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© Aline Dolinka / Hans Lucas / via AFP

Démissions en cas­cade à la Ciivise suite au rem­pla­ce­ment de son ex-​président le juge Edouard Durand

Plusieurs membres de la Ciivise ont fait part de leur démis­sion jeu­di en signe de pro­tes­ta­tion, quelques jours après l'annonce du rem­pla­ce­ment du juge Edouard Durand par l'ex-rugbyman Sébastien Boueilh.

Dans un com­mu­ni­qué signé par onze per­sonnes et dif­fu­sé jeu­di soir, les membres démis­sion­naires de la Ciivise (Commission indé­pen­dante sur l'inceste et les vio­lences sexuelles faites aux enfants) témoignent de leur mécon­ten­te­ment face aux annonces faites concer­nant le futur de l'institution. "Nous déplo­rons que les deux copré­si­dents (le juge des enfants Durand et Nathalie Mathieu) n'aient pas été préa­la­ble­ment infor­més ni du main­tien de la Ciivise ni de la nomi­na­tion (à sa tête) de Sébastien Boueilh, et donc de l'éviction d'Edouard Durand", écrivent les signa­taires. Le 10 novembre der­nier, les membres de la Ciivise avaient par ailleurs deman­dé par cour­rier à Charlotte Caubel, "le main­tien de la Ciivise avec Edouard Durand" à sa tête, comme le rap­pelle le com­mu­ni­qué. Lundi, la secré­taire d'État char­gée de l'Enfance a cepen­dant annon­cé la nomi­na­tion en tant que pré­sident de l'ex-rugbyman Sébastien Boueilh, fon­da­teur de l'association Colosse aux pieds d'argile, qui lutte contre les vio­lences sexuelles dans le milieu sportif.

Lire aus­si I Inceste : le gou­ver­ne­ment main­tient la Ciivise, mais sans le juge Durand

Parmi les signa­taires de ce com­mu­ni­qué, on retrouve notam­ment les psy­chiatres Muriel Salmona et Karen Sadlier, les fon­da­teurs d'associations de vic­times Arnaud Gallais et Laurent Boyet ou encore Eva Thomas, l'une des pre­mières per­sonnes à avoir témoi­gné publi­que­ment de l'inceste dont elle a été vic­time (dans les Dossiers de l'écran en 1986). Tous·tes s'agacent éga­le­ment du manque d'informations com­mu­ni­quées en amont. "Aucune réponse ne nous a été appor­tée. C'est par voie de presse que nous avons appris le main­tien de la com­mis­sion le 19 novembre", pour­suit le com­mu­ni­qué. Nathalie Mathieu "a fait savoir dès le début qu'elle ne vou­lait pas renou­ve­ler son man­dat", pré­cisent les démis­sion­naires. Mais "comme nous, elle a expli­ci­te­ment appuyé le main­tien d'Édouard Durand".

Les asso­cia­tions plai­daient en faveur du main­tien du juge Edouard Durand, appré­cié notam­ment pour son indé­pen­dance et son franc-​parler. Selon des observateur·ices, du côté des décideur·euses, son aura média­tique et la mise en cause répé­tée des dys­fonc­tion­ne­ments du trai­te­ment judi­ciaire des vio­lences sexuelles aga­çaient. "On a l'impression qu'on cherche à mettre un cou­vercle sur la libé­ra­tion de la parole que la Ciivise a entraî­née", décla­rait jeu­di soir Laurent Boyet. "Nous crai­gnons que cela marque un affai­blis­se­ment de la lutte contre l'inceste, qui n'est plus au coeur de la feuille de route de la Ciivise", indi­quait quant à elle Muriel Salmona. À pro­pos de Caroline Rey-​Salmon, nom­mée vice-​présidente de la Ciivise lun­di, Mme Salmona rap­pelle que la pédiatre et experte judi­ciaire "s'était oppo­sée à une pré­co­ni­sa­tion phare de la Ciivise : rendre obli­ga­toire le signa­le­ment par les méde­cins".

Lire aus­si I La Ciivise pré­co­nise l’imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineur·es

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