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© Charl Folscher

Près de 25 000 signa­tures pour la péti­tion deman­dant le recen­se­ment des poli­ciers et gen­darmes auteurs de vio­lences envers les femmes

Mise en ligne le 23 juillet, la péti­tion a été lan­cée à la suite des révé­la­tions du Canard Enchaîné sur la condam­na­tion pour vio­lences intra­fa­mi­liales du poli­cier qui avait pris la plainte de Chahinez Daoud, 39 ème fémi­ni­cide de l’année.

Ces mili­tantes fémi­nistes estiment que « connaître l’ampleur du phé­no­mène » des vio­lences envers les femmes et/​ou les enfants com­mises par les forces de l’ordre, « est une ques­tion de vie ou de mort ». Le col­lec­tif Abandon de famille – tolé­rance zéro, Osez le fémi­nisme, l’Union natio­nale des familles de fémi­ni­cides et 9 autres asso­cia­tions se sont ras­sem­blées pour lan­cer une péti­tion, le 23 juillet, pour deman­der à ce que le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin se sai­sisse du sujet et impulse une enquête natio­nale. Près de 25 000 per­sonnes l’ont d’ores-et-déjà signée.

Ce sont les révé­la­tions du Canard Enchaîné, le 20 juillet der­nier, sur le poli­cier qui avait pris la plainte en mars 2021 de Chahinez Daoud, brû­lée vive en pleine rue à Mérignac (33) par son ex-​conjoint qui ont mené ces dif­fé­rentes asso­cia­tions à se mobi­li­ser : l’hebdomadaire affir­mait en effet que ce poli­cier avait lui-​même, quelques mois aupa­ra­vant, été condam­né à huit mois de pri­son avec sur­sis pour « vio­lences habi­tuelles » sur son épouse. Sa hié­rar­chie, mise au cou­rant de sa condam­na­tion, avait alors déci­dé de le pla­cer… à l’accueil des plaintes, et donc le mettre en contact avec des vic­times de vio­lences conju­gales, en atten­dant une com­mis­sion de dis­ci­pline. Or, la plainte de Chahinez Daoud n’avait jamais été trans­mise au par­quet, comme l’a éta­bli la mis­sion d’enquête inter­mi­nis­té­rielle qui a été mise sur pieds après le meurtre de la jeune femme. Les asso­cia­tions pointent éga­le­ment les infor­ma­tions du livre-​enquête de Sophie Boutboul, Silence, on cogne, dans lequel la jour­na­liste démon­trait à l’aide de nom­breux témoi­gnages d’ex-compagnes vic­times de poli­ciers l’omerta du milieu et l’esprit de corps qui pro­tège les auteurs de ces vio­lences.

Il devient donc urgent, aux yeux des péti­tion­naires, de dili­gen­ter « une enquête exhaus­tive pour connaître le nombre de poli­ciers et gen­darmes mis en cause dans des affaires de vio­lences (phy­siques, psy­cho­lo­giques, éco­no­miques, admi­nis­tra­tives et sexuelles) faites aux femmes et/​ou enfants, et à quels postes ces auteurs sont actuel­le­ment affec­tés ». Pour l’heure, le minis­tère de l’Intérieur, qui a annon­cé une nou­velle série de mesures pour amé­lio­rer le tra­vail des forces de l’ordre dans le trai­te­ment des vio­lences conju­gales et ain­si évi­ter des fémi­ni­cides, n’a pas réagi à la péti­tion.

Lire aus­si l Féminicides : Gérald Darmanin veut « pros­crire défi­ni­ti­ve­ment » les mains cou­rantes pour vio­lences conju­gales

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