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© Club Légion Saint Pierre gymnastique

Gymnastique : pour mettre ses ath­lètes à l'aise, un club bres­tois aban­donne le jus­tau­corps pour des combinaisons

Terminé les jus­tau­corps pour les gym­nastes du club la Légion Saint-​Pierre, à Brest. Depuis la ren­trée, les trois équipes 14–17 ans du club se pré­sentent fiè­re­ment en com­bi­nai­sons longues lors des com­pé­ti­tions, comme aux cham­pion­nats du Finistère fin jan­vier. Une pre­mière en France. 

Les trois équipes d'adolescentes du club de gym­nas­tique la Légion Saint-​Pierre, à Brest, se sont faites remar­quer les 22 et 23 jan­vier aux cham­pion­nats de gym­nas­tique du Finistère par équipe. Depuis sep­tembre, ces gym­nastes portent des com­bi­nai­sons longues recou­vrant les jambes pour les com­pé­ti­tions. Selon une porte-​parole de la Fédération fran­çaise, elles sont les pre­mières en France à avoir adop­té cette tenue. 

« Je pense que nous allons être poin­tés du doigt, mais qu’ensuite, nous ferons des émules », assure Michèle Hall, pré­si­dente du club de gym­nas­tique de la Légion Saint-​Pierre à actu.fr. Depuis la ren­trée de sep­tembre, les dirigeant·es du club ont déci­dé de cou­per court à la tra­di­tion des jus­tau­corps, tenues des gym­nastes qui res­semblent à un maillot de bain. 

L'objectif : arrê­ter « de mettre nos filles en vitrine », explique la pré­si­dente. Par la com­bi­nai­son, le club espère mettre fin à la mise en scène du corps fémi­nin dans ce sport et aux dik­tats de la socié­té (épi­la­tion du maillot, uti­li­sa­tion de tam­pons…), qui repré­sen­taient « beau­coup de contraintes pour des jeunes fille », conti­nue Michel Hall. Cette idée, elle explique l'avoir eue en com­pa­gnie de Véfa Kerguillec, vice-​présidente du club, conseillère muni­ci­pale et vice-​présidente de métro­pole, décé­dée le 30 décembre 2022, lors de vacances avec leurs filles. « Nous regar­dions les JO de Tokyo. Les Allemandes s’étaient affi­chées en com­bi­nai­sons longues [pour s'opposer à leur hyper­sexua­li­sa­tion]. Nos filles ont trou­vé ça bien. »

Lire aus­si l Justaucorps inté­gral et fin de l’hypersexualisation des femmes en gym­nas­tique : geste fort ou faux débat ?

« On [les dirigeant·es] s’est ren­sei­gnées sur les règle­ments des com­pé­ti­tions et on s’est ren­du compte qu’en réa­li­té, les shorts et les tenues longues étaient tout à fait auto­ri­sées. Le jus­tau­corps que l’on connaît est sim­ple­ment une norme, pas une obli­ga­tion. L’important est que toute l’équipe porte la même tenue. » Pour la pré­si­dente, adop­ter la com­bi­nai­son était une façon d’en finir avec la dis­tinc­tion avec les tenues des gar­çons plus cou­vrantes et plus amples.

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Post à retrou­ver sur la page Facebook du club © Légion Saint
Pierre gymnastique 

La com­bi­nai­son a été des­si­née par les filles en caté­go­rie natio­nale du club et réa­li­sée par Terre de Gymnaste, une marque spé­cia­li­sée dans la concep­tion des tenues de gym­nastes, ins­tal­lée dans les Côtes‑d’Armor. Pour payer l’équipement pour les trois équipes 14–17 ans, qui coûte 150 € pièce, une cam­pagne de finan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif a été lan­cée et 4 480 euros ont été récol­tés. Un suc­cès donc. Ces tenues ne seront por­tées que par les filles de plus de 14 ans, ce qui repré­sente une quin­zaine de com­pé­ti­trices sur les 90 que compte le club. « Chez les petites, il n’y a pas encore ce tabou du corps qui se trans­forme », explique Michèle Hall. 

Les tabous du corps à la puberté 

« On fai­sait le constat avec les pré­si­dentes que l’on per­dait beau­coup de jeunes filles entre 12 et 16 ans », explique l’entraîneur Benoît Fouchard au Télégramme. Les départs, qui repré­sen­taient jusqu'à 50% des effec­tifs, « étaient cer­tai­ne­ment dus au fait que les corps changent avec la puber­té » continue-​t-​il. L’entraîneur raconte qu'au quo­ti­dien, il consta­tait régu­liè­re­ment le malaise des jeunes filles au moment d’enfiler le jus­tau­corps lors des compétitions.

Si les nou­velles tenues n’ont pas chan­gé les per­for­mances des gym­nastes, en revanche, elles ont eu un effet béné­fique sur leur bien-​être. « Elles sont beau­coup plus à l’aise », glisse Michèle Hall au média posi­ti­vr. Depuis le lan­ce­ment de leur com­pagne, « de nom­breux clubs nous ont contac­tés. […] Ils par­ta­geaient notre envie de pro­po­ser des tenues plus adap­tées aux spor­tives et nous ont ques­tion­nés sur notre démarche.» Les spor­tives de Brest ne seront donc cer­tai­ne­ment plus long­temps les seules à avoir adop­té ce « geste fémi­niste ».

À lire aus­si I Tennis : les joueuses pour­ront por­ter des sous-​shorts colo­rés à Wimbledon

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