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Cagole Nomade, marque res­pon­sable mar­seillaise, se lance dans la robe uni­sexe

Lisa Billiard et Moranne Deroff n'avaient aucune expé­rience dans le domaine de la créa­tion ou de l'entreprenariat avant de lan­cer Cagole Nomade, une marque éco­lo­gique, fémi­niste et qui entend faire bou­ger les codes. Preuve en est avec la nou­velle pièce de sa col­lec­tion « Making Trouble » : une robe uni­sexe.

CagoleNomade
© Oihana Marre

Causette : Qu’est-ce qui dif­fé­ren­cie une robe uni­sexe d’une robe ?
Lisa Billiard : On reven­dique le côté uni­sexe, parce que ce sont des robes que notre modé­liste a pen­sées pour s’adapter à toutes les mor­pho­lo­gies. On a trois sortes de tailles qui ne sont pas du S, M, L, mais du « loose », « medium loose » et « maxi loose ». Parce que si on reven­dique aus­si l’idée que la mode n’a pas de genre, elle n’a pas de taille non plus. Tout dépend de l’effet recher­ché. On essaie de libé­rer les corps et la façon de pen­ser afin qu’il n’y ait plus de bar­rières et que tout le monde puisse s’approprier le vête­ment.

Pourquoi ce nom, Cagole Nomade ?
L.B. :  Beaucoup de gens nous disent : « on ne com­prend pas, vous vous appe­lez Cagole Nomade, mais vous faites des vête­ments qui sont uni­sexes ? » Alors on leur explique que ce qu’on reprend de la cagole, ce n’est pas son esthé­tique – celui de la femme ultra fémi­nine, qui s’habille court, avec trop de paillettes – mais son état d’esprit ! 
Depuis que je suis petite, ce sont des femmes qui me fas­cinent. Je me demande com­ment je pour­rais faire pour arri­ver à un tel stade de liber­té. Parce que la cagole ne cor­res­pond pas à ce qu’on attend d’une femme : certes, elle a une fémi­ni­té exa­cer­bée, mais par son com­por­te­ment, elle est jugée trop mas­cu­line parce qu’elle parle fort, elle n’est pas dis­crète. Et elle s’en fout ! Elle est authen­tique, pleine de déter­mi­na­tion, dans la reven­di­ca­tion de soi. Elle prend de l’espace sans jamais s’en excu­ser. Au final, c’est un être hybride qui dérange, et c’est ça qu’on veut pour notre marque. D’ailleurs, le nom de la cam­pagne, « Making Trouble », c’est pour inci­ter les gens à être qui ils ont envie d’être, à bri­ser les lignes et à rendre les codes plus flous.

Mais les hommes sont-​ils prêts à pas­ser aux robes ?
L.B. : Cette robe, ce n’est pas un pari qu’on tente. C'est une demande de notre com­mu­nau­té. C'est elle qui nous a mises sur cette idée-​là, via des réflexions comme : « Pourquoi la mode uni­sexe c’est majo­ri­tai­re­ment des vête­ments d’hommes que portent les femmes, et pas l’inverse ? » On a une clien­tèle très variée, faite d’hommes et de femmes, de cis ou de trans. D’ailleurs, sur notre shoo­ting on a fait poser des hommes cis et trans pour lan­cer cette idée qu’il n’y a rien de mieux qu’une robe pour se sen­tir libre, peu importe le genre. Après, c’est sûr qu’on par­le­ra plus à des per­sonnes décons­truites qui sont déjà conscien­ti­sées sur les dif­fé­rentes formes que peut prendre la mas­cu­li­ni­té. Mais je pense que ça ne coûte rien d’ouvrir cette porte.

Vous vous reven­di­quez éco-​féministes. En quoi cela se traduit-​il dans votre sys­tème de pro­duc­tion ?
L.B. : On tra­vaille avec des cou­tu­rières et des modé­listes à Marseille dans un ate­lier qui s’appelle L’épinglerie. Nos robes sont consti­tuées de fin de rou­leaux de tis­sus, qu’on obtient grâce à l'association Uptrade. On a récu­pé­ré aus­si pleins d’invendus de fri­pe­ries, notam­ment des vestes usa­gées et dont on a gar­dé les par­ties encore uti­li­sables. Au final, c’est ce patch­work qui donne des pièces uniques et des robes 100 % upcy­clées [qui aug­mentent le cycle de vie de la matière pre­mière, ndlr] et made in Marseille.
Avec cette marque, ce qu'on aime­rait sur­tout c’est valo­ri­ser l’aspect social, mon­trer que ce qu’on consi­dère comme déchets n’en sont pas for­cé­ment. Nous appe­lons de nos vœux un chan­ge­ment plus glo­bal, avec par exemple la créa­tion d’usines à l’échelle locale pour pou­voir conso­li­der ce sys­tème de pro­duc­tion. Et aus­si une prise de conscience sur le fait qu’un tee-​shirt, fait éthi­que­ment et éco­lo­gi­que­ment, ça ne peut pas cou­ter le prix d’un sand­wich. Ce n’est pas pos­sible.

Qu’est-ce que ça change d’être basées à Marseille ?
L.B. : Marseille vibre d'une éner­gie créa­trice. Des marques éco­res­pon­sables aux pro­cé­dés éthiques, il y en a plu­sieurs, donc on col­la­bore avec des créa­teurs qui sont déjà dans l’upcy­cling [action de récu­pé­rer des maté­riaux dont on n'a plus l'usage afin de les trans­for­mer en pro­duits de qua­li­té ou d'utilité supé­rieure, ndlr]. 
Par contre, nous sommes la seule marque qui se reven­dique ouver­te­ment fémi­niste. C’est pour ça qu’on se rap­proche beau­coup d’associations. On essaye de mon­trer qu’une marque fémi­niste, ce n’est pas qu’une marque qui écrit sur un tee-​shirt « I’m femi­nist ». C’est une marque qui a pen­sé son pro­duit dans le res­pect de l’environnement et des femmes. Les cou­tu­rières qui tra­vaillent avec nous, on les rému­nère bien, ce ne sont pas des gens exploi­tés en Chine. On veut pro­po­ser l’idée d’un pro­duit qui a res­pec­té les femmes en amont, et qui les aide à prendre de l’assurance en aval. Cagole Nomade, c’est tout ça à la fois.

Pour l'occasion, Causette orga­nise un jeu concours. Pour par­ti­ci­per et ten­ter de gagner une robe uni­sexe, rendez-​vous same­di à midi sur notre page Facebook !

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