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Affaire PPDA : sur vingt-​deux plaintes pour viols et agres­sions sexuelles, seules trois rejoignent l'instruction déjà ouverte

patrick poivre darvor 20100330 salon du livre de paris 2
PPDA ©Georges Seguin

Une deuxième enquête pré­li­mi­naire, enclen­chée en 2021 par le par­quet de Nanterre, s’est conclue ce mer­cre­di 28 février par le clas­se­ment sans suite de dix-​neuf plaintes sur vingt-​deux pour viols et agres­sions sexuelles. Les trois autres plaintes vont rejoindre l'information judi­ciaire ouverte dans le cadre de la plainte de Florence Porcel.

Pour une par­tie des plai­gnantes, l’enquête s’arrête là. Ce mer­cre­di 28 février, dix-​neuf des vingt-​deux plaintes et signa­le­ments à l’encontre de PPDA ont été clas­sés sans suite pour pres­crip­tion ou écar­tés parce que les faits ne sont pas “sus­cep­tibles de qua­li­fi­ca­tion pénale” selon le par­quet, révèle France Info. Cette déci­sion est remise dans le cadre d’une enquête enclen­chée en 2021 par le par­quet de Nanterre, après les révé­la­tions d’une qua­ran­taine de femmes qui affirment avoir été vio­lées ou agres­sées sexuel­le­ment par l’ancien pré­sen­ta­teur. Trois de ces plaintes – deux pour viols et une pour agres­sion sexuelle qui auraient été com­mis entre 2007 et 2018 – vont main­te­nant être confiées aux juges d’instruction qui ont été sai­sis dans le cadre de la plainte pour viol de Florence Porcel à l'encontre de PPDA, d'après RTL.

Une déci­sion en demi-teinte

Marie-​Laure Eude Delattre – qui accuse le pré­sen­ta­teur de l’avoir vio­lée en 1985 lors du fes­ti­val de Cannes et dont la plainte a été clas­sée – a réagi à cette déci­sion de jus­tice auprès de Libération : “J’avais beau m’y pré­pa­rer, fran­che­ment, je trouve ça d’une vio­lence ter­rible, déplore-​t-​elle. Encore une fois, ma parole n’a pas été écou­tée. J’ai vou­lu le dire quand ça m’est arri­vé en 1985, la police n’a pas vou­lu prendre ma plainte. Et main­te­nant, c’est la jus­tice qui ne m’entend pas. Je ne suis enten­due que par les vic­times, et un peu aus­si par la socié­té. Ça n’a pas l’air si impor­tant que cet homme ait fait ça pen­dant des années. J’ai l’impression que tout le monde s’en fiche. Mais le com­bat n’est pas ter­mi­né. Je vais conti­nuer d’une manière ou d’une autre, légalement.” 

Pour trois des plaintes exa­mi­nées par le par­quet de Nanterre, le com­bat conti­nue déjà. Selon Libération, le pro­cu­reur aurait fait savoir dans un mes­sage à une des plai­gnantes – res­tée ano­nyme – qu’il avait sai­si “les juges d’instruction des faits dénon­cés par trois autres femmes”. Ces plaintes ne seraient ain­si pour l’heure pas sous le coup de la pres­crip­tion. Une ouver­ture d’instruction posi­tive, d’après Hélène Devynck – essayiste qui accuse le pré­sen­ta­teur star de l’avoir vio­lée en 1993 – inter­ro­gée par Libération. “Pour les autres, il faut rap­pe­ler que 73 % des plaintes pour vio­lences sexuelles sont clas­sées sans suite. Il y a une bana­li­té dans ces déci­sions à laquelle il est dif­fi­cile de se résoudre”, explique-​t-​elle.

L’autrice et chro­ni­queuse Florence Porcel, qui accuse PPDA de l’avoir vio­lée à plu­sieurs reprises entre 2004 et 2009, n’est ain­si désor­mais “plus seule à por­ter l’espoir et les dif­fi­cul­tés d’un pro­cès”, sou­ligne par ailleurs Hélène Devynck. Patrick Poivre d’Arvor a été mis pour la pre­mière fois en exa­men en décembre dans le cadre de la plainte dépo­sée par Florence Porcel.

Lire aus­si I Patrick Poivre d'Arvor pour la pre­mière fois mis en exa­men pour viol

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