les vacances des anges 4

Féminisme et télé­réa­li­té : la syner­gie est-​elle pos­sible ?

Depuis plu­sieurs jours, un vent bruisse sur les réseaux sociaux de plu­sieurs stars fran­çaises de la télé­réa­li­té et de leurs fans. A coup de hash­tag #BoycottNRJ12 et #StopHarcèlementTLR, toutes et tous dénoncent les pra­tiques de la chaîne NRJ12 qui encou­ra­ge­rait, pour asseoir ses audiences, har­cè­le­ment moral et sexiste dans son émis­sion Les Vacances des anges. Et leur fer de lance, Angèle Salentino, comme d’autres stars pas­sées par la télé­réa­li­té, affiche clai­re­ment la cou­leur : elle est fémi­niste. Mais télé­réa­li­té et fémi­nisme sont-​ils com­pa­tibles ?

« Ils valident le har­cè­le­ment et ils en ont rien à foutre de notre gueule », lance, dans un live ins­ta­gram du 15 avril, Angèle Salentino à trois de ses anciennes com­parses de la sai­son 4 des Vacances des anges en par­lant de la pro­duc­tion de l’émission de télé­réa­li­té dif­fu­sée sur NRJ12. « Nora [une membre de la prod, ndlr], tu sais ce qu’elle nous a dit à nous les filles quand elle est venue nous voir pour nous brie­fer dans l’hôtel ?, reprend-​elle. […] Elle nous dit mot pour mot – sur les yeux de ma mère, c’est vrai les filles : “Franchement, les mecs, ils en peuvent plus, ils sont à l’hôtel, ils vont explo­ser. Vous êtes à deux doigts de vous prendre une giclée de sperme au visage, hein.” [Puis] avant qu’on rentre dans la pre­mière séquence, Nora [ouvre] la porte de la voi­ture [et dit] “faites voir la mar­chan­dise, faites voir comme elles sont fraîches”, genre les mor­ceaux de chair, tu vois. […] Elle nous res­pecte pas et c’est une femme pour­tant et je pense qu’ils font exprès de mettre des femmes pour que ça passe mieux. » Ce sou­ve­nir en rap­pelle un autre à Nathanya Sion. « Moi je me rap­pelle, Gabrielle [une membre de la prod] est venue me voir, elle m’a dit : “Tu veux pas sor­tir avec Toto, tu veux sor­tir avec per­sonne ici ? Bah pour­tant t’avais pas­sé un cas­ting de salope, hein.” Je lui ai fait : “un cas­ting de salope ?!” » Une troi­sième, Rawell Saiidii, enchaîne à pro­pos de ce même Toto : « Mais même moi, ils m’ont dit “le public il rêve­rait que tu te mettes avec Thomas” et j’ai dit “écou­tez, Thomas c’est du pas­sé, pour moi, c’est mort” », avant que les cris éber­lués de ses copines masquent la fin de l’histoire de Rawell. Ces deux heures de live en forme de grand débal­lage des sor­dides des­sous de la télé­réa­li­té où les irrup­tions sexistes de la prod et de certain·es candidat·es le dis­putent au non res­pect du consen­te­ment des can­di­dates, sont inti­tu­lées #BoycottLesAnges. 

Il faut dire que depuis quelques jours, le ton est mon­té jusqu’à un point de non retour entre, d’un côté la socié­té de pro­duc­tion La Grosse équipe et la chaîne NRJ12 et de l’autre des par­ti­ci­pantes de l’émission qui dénoncent le har­cè­le­ment dont elles ont été l’objet durant les tour­nages, la plu­part du temps de la part « d’ancien·nes », c’est-à-dire des candidat·es qui rem­pilent depuis plu­sieurs années dans Les Anges de la télé­réa­li­té ou sa variante Les Vacances des anges. Ce qui semble avoir mis le feu aux poudres et déclen­ché, au-​delà de la ques­tion du har­cè­le­ment entre candidat·es, la libé­ra­tion de la parole sur la façon dont se com­porte la pro­duc­tion des émis­sions, c’est un inop­por­tun com­men­taire du compte Instagram de la chaîne sur l’un des pré­cé­dents lives dénon­çant les situa­tions de har­cè­le­ment moral et sexiste : « Moi je ne com­prends pas. Vous avez pris l’argent, et main­te­nant vous criez au scan­dale ? » Qu’il s’agisse d’une erreur de bas­cu­le­ment de compte d’un com­mu­ni­ty mana­ger mal­adroit ou d’une volon­té assu­mée par la chaîne de créer du buzz en se moquant de ces femmes disant avoir été vic­times d’un har­cè­le­ment ciblé et répé­té par des candidat·es qui en ont fait leur tête de Turc, le mal est fait et les hash­tags #BoycottNRJ12 et #BoycottLesAnges appa­raissent. C’est, en vingt ans de télé­réa­li­té fran­çaise, la pre­mière fois que des vedettes du sérail (Angèle Salentino, Céline Morel, les jumelles Saiidii, Nathanya…) se regroupent pour dénon­cer en leur nom le mau­vais trai­te­ment qu’elles estiment avoir subi, à la fois devant et en dehors des camé­ras de la prod. Et elles donnent des noms. Celui du can­di­dat Raphaël Pépin, par exemple, réap­pa­raît sou­vent, à coup de cita­tions de crasse miso­gy­nie. Leur force ? Bénéficier du sou­tien d’une com­mu­nau­té fidèle[…]

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