« Grâce aux réseaux sociaux, les religieuses abusées ne sont plus coupées du monde ; et l’Église va devoir composer avec »

Pendant un an et demi, Constance Vilanova, qui collabore avec Causette, a enquêté sur les violences sexuelles dans l’Église, mettant en lumière la libération de la parole de ces « servantes de Dieu » dans le sillage de #MeToo. Du Vatican à l’Inde en passant par la France et le continent africain, la journaliste a dû convaincre les victimes de livrer leur histoire, ainsi que déjouer la réticence des autorités ecclésiastiques à être mises face à leurs responsabilités. Elle publie aujourd’hui le fruit de ce travail, Religieuses abusées, le grand silence, aux éditions Arpège. Bonnes feuilles par ici et interview ci-​dessous.

20200723 191515
Constance Vilanova. © DR

Causette : Qu’est-ce qui vous a amenée à entreprendre cette enquête ?
Constance Vilanova :
J’ai commencé à travailler sur les violences sexuelles au sein de l’Église lors d’un CDD au journal La Croix, à l’été 2018, au moment où des religieuses, motivées par la déflagration #MeToo, commençaient à dénoncer les abus, les agressions, voire les viols qu’elles avaient elles-​mêmes subis de la part d’hommes d’Église, la plupart supérieurs hiérarchiques ou accompagnateurs spirituels. Une de mes sources – un « père blanc », comme on nomme ces missionnaires européens officiant en Afrique – m’a suggéré de m’intéresser plus précisément au continent africain, car, selon elle, il y avait beaucoup d’abus au sein des congrégations là-​bas. Après la parution de l’article en janvier 2019, j’ai été contactée par la maison d’édition Arpège pour poursuivre ce travail dans un livre. Écrire sur ce sujet pour une maison d’édition catholique m’a permis[…]

La suite est réservée aux abonné·es.

identifiez-vous pour lire le contenu

Partager
Articles liés