PANDORE Saison1 Episode6
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"Pandore" : un thril­ler politico-​judiciaire avec des héroïnes puissantes

Pandore confirme l’excellente répu­ta­tion des séries belges. Créé par trois autrices affu­tées, ce thril­ler politico-​judiciaire, com­plexe et addic­tif, met en avant des héroïnes puis­santes pour mieux scan­ner les dérives de notre socié­té… et son sexisme ordi­naire. A décou­vrir dare-​dare sur Polar + ! 

A cran et accro : voi­là l’effet que cette série, entiè­re­ment écrite et réa­li­sée par des femmes, devrait avoir sur vous. Déjà parce que son récit, qui entre­mêle plu­sieurs intrigues et pro­ta­go­nistes, est très bien fice­lé. Le mini­mum syn­di­cal, direz-​vous. Oui, mais il est aus­si sans conces­sion, scan­nant à peu près tous les tra­vers actuels de la socié­té belge en dix épi­sodes, de la culture du viol au popu­lisme, en pas­sant par l’âgisme et la cor­rup­tion, et ça c’est un peu plus rare. D’autant plus scot­chant qu’il n’est pas besoin de connaitre les arcanes du sys­tème fédé­ral belge pour suivre : de l’autre côté de la fron­tière, en France, il se pro­duit les mêmes vio­lences, les mêmes col­lu­sions, les mêmes dérives… hélas.

Mais repre­nons du début, puisque Pandore attaque très fort : nous voi­là donc projeté.es à Bruxelles, à deux mois d’élections impor­tantes. Un homme poli­tique, au sor­tir d’une réunion agi­tée, est alors témoin du viol d’une acti­viste fémi­niste, qu’il filme sans oser inter­ve­nir (sur un autre por­table que le sien…), avant de dépo­ser la jeune femme aux urgences, une fois ses agres­seurs vola­ti­li­sés, se fai­sant pas­ser pour son sau­veur auprès des médias. Peu après, tan­dis qu’une juge d’instruction s’engage à faire toute la lumière sur ce crime (une par­tie de la vidéo est balan­cée ano­ny­me­ment sur inter­net), ledit poli­tique, jeune loup d’un par­ti de droite, n’hésite pas à rebon­dir sur sa nou­velle noto­rié­té. Ils ne vont pas tar­der à se croiser…

Quatre femmes de pre­mier plan 

Sale affaire ? Oui, mais pas­sion­nante aus­si ! D’abord parce qu’elle sonde en pro­fon­deur les rela­tions ambi­guës entre jus­tice et pou­voir (un sujet on ne peut plus sen­sible en France !). La série prend le temps d’avancer ses pions et de ména­ger son sus­pense : un rythme pré­cis, métho­dique, qui convient par­fai­te­ment à la com­plexi­té des situa­tions. A noter que Yoann Blanc, comé­dien repé­ré notam­ment dans La Trêve, sait don­ner une épais­seur trouble, inha­bi­tuelle, à son dépu­té veule et men­teur : une véri­table per­for­mance ! Autre motif d’intérêt de cette série tor­tueuse, très atmo­sphé­rique : elle per­met d’interroger avec force la place des femmes dans notre socié­té, cela à tra­vers quatre héroïnes de pre­mier plan.

Soit la jeune acti­viste vio­lée (Salomé Richard, aus­si révol­tée qu’inflexible dans ce rôle) ; sa copine appren­tie jour­na­liste (Mélissa Diara, jus­te­ment piquante et fébrile) ; l’assistante par­le­men­taire futée et fina­le­ment ber­née du dépu­té (for­mi­dable Myriem Akkheddiou qui par­vient, contre toute attente, à la rendre émou­vante) ; et enfin la juge. Cette grande et belle femme, tenace quoique fra­gi­li­sée par son âge (elle a une cin­quan­taine d’années et l’on com­prend, peu à peu, que c’est un vrai sujet, pour elle comme pour les autres), est inter­pré­tée par Anne Coesens, actrice sai­sis­sante, éga­le­ment coau­trice du scé­na­rio avec Savina Dellicour et Vania Leturcq. 

Vous l’avez com­pris, c’est elle la Pandore du titre, qui ouvre la boîte et révèle les maux de notre mâle socié­té. Avec sa voix douce, sa blanche che­ve­lure flot­tant sur ses épaules et son visage tra­gique, cette juge bruxel­loise n’est pas loin d’incarner la figure impla­cable du des­tin, donc de don­ner une dimen­sion mytho­lo­gique à ce thril­ler pour­tant très contem­po­rain. Le fait est qu’elle intrigue, émeut et cap­tive comme rare­ment. Tellement qu’on aime­rait que sa boîte mau­dite ne se referme pas tout de suite… Autrement dit, vive­ment la sai­son 2 (dif­fu­sion pré­vue cou­rant 2024 sur la RTBF en Belgique) ! 

PANDORE Saison1 KeyArt 1

Pandore, d’Anne Coesens, Savina Dellicour et Vania Leturcq. 10 épi­sodes de 52 mn, à décou­vrir à par­tir du 6 décembre sur Polar + les mer­cre­dis à 20h55 (deux épi­sodes par soi­rée) et dis­po­nibles sur myCanal.

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