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CAUSETTE HAPPY MANAGEMENT
© Grégoire Gicquel pour Causette

Le « hap­pi­ness mana­ge­ment », de la pure com

Pour Florent Bonnel, consul­tant en res­sources humaines, ces poli­tiques très en vogue de bien-​être au tra­vail sont à côté de la plaque. 
Dans ses tra­vaux de thèse*, il a démon­tré, entre autres, que 
le bien-​être pro­fes­sion­nel repose sur des actions au niveau collectif. 

Causette : On dit que, dans l’Antiquité, le tra­vail était asso­cié à la tor­ture et que le bon­heur était dans l’oisiveté. La ques­tion du « bon­heur au tra­vail » est-​elle récente ? 

Florent Bonnel : Non, elle n’est pas récente. Dès le milieu du XIXe siècle, à l’époque de Germinal, les ouvriers com­mencent à se poser la ques­tion des risques du tra­vail sur leur san­té phy­sique. Ce qui est plus récent, c’est que l’on s’intéresse à la souf­france men­tale. Et sur­tout le fait que la ques­tion soit posée par les employeurs, plus seule­ment par les employés. Dès les années 1930, l’industriel Henry Ford a affir­mé qu’un sala­rié heu­reux était un sala­rié plus pro­duc­tif. L’idée est deve­nue plus convain­cante pen­dant les Trente Glorieuses, au moment où le rap­port de force s’est inversé.[…]

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