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© Markus Spiske / Unsplash

Les “vil­lages fra­tries”, une ini­tia­tive du Finistère qui s’inscrit dans son plan de pro­tec­tion de l’enfance

D’ici à 2025, trois vil­lages du Finistère accueille­ront des "vil­lages fra­tries", des struc­tures d’accueil qui per­met­tront aux enfants confié·es à l’aide sociale à l’enfance (ASE) de ne pas être séparé·es de leurs frères et sœurs.

À l’initiative du dépar­te­ment finis­té­rien, les com­munes de Treffiagat, de Pleyben et de Plouzévédé accueille­ront trois "vil­lages fra­tries", des struc­tures d’accueil pour les enfants confiés à l’ASE, qui per­met­tront à ces enfants de ne pas être séparé·es de leurs frères et sœurs lors de leurs pla­ce­ments. Ces "vil­lages fra­tries" tentent de répondre à une réa­li­té pour le dépar­te­ment : "418 fra­tries, soit 1 049 enfants, ont été confiés à l’aide sociale à l’enfance. 66 % des fra­tries sont aujourd’hui sépa­rées, soit dans dif­fé­rentes familles, soit dans dif­fé­rents foyers. Normalement, l’endroit du pla­ce­ment se fait en fonc­tion de l’intérêt de l’enfant, mais avec le manque de place que nous connais­sons, ils vont là où l'on peut les prendre en charge", explique Maël de Calan, le pré­sident du conseil dépar­te­men­tal du Finistère, au quo­ti­dien Ouest France. "Le but est de faire res­ter les mineurs non loin d’où ils sont dans un cadre fami­lial, en fra­trie. Ce modèle nous semble ver­tueux : il a été mon­tré qu’il y a un lien très fort entre les uns et les autres : les grands font atten­tion aux petits", poursuit-​il.

Concrètement, ces "vil­lages fra­tries" pour­ront cha­cun accueillir trente jeunes et seront orga­ni­sés autour de cinq mai­sons de six enfants cha­cune. Pour assu­rer l’accompagnement de ces jeunes habitant·es, des éducateur·rices seront présent·es en per­ma­nence mais n’y rési­de­ront pas. Un·e maître·sse de mai­son assu­re­ra les courses, la cui­sine et autres tâches ména­gères. Une per­sonne sera éga­le­ment char­gée de l’entretien des locaux.

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Une pro­messe tenue

Cette ini­tia­tive relève d’une plus ancienne. En effet, en 2022, le dépar­te­ment du Finistère pré­sen­tait dix mesures qu’il s’engageait à res­pec­ter quant à la pro­tec­tion de l’enfance. Parmi ces dix mesures : "créer 90 places d’accueil pour les fra­tries" y figure. Promesse tenue, donc, pour le dépar­te­ment, puisque le 15 mars der­nier se tenait l’inauguration du chan­tier de la mai­son d’accueil située à Plouzévédé, qui devrait être opé­ra­tion­nelle dès la ren­trée 2025. "C’est dans une zone pavillon­naire. Les deux écoles et la salle omni­sports sont acces­sibles à pied. Nous met­tons à dis­po­si­tion cette par­celle de 5 000 m², où les réseaux sont déjà ins­tal­lés", rap­porte Jean-​Philippe Duffort, le maire de Plouzévédé, à Ouest France. "Nous pré­voyons une enve­loppe de 1,5 mil­lion d’euros par an pour le fonc­tion­ne­ment d’un vil­lage accueillant 25 enfants", explique Maël de Calan à Ouest France.

L'importance du main­tien des liens de fra­ter­ni­té et de soro­ri­té pour les enfants placé·es avait déjà été mis en avant par SOS Villages d'enfants. Cette asso­cia­tion met éga­le­ment en place des infra­struc­tures d'accueil pour les enfants pla­cés sous la res­pon­sa­bi­li­té de l'ASE. "Convaincue que le lien fra­ter­nel est une res­source pour le déve­lop­pe­ment de l’enfant, SOS Villages d’enfants met tout en œuvre pour per­mettre aux enfants accueillis de vivre avec leurs frères et sœurs. L’association pro­pose une prise en charge adap­tée à des fra­tries pour les­quelles les ser­vices de l’aide sociale à l’enfance anti­cipent un pla­ce­ment dans la durée. Les rela­tions fra­ter­nelles consti­tuent une res­source pour chaque enfant", explique l'association sur son site.

Lire aus­si l “Nos expé­riences sont une exper­tise” : les ancien·nes enfants placé·es se struc­turent pour sur­veiller la com­mis­sion d’enquête parlementaire

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