fbpx
capture decran 2021 10 18 a 10.20.10
Capture d'écran ©A.T.

Tunisie : la ministre Sihem Boughdiri Nemsia refuse de se voi­ler pour prê­ter serment

Sihem Boughdiri Nemsia, ministre des Finances du nouveau gouvernement tunisien présidé par Najla Bouden Romdhane, a refusé de se voiler pour prêter serment le 11 octobre dernier. Et cela est passé comme une lettre à la poste.

Lors de la cérémonie de prestation de serment devant le président de la République, qui se déroule au palais de Carthage à Tunis, la tradition tunisienne veut que les femmes du gouvernement prêtent serment la main droite posée sur le Coran et la tête couverte d’un foulard. Le 11 octobre dernier, Sihem Boughdiri Nemsia, ministre des Finances du nouveau gouvernement présidé par Najla Bouden Romdhane, a bouleversé la tradition en refusant de se voiler pour prêter serment devant le président, Kaïs Saïed. Hormis quelques grincheux sur les réseaux sociaux, le choix de la ministre n'a pas suscité de vives réactions, prouvant que le fait de prêter serment sans voile était désormais globalement bien accepté par la population et le milieu politique du pays.

insta offre etudiante

Ce n’est pas la première fois qu’une femme politique tunisienne déroge à la coutume. Avant Sihem Boughdiri Nemsia, les députées Nefissa Wafa Marzouki et Hajer Ben Cheikh Ahmed avaient en 2013 et 2016 déjà choisi de prêter serment sur le Coran, la tête découverte. 

Âgée de 56 ans, et sans étiquette politique (comme l'actuel président), Sihem Boughdiri Nemsia vient donc renouveler l’expérience. Titulaire d’une maîtrise en sciences économiques, elle était jusque-là directrice générale des Études et législations fiscales, chargée de mission au cabinet du ministère.


Najla Bouden Romdhane, première femme à la tête d’un gouvernement tunisien

« C’est un moment historique, un honneur pour la Tunisie et un hommage à la femme tunisienne », déclarait le président Kaïs Saïed le 29 septembre dernier après la nomination de Najla Bouden Romdhane. Une nomination historique puisqu’il s’agit de la première première ministre de Tunisie mais également la première femme à occuper ce poste dans le monde arabe. Un succès toutefois en demi-teinte puisque le champ d’action de la première ministre a été réduit par le décret présidentiel du 22 septembre qui octroie désormais tous les pouvoirs au président.

Lire aussi l Tunisie : « indignation la plus vive » des féministes après les coups reçus par la députée Abir Moussi en pleine assemblée

Partager

Cet article vous a plu ? Et si vous vous abonniez ?

Chaque jour, nous explorons l’actualité pour vous apporter des expertises et des clés d’analyse. Notre mission est de vous proposer une information de qualité, engagée sur les sujets qui vous tiennent à cœur (féminismes, droits des femmes, justice sociale, écologie...), dans des formats multiples : reportages inédits, enquêtes exclusives, témoignages percutants, débats d’idées… 
Pour profiter de l’intégralité de nos contenus et faire vivre la presse engagée, abonnez-vous dès maintenant !  

 

Une autre manière de nous soutenir…. le don !

Afin de continuer à vous offrir un journalisme indépendant et de qualité, votre soutien financier nous permet de continuer à enquêter, à démêler et à interroger.
C’est aussi une grande aide pour le développement de notre transition digitale.
Chaque contribution, qu'elle soit grande ou petite, est précieuse. Vous pouvez soutenir Causette.fr en donnant à partir de 1 € .

Articles liés