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Manifestation pour les droits des femmes, Herat, Afghanistan, 2 septembre 2021. ©Capture d'écran France 24

Afghanistan : Amnesty inter­na­tio­nal appelle à la mobi­li­sa­tion pour les femmes en ce 8 mars

Amnesty International rap­pelle, à l’occasion de la Journée inter­na­tio­nale des droits des femmes, qu’il est urgent de défendre ceux des Afghanes qui « sont actuel­le­ment inca­pables d’exercer plei­ne­ment leurs droits humains ».

« N’oubliez pas les femmes afghanes, soyez notre voix. » Le mot d’ordre de la péti­tion mon­diale lan­cée par Amnesty International, le 25 novembre 2021, « doit réson­ner plus que jamais en cette Journée inter­na­tio­nale des droits des femmes », a décla­ré Yamini Mishra, direc­trice d’Amnesty International pour l’Asie du Sud en pré­am­bule de la confé­rence orga­ni­sée la veille. Plus de 80 000 per­sonnes ont déjà signé la péti­tion, remise aux gou­ver­ne­ments du monde entier, pour mobi­li­ser la com­mu­nau­té inter­na­tio­nale à défendre et mettre fin à la répres­sion des droits des femmes et des filles par les tali­bans. « Un méca­nisme de sur­veillance diri­gé par l’ONU, par exemple, devrait être mis en place pour sur­veiller la situa­tion des femmes et tenir les tali­bans res­pon­sables », a indi­qué Shabnam Salehi, ancienne com­mis­saire aux droits des femmes de la Commission indé­pen­dante des droits humains en Afghanistan (AIHRC). 

Car aujourd'hui, sept mois après l'arrivée des tali­bans au pou­voir, « les Afghanes sont inca­pables d’exercer leurs droits et le régime échappe à toute forme de res­pon­sa­bi­li­té », constate Yamini Mishra. Pourtant, depuis la prise de Kaboul en août der­nier, le régime des tali­bans n’a eu de cesse de faire des pro­messes d’ouverture selon les­quelles il serait moins strict que durant son pre­mier règne (1996−2001). Le régime a ten­té aus­si de don­ner quelques gages de bonne volon­té afin d'obtenir un « dégè­le­ment » de l'aide inter­na­tio­nale – actuel­le­ment, sur les 37 mil­lions d’habitant·es, 23 mil­lions sont menacé·es par la famine. 

Dernier gage en date, le 23 février, lorsque le minis­tère de la Promotion de la ver­tu et de la Répression du vice – qui rem­place depuis sep­tembre l’ancien minis­tère des Affaires fémi­nines – a annon­cé que les femmes fonc­tion­naires peuvent reve­nir tra­vailler mais seule­ment si elles sont voi­lées. Jusqu’ici, la plu­part des femmes occu­pant des emplois publics n’étaient pas auto­ri­sées à retour­ner tra­vailler. Autre exemple, le 13 février, lorsque quatre mili­tantes fémi­nistes arrê­tées à Kaboul pour avoir pro­tes­té contre le port obli­ga­toire de la bur­qa ont été relâchées.

Durcissement du régime 

Mais glo­ba­le­ment, les tali­bans gri­gnotent jour après jour les droits humains, notam­ment ceux des femmes en ins­tau­rant des poli­tiques qui ont sévè­re­ment res­treint la liber­té de mou­ve­ment et d’expression des femmes afghanes et miné l’accès des filles à l’éducation et à l’emploi. Depuis le 26 décembre, il est ain­si inter­dit aux femmes de voya­ger sur des dis­tances au-​delà de 72 kilo­mètres sans être accom­pa­gnées par un homme de leur famille. Les conduc­teurs doivent éga­le­ment n’accepter à bord de leur véhi­cule que des femmes por­tant le voile isla­mique. De nou­velles res­tric­tions qui s’ajoutent à d’autres, déjà appli­quées depuis des mois, dont l’interdiction pour elles de jouer de la musique ou encore d'occuper des postes à responsabilité. 

Pour Yamini Mishra, « nous assis­tons à une ten­ta­tive d’effacer pro­gres­si­ve­ment les femmes et les filles de la vie publique en Afghanistan ». Elle en veut pour preuve l’interdiction pour les chaînes télé­vi­sées afghanes de dif­fu­ser des « feuille­tons et des séries à l’eau de rose dans les­quels des femmes jouent » et faire en sorte que les femmes jour­na­listes portent le voile isla­mique à l’écran. Quant à l'éducation, si quelques étu­diantes de quelques pro­vinces ont pu retour­ner à l’université début février voi­lées et sépa­rées des gar­çons, les filles de plus de douze ans n’ont tou­jours pas accès aux col­lèges et lycées. Les éta­blis­se­ments du secon­daire ont bien rou­vert en sep­tembre der­nier, mais uni­que­ment pour les ensei­gnants et les élèves mas­cu­lins. Les filles devraient pou­voir y retour­ner d’ici fin mars, ont pro­mis les talibans.

La chute du régime tali­ban en 2001 avait pour­tant conduit à une amé­lio­ra­tion signi­fi­ca­tive des droits des femmes. Au cours des deux der­nières décen­nies, envi­ron 3,3 mil­lions de filles ont eu accès à l'éducation tan­dis que les femmes ont pu par­ti­ci­per acti­ve­ment à la vie poli­tique, éco­no­mique et sociale du pays. « En l’espace de sept mois, déplore Yamina Mishra. ils ont éro­dé vingt ans de pro­grès en matière de droits des femmes et les craintes que les femmes afghanes nour­ris­saient depuis des décen­nies sont deve­nues une sombre réa­li­té quo­ti­dienne. »

Pour signer la péti­tion en ligne d’Amnesty International, c’est par ici

Lire aus­si I Réouverture des uni­ver­si­tés publiques en Afghanistan : gar­çons et filles désor­mais séparés

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