi­ges­tion : « sublime », « très belle » ; on note le manque de voca­bu­laire… Gargarisé d’avoir réso­lu le pro­blème de Marie-​Léontine, Courbet nous gra­ti­fie d’une « blague », à mi-​chemin entre Bigard et ton­ton on-​ne-​peut-​plus-​rien-​dire-​sans-​être-​taxé-​de-​raciste-​sexiste-​antisémite : « Marie-​Léontine, vous avez trou­vé une alter­nance ? Parce que Jean-​Pierre [le nom d’un membre de l’équipe qui n’a rien deman­dé à per­sonne mais sou­rit pour faire plai­sir au maître de céré­mo­nie, ndlr] vou­lait vous pro­po­ser une alter­nance, 15 jours chez sa femme, et 15 jours avec vous. » Hilarité la plus totale.

Notre mal­heur à nous, c’est ça

Vient l’affaire des robes de mariée. Adriana s’est adres­sée à l’émission car sa robe de mariée livrée peu de jours avant le mariage a été mal réa­li­sée. On pas­se­ra sur la remarque de l’animateur qui pré­cise « celui qui a peut-​être finan­cé la robe, je n’en sais rien », au moment où la jeune mariée évoque son futur époux. En revanche, on va se faire un plai­sir de s’attarder sur l’œil d’expert de Julien Courbet à qui rien n’échappe quand il s’agit de juger le corps des femmes. D’autres femmes se plaignent en effet de la même bou­tique de robes de mariées. Photos à l’appui. L’une d’elle a eu le mal­heur d’envoyer une vidéo d’elle enfi­lant la robe impos­sible à fer­mer dans le dos. La preuve pas l’exemple, quoi. Retour pla­teau, œil-​de-​lynx reprend la parole : « En tout cas vous avez des grains de beau­té très mignons dans le dos, et ça nous a tous émous­tillés ici. », à son sujet.

Car l’ambiance est déten­due sur ce pla­teau, on rigole bien, on fait des blagues, par­fois potaches, on veut se don­ner l’image d’une bande de copains qui s’entend bien. Enfin, on écoute sur­tout le prê­cheur au micro et on n’oublie pas de rire à ses remarques, lui qui aime tant van­ner tout le monde. Comme Blanche, l’une des avo­cates de l’équipe, qui tente de faire signe à l’animateur pour prendre la parole et qui se voit rétor­quer : « Je vous donne la parole dans une seconde Blanche, je vois que vous me faites signe, et quand je vous vois ges­ti­cu­ler ain­si, je tiens à le dire, c’est une dan­seuse du Lido que je vois, pas une avo­cate. » Ceci dit, même Jean-​Baptiste, jour­na­liste, dont la chro­nique se voit ponc­tuée par l’animateur d’un : « je viens de vous voir à la camé­ra J‑B et j’ai le regret de vous dire que vous êtes bon dans quelques temps pour des implants capil­laires. », en prend pour son grade. On rigole bien chez Julien Courbet.

Plus le cœur à la fête

Étonnement, Vincent, seul télé­spec­ta­teur mas­cu­lin à témoi­gner d’un pro­blème cette semaine n’a pas eu le droit à son qua­li­fi­ca­tif sur son phy­sique. Il en va de même pour Pascal, envoyé spé­cial sur le ter­rain, contrai­re­ment à son homo­logue fémi­nine : « Yasmine on vous voit, on se régale. » À pro­pos de Céline dont le rôle est d’appeler les dif­fé­rents inter­lo­cu­teurs et de négo­cier en amont avant de leur pas­ser le preux che­va­lier Courbet « vous avez des doigts fraî­che­ment manu­cu­rés, c’est nor­mal, vous vou­lez bien paraître à la télé­vi­sion. » ET d’ajouter : « Charlotte [jour­na­liste en pla­teau ndlr], je crois que vous vous moquez un petit peu d’elle, nous par­le­rons de votre bru­shing plus tard. »

Les femmes ont des visages, les femmes ont des ongles, les femmes ont des che­veux, et Julien Courbet est là pour nous le rap­pe­ler. Leur cer­veau, leurs com­pé­tences, en revanche… L’émission, qui se veut si nova­trice, a encore du che­min à faire côté fémi­nisme. Et vive la télé bien rance.

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