La sélec­tion BD de mai 2019

Page 23 de Il fallait que je vous dise completdef 1
© Casterman

Il fal­lait que je vous le dise, d’Aude Mermilliod

Comme 56 mil­lions de femmes dans le monde chaque année, selon l’OMS, Aude Mermilliod a eu recours à un avor­te­ment. Jeune et ser­veuse à Bruxelles (Belgique), elle tombe enceinte, bien qu’elle ait un sté­ri­let, d’un gar­çon avec qui elle a cou­ché pour se conso­ler d’une rup­ture dou­lou­reuse. Alors, voi­là. Ce n’est pas le moment. Des années plus tard, deve­nue des­si­na­trice, elle a res­sen­ti le besoin de racon­ter son expé­rience de l’intérieur. Tout sim­ple­ment parce que ce qui se passe alors dans son corps et dans sa tête, les phrases mal­adroites de cer­tains méde­cins, il fal­lait qu’elle les dise. La force de ce récit, c’est qu’il va au-​delà du témoi­gnage, de l’autre côté du miroir. Dans la deuxième par­tie de l’ouvrage, Aude Mermilliod raconte sa ren­contre avec le célèbre méde­cin Martin Winckler, auteur du Chœur des femmes, farouche défen­seur de l’avortement. Il lui parle de son père, méde­cin lui aus­si, qui pra­ti­quait des IVG clan­des­tines, du jour où la loi Veil a été votée, puis de toutes ces femmes en détresse croi­sées sur son che­min. Au début de sa car­rière, bour­ré de bonnes inten­tions, il veut sans cesse dire aux femmes com­ment faire pour ne pas tom­ber enceinte, ne vou­lant plus les voir souf­frir. Mais un jour, une col­lègue lui fait gen­ti­ment remar­quer qu’il pra­tique un pater­na­lisme bien­veillant. Martin Winckler s’est depuis atta­ché à accueillir ses patientes sans jamais por­ter de juge­ment. D’autres feraient bien d’en prendre de la graine. 

Il fal­lait que je vous le dise, d’Aude Mermilliod. Éd. Casterman, 160 pages, 22 euros.

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