Colomba, infernale vengeresse et muse

Prosper Mérimée s’est inspiré de faits réels pour rédiger Colomba, l’histoire d’une vendetta orchestrée par une femme. Mais, pour satisfaire les canons littéraires de l’époque, il va redessiner sa muse en vierge romantique qui pousse son frère au meurtre, loin de la véritable Colomba Carabelli, une matrone à la main sanglante… 

merimee oeuvre
Colomba choisit un fusil pour son frère Orso chez le colonel Nevil.
Illustration de Gaston Vuillier pour l’édition de 1913 de « Colomba ».
© Jonas/​Kharbine-​Tapabor

Loin de la lumière des plages corses, il faut serpenter à travers les montagnes de l’ouest pour trouver Fozzano, un village austère et rocailleux. Un théâtre qui ne fleurait jadis que la poudre et le sang. Durant des siècles, ses habitants ont cultivé la loi du talion : œil pour œil, dent pour dent. Chez les Durazzo et les Carabelli, clans ennemis, on ne donnait vie que pour mieux s’entretuer. Les premiers tenaient le haut de la ville, les seconds, les bas quartiers. C’est dans ce décor authentique que débarque, en 1839,[…]

La suite est réservée aux abonné.es.

identifiez-vous pour lire le contenu

Partager
Articles liés