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Des asso­cia­tions se mobi­lisent pour un règle­ment euro­péen contre la pédo­cri­mi­na­li­té en ligne

Plusieurs associations de protection de l'enfance tirent la sonnette d'alarme ce mardi et appellent la France à soutenir l'adoption d'un règlement européen protégeant les mineurs contre la pédocriminalité en ligne.

Les associations Ecpat France, BeBrave, la Fondation pour l'enfance, Cameleon, Point de contact, Elien Rebirth et les Amis de Romy se sont mobilisés ce mardi 4 juin sur la place des Droits-de-l'Enfant à Paris, dès 8 h 30. L'objectif : sensibiliser le public en cette Journée internationale des enfants victimes innocentes de l'agression de l'Organisation des Nations unies. En Europe, un enfant sur cinq est victime de violence sexuelle, en ligne ou dans la vie réelle, selon le Conseil de l'Europe.

Une nouvelle législation en cours

Un groupe de travail à Bruxelles doit trouver ce même jour un compromis sur un projet de règlement européen. Ce texte proposé en 2022 par la Commission européenne est destiné à lutter contre la prolifération d'images et de vidéos mettant en scène des abus sexuels sur des enfants. Il vise également à contrer la sollicitation d'enfants par des pédocriminel·les (aussi appelé le grooming). Ce dernier prévoit de nouvelles obligations pour les plateformes en matière de détection et de signalement aux autorités.

Mais cette proposition est actuellement bloquée : quelques États membres de l'Union européenne s'inquiètent d'une possible surveillance généralisée des communications privées, donc de la fin de la confidentialité des correspondances. En effet, les messageries chiffrées, telles que Signal, Telegram, ou WhatsApp, seraient concernées. "Certains pays, comme l'Allemagne, sont opposés à y inclure les messageries chiffrées de bout en bout, alors qu'elles sont massivement utilisées par les pédocriminels", informe Mélanie Marié, chargée de plaidoyer de l'association Ecpat France. "Nous attendons une position claire de la France sur ce règlement", ajoute-t-elle.

Des chiffres alarmants

Le phénomène serait en plein essor. Le National Center for Missing & Exploited Children, une ONG américaine qui recueille et qui traite les signalements, a enregistré 100 millions d'alertes sur des contenus sexuels impliquant des mineur·es en 2023. L'ONG en avait recueillis 88 millions en 2022. Selon ces chiffres, trois images ou vidéos pédocriminelles sont donc diffusées par seconde dans le monde. L’Union européenne héberge 62 % des contenus de violences sexuelles sur les enfants dans le monde. La France, de son côté, est le cinquième pays européen à héberger le plus de contenus pédocriminels, selon Ecpat.

"Nous attendons un engagement sans réserve de la France pour adopter une législation européenne ambitieuse pour protéger les enfants contre toute forme de violence en ligne, y compris le grooming. Est-ce que les pays sont souverains sur la sécurité en ligne ou est-ce les Gafam, les grandes plateformes Internet ?", s'interroge Guillemette Vuillard, responsable
de programme d'Ecpat.

Lire aussi l Pédocriminalité : Stop, un outil de prévention aux moyens limités

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