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Affaire Benoît Jacquot : Isild Le Besco dénonce “une emprise des­truc­trice, une perte de soi”

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Islid Le Besco en 2012 - © Georges Biard / creative commons

L’actrice et réa­li­sa­trice a confié au Parisien avoir vécu des vio­lences psy­cho­lo­giques ain­si que des vio­lences phy­siques durant sa rela­tion, débu­tée quand elle était mineure, avec le cinéaste.

“En appa­rence, c’était une rela­tion nour­ris­sant de beaux films et, pour moi, la décou­verte d’un monde. Mais à l’intérieur, c’était aus­si une emprise des­truc­trice, une perte de soi.” Dans une inter­view publiée mer­cre­di, Isild Le Besco a racon­té au Parisien ce qu’elle a vécu avec Benoît Jacquot, cinéaste déjà sous le coup d’une plainte pour “viols avec vio­lences sur mineure de moins de 15 ans” dépo­sée par Judith Godrèche.

De cette rela­tion qui aura duré cinq ans et a débu­té aux 16 ans d’Isild Le Besco alors que le réa­li­sa­teur avait 52 ans, l’actrice dénonce aujourd’hui “des vio­lences psy­cho­lo­giques, sur­tout”. “Benoît Jacquot pen­sait savoir mieux que moi qui j’étais et ce que je pen­sais. Par exemple, il me disait per­pé­tuel­le­ment que j’étais grosse”, détaille-​t-​elle. L’actrice qui avait été révé­lée à 16 ans dans Sade, film de Benoît Jacquot sor­ti en 1999, dénonce éga­le­ment “des vio­lences phy­siques, par­fois, sous le coup de la colère”

“Une emprise engendre d’autres emprises”

Isild Le Besco, 41 ans aujourd’hui, estime avoir été “un peu pro­té­gée” du fait de n’avoir pas vécu avec le réa­li­sa­teur, contrai­re­ment à Judith Godrèche, à qui elle réitère son sou­tien. Mais elle explique que le sché­ma de cette rela­tion l’a long­temps pour­sui­vie : “Ce qui est très grave, c’est que, comme j’ai vécu cette rela­tion à 16 ans, cela a été consti­tu­tif de ma per­son­na­li­té. Une emprise engendre d’autres emprises. Après, j’ai vécu des choses encore plus graves avec d’autres hommes parce que j’étais prête à m’écraser pour quelqu’un.” “Une grande par­tie de ma vie a été gâchée”, ajoute celle qui estime avoir été une proie facile à l’époque en se décri­vant comme une “jeune fille fra­gile, très mal­léable […], très iso­lée, même à l’école.”

La réa­li­sa­trice, qui a écrit trois livres et tra­vaille actuel­le­ment sur un récit auto­bio­gra­phique reve­nant sur sa rela­tion avec Jacquot, explique éga­le­ment avoir cher­ché à trans­cen­der son trau­ma­tisme dans plu­sieurs de ses films, tels que Charly (2007) ou encore Bas-​fonds (2010).

Au sujet de Jacques Doillon, Isild Le Besco apporte des détails sur le trai­te­ment que lui avait réser­vé le réa­li­sa­teur et que la presse avait déjà révé­lé. "J’avais 17 ans et il m’a deman­dé de pré­pa­rer un rôle. Pendant des semaines, j’ai tra­vaillé en impro­vi­sant et en codi­ri­geant le script et à par­tir du jour où j’ai refu­sé ses avances, il m’a virée du film", affirme-​t-​elle.

Alors que les révé­la­tions de Judith Godrèche à l’encontre de Doillon et de Jacquot, ain­si que les accu­sa­tions concer­nant Gérard Depardieu créent un moment #MeToo dans le ciné­ma fran­çais, Isild Le Besco fus­tige un “milieu du ciné­ma” qui était au cou­rant de beau­coup de choses et “s’est com­por­té exac­te­ment comme se com­porte une famille quand l’un de ses membres est mal­trai­té : en se tai­sant.” Elle affirme être “entou­rée d’actrices, d’amies, de femmes qui elles aus­si ont subi ou subissent de la mal­trai­tance”. Si elle prend la parole aujourd’hui “grâce à des témoi­gnages de femmes [qui l’ont] sor­tie de [sa] tor­peur”, elle plaide dans cette inter­view pour que soit res­pec­té “le rythme des vic­times”. “C’est aus­si une ques­tion de consen­te­ment. Celles qui ne veulent pas par­ler aujourd’hui le feront peut-​être demain.”

L'actrice indique se réser­ver le droit de por­ter plainte contre Jacquot et Doillon. 

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