UVPLL OUTPLAY 05
Un visa pour la liberté : Mr Gay Syria

Les sor­ties ciné de ce mer­cre­di 11 mai

On vous pro­pose : un docu­men­taire poi­gnant, Un visa pour la liber­té : Mr Gay Syria, sur des Syriens gays fuyant leur pays et Nitram, un film aus­tra­lien qui revient sur la tue­rie de Port Arthur (1996).

Le prix de la liberté

La démarche est inédite, le résul­tat, trou­blant. Pour son pre­mier long-​métrage docu­men­taire, la réa­li­sa­trice turque Ayse Toprak a choi­si de bra­quer sa camé­ra, dis­crète et empa­thique, sur la com­mu­nau­té gay syrienne exi­lée à Istanbul. Des hommes, jeunes pour la plu­part, qui ont dû fuir leur pays à cause de la guerre, mais aus­si à cause de la très vio­lente homo­pho­bie qui y règne. Double peine, donc. Est-​ce à dire qu’ils se sentent plus en sécu­ri­té en Turquie ? Rien n’est moins sûr ! D’ailleurs, ils ne rêvent que d’une chose : obte­nir un visa pour rejoindre l’Europe…

Toujours digne, constel­lé de moments sou­riants et de séquences plus bru­tales, ce doc intrigue autant qu’il émeut. D’abord parce qu’il construit son récit autour d’un évé­ne­ment presque irréel au vu du contexte : l’organisation d’un concours de beau­té, Mr Gay Syria, à Istanbul, pre­mière étape pour par­ti­ci­per ensuite au Mr Gay World à Malte (un sésame pour l’Europe et la liber­té, inci­dem­ment…). Et ensuite parce qu’il s’appuie sur des per­son­nages très atta­chants. En pre­mier lieu, Hussein, 24 ans, véri­table fil rouge de ce por­trait de groupe doux-​amer. Ayant tra­ver­sé la fron­tière avec sa petite famille, il entame une double vie en Turquie : coif­feur la semaine, très impli­qué dans la com­mu­nau­té queer d’Istanbul, et père aimant le week-​end, lorsqu’il rend visite à sa fille et à sa femme (à laquelle il a été marié de force en Syrie). 

Précisément, si le film d’Ayse Toprak touche autant, c’est parce qu’il réus­sit à don­ner un visage et une voix à ces vies d’ordinaire déshu­ma­ni­sées, levant ain­si, on l’espère, bien des préjugés. 

Un visa pour la liber­té : Mr Gay Syria, d’Ayse Toprak. Sortie le 11 mai. 

Autopsie d’un massacre

On ne s’attend pas à une telle rete­nue de la part de Justin Kurzel, auteur d’un Macbeth assez gran­di­lo­quent ! Reste que le cinéaste aus­tra­lien voit juste en por­tant un regard dis­tan­cié, presque cli­nique, sur le par­cours ver­ti­gi­neux de son nou­veau per­son­nage. Il s’inspire de celui de Martin Bryant, auteur de la tue­rie de Port Arthur (Tasmanie) qui fit trente-​cinq morts et vingt-​trois bles­sés en 1996. Aucune fas­ci­na­tion ne peut donc être de mise… Certes, la lan­gueur pas­tel de son récit, qui nous mène juste avant le mas­sacre, peut dérou­ter. Reste ce sen­ti­ment gla­çant de menace per­ma­nente et la dou­ceur malai­sante, impé­né­trable, de Caleb Landry Jones dans le rôle de Nitram (palin­drome de Martin)… Une pres­ta­tion souf­flante, saluée par le prix d’interprétation mas­cu­line au ­der­nier Festival de Cannes.

Nitram, de Justin Kurzel. Sortie le 11 mai. 

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