ITS A SIN Saison 1 4 A
© 2019 Red Production Company, all3media international/Canal

It’s a Sin : une jeu­nesse contagieuse

La nou­velle créa­tion de Russell T Davies s’impose comme l’un des récits les plus déchi­rants jamais com­po­sés – et inter­pré­tés – sur le tout début des années sida.

Écrire pour ceux et celles qui ont sur­vé­cu, écrire pour ceux et celles qui ne sont plus, écrire aus­si, sur­tout, pour ne pas oublier. L’objectif de Russell T Davies, talen­tueux quin­qua, était sacré­ment ambi­tieux lorsqu’il a mis en route It’s a Sin. Une ambi­tion payante : la nou­velle créa­tion de ce ­show-​runner anglais, auteur de la série culte Queer as Folk, s’impose comme l’un des récits les plus déchi­rants jamais com­po­sés – et inter­pré­tés – sur le tout début des années sida.

Précisément, It’s a Sin (qui reprend le titre d’un tube des Pet Shop Boys sor­ti en 1987…) suit le des­tin en forme de comète de Ritchie, Colin et Roscoe, trois jeunes homo­sexuels d’origine modeste qui débarquent à Londres en 1981, la tête pleine de rêves, au moment même où un virus (le sida, pas encore iden­ti­fié) com­mence à se pro­pa­ger dans la com­mu­nau­té gay. La fête et le déni d’un côté, les rumeurs et la stig­ma­ti­sa­tion de l’autre, puis la peur, la mala­die et la mort, très vite : voi­là ce que racontent les cinq épi­sodes de cette mini­sé­rie tourbillonnante.

À l’image de cette jeu­nesse des années 1980, fau­chée dans son élan tan­dis que les auto­ri­tés de san­té publique regardent osten­si­ble­ment ailleurs (les vio­lences homo­phobes connaissent même, alors, une forte pro­gres­sion en Angleterre).

Oui, contre toute attente, il y a de l’humour, de la cha­leur, de la vie (et une BO géniale) dans cette chro­nique bou­le­ver­sante, qui ne se concentre pas seule­ment sur ses trois héros, très atta­chants, mais éga­le­ment sur leurs ami·es, leurs amants et leurs familles (désem­pa­rées). Histoire de ravi­ver la belle huma­ni­té de cette géné­ra­tion déci­mée. Perdue. Histoire, aus­si, de faire un doigt d’honneur aux ligues de ver­tu, tou­jours promptes à trou­ver des boucs émis­saires. Hier comme aujourd’hui.

It’s a Sin, de Russell T Davies. Minisérie en 5 épi­sodes de 52 min. À par­tir du 22 mars sur Canal +.

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