LEONIE PEONY
Portrait de Léonie Peony. © @leonie_peony_, @thefetchingeye

Post #MeToo : l'effeuillage bur­lesque nou­velle géné­ra­tion a le vent en poupe

L’effeuillage bur­lesque fait un come-​back sur les planches pari­siennes.

Ce n’est pas tous les jours qu’on peut voir Chewbacca se lan­cer dans une cho­ré­gra­phie sexy ou une Princesse Leia en biki­ni doré s’effeuiller sur scène. Au Théâtre du Gymnase Marie Bell, dan­seurs et dan­seuses donnent vie – et plus encore – à la saga Star Wars dans un show sub­ti­le­ment inti­tu­lé The Empire Strips Back. Un témoi­gnage de l’avènement de l’effeuillage bur­lesque nou­velle génération.

J’ai com­men­cé en 2021 et il y avait déjà beau­coup d’engouement”, raconte à l’AFP Léa – alias Leony Peony – 25 ans, pro­fes­seure et per­for­meuse. “Avant, c’était des femmes qui avaient pas­sé la qua­ran­taine, main­te­nant beau­coup de per­sonnes de 20 à 35 ans s’intéressent au bur­lesque”, poursuit-​elle. Si, dans les années 2000, le bur­lesque fai­sait prin­ci­pa­le­ment pen­ser à l’artiste amé­ri­caine Dita Von Teese, aujourd’hui 51 ans et tou­jours en spec­tacle à Las Vegas, la dis­ci­pline appâte désor­mais une plus grande varié­té de femmes. Selon Leony Peony, les pra­ti­quantes (car il s’agit qua­si inté­gra­le­ment de femmes) res­sentent “l’envie de se libé­rer par le corps” dans une ère mar­quée par les res­tric­tions du Covid et la qua­trième vague fémi­niste emme­née par #MeToo.

Fortes de nou­velles convic­tions, les effeuilleuses sont aujourd’hui por­tées par “cette reven­di­ca­tion de deve­nir sujet et d’assumer leur corps”, explique Andrée Deissenberg, direc­trice du Crazy Horse, à l’AFP. “Cela me per­met d’explorer une forme de puis­sance, de confiance en soi, dans un milieu où la soro­ri­té est une valeur car­di­nale”, confirme à ce pro­pos Marine – dite Peau douce – 33 ans, ancienne élève de Léa qui s’est désor­mais lan­cée en solo.

Le Crazy Horse, ins­pi­ré par la pre­mière vague bur­lesque de la fin du XIXsiècle, avait délais­sé la dis­ci­pline à par­tir des années 1960, pour y reve­nir en 2006 avec le show de la papesse Dita Von Teese. La direc­trice remarque encore des évo­lu­tions dans le monde du bur­lesque, dont le public, qui est aujourd’hui com­po­sé à plus de moi­tié de femmes, raconte-​t-​elle. Il est éga­le­ment “beau­coup plus inclu­sif, que ce soit par rap­port aux corps ou à l’orientation sexuelle” (avec des scènes LGBTQIA+ de plus en plus nom­breuses), note Leony Peony.

Tous les caba­rets s’y (re)mettent désor­mais, avec un nou­veau spec­tacle pré­vu au Paradis latin et cen­tré sur l’effeuillage bur­lesque loin de “l’image de la grande blonde de 1,75 m”, assure le direc­teur Walter Butler. Le show sera éla­bo­ré par le cho­ré­graphe Kamel Ouali, qui a à cœur de “mon­trer une femme affir­mée, forte et libre”.

Qu’il s’agisse de se désha­biller dans un verre de mar­ti­ni ou de dan­ser lan­gou­reu­se­ment en tenue de Stormtrooper, le bur­lesque semble encore avoir de belles années d’empo­werment devant lui. 

The Empire Strips Back. Théâtre du Gymnase Marie Bell, à paris. Jusqu'au 24 novembre.

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