fbpx
capture decran 2021 09 27 a 11.47.11
Capture d'écran CNews. ©A.T.

« Une Greta Thunberg méno­pau­sée » : les pro­pos sexistes de Guillaume Bigot à l'égard de Sandrine Rousseau

On s'en dou­tait : pri­vée du cham­pion de l'outrance Eric Zemmour, CNews allait mettre les bou­chées doubles pour inci­ter ses chro­ni­queurs, nou­veaux ou res­tants, à mul­ti­plier les sor­ties de route pour ne pas déce­voir son audi­mat. On en a eu la preuve quand, dimanche 26 sep­tembre, la mati­nale de la chaîne d’information en conti­nu a accueilli sur son pla­teau le chro­ni­queur Guillaume Bigot. Sa mis­sion du jour : décryp­ter la stra­té­gie de l'écoféministe Sandrine Rousseau, fina­liste de la pri­maire éco­lo­giste face à Yannick Jadot. L’occasion pour l’homme pré­sen­té comme un poli­to­logue de livrer une ana­lyse poli­tique solide et mesu­rée, comme le requiert sa fonc­tion. « Si vous l’écoutez, on a l’impression d’une illu­mi­née. C’est la folie verte. C’est une sorte de Greta Thunberg méno­pau­sée », lance d'emblée le chro­ni­queur.

Ah… nous sommes fina­le­ment à des lumières de l'exercice deman­dé. Guillaume Bigot, 51 ans, est pour­tant diplô­mé de Sciences Po Paris et devrait savoir à ce titre qu'en poli­tique, ana­ly­ser une stra­té­gie par le prisme de l'intimité et de l'âge est loin d'être un argu­ment rece­vable. Mais il faut dire que l'homme est un touche-​à-​tout. Il est à la fois poli­to­logue et édi­to­ria­liste sur CNews et Sud Radio mais aus­si essayiste et sur­tout direc­teur géné­ral de l'école de com­merce et de mana­ge­ment pari­sienne IPAG. Peut-​être s'est-il alors mélan­gé les pin­ceaux entre son rôle d'expert en sciences poli­tiques et celui d'homme d'affaire prêt à sau­ter sur l'occasion d'un bon (bad)buzz ?

Revenons à la séquence. Vaguement reca­dré par le pré­sen­ta­teur de l’émission, « l’analyste » recule d’un pas, mais per­siste. « Pardon, c’est une image, poursuit-​il. Mais Sandrine Rousseau sur­joue sa radi­ca­li­té. » Avant de lâcher les che­vaux : « Quand je dis Greta Thunberg, on voit bien, elle a des yeux comme des chouettes (sic) et elle débite des trucs ultra-​violents en regar­dant face camé­ra. C’est un peu ce que fait madame Rousseau. Elle n’a pas le même âge, c’est ce que je vou­lais dire. » Sexisme, âgisme, dis­cri­mi­na­tion à l’égard des per­sonnes autistes1. L’avantage dans cette séquence, c’est que le choix est plé­tho­rique. 

Indignation

« Les insultes sexistes, c'est chaque jour, chaque heure pen­dant cette cam­pagne », s’est indi­gnée Alice Coffin, élue EELV de Paris et sou­tien de Sandrine Rousseau sur Twitter, un peu plus tard dans la jour­née. Et c’est fina­le­ment sur la même pla­te­forme que Guillaume Bigot conclue­ra son œuvre en fin de soi­rée, en s’excusant tout d’abord d’avoir pu bles­ser cer­taines per­sonnes (mais en pre­nant le soin de ne pas s'excuser auprès des prin­ci­pales inté­res­sées), mais aus­si et sur­tout en esti­mant que si son « allu­sion à la méno­pause de Sandrine Rousseau man­quait d’élégance » – c'est le moins qu'on puisse dire en effet -, « [il] ne [savait] pas que la méno­pause était une insulte. [il] ne [savait] pas non plus que pour une can­di­date EELV, être com­pa­rée à Greta Thunberg pou­vait être infa­mant. » Ben voyons, ce n'est pas comme si la jeune fille fai­sait l'objet depuis des mois de l'animosité har­ce­lante d'une sorte d'amicale inter­na­tio­nale de l'extrême-droite.

Guillaume Bigot a embrayé en s'offusquant du fait que « les attaques per­ma­nentes contre le mâle blanc hété­ro­sexuel passent crème. » On note­ra que pour Bigot, cata­lo­guer une femme can­di­date à la pré­si­den­tielle comme étant folle et péri­mée tout en se vic­ti­mi­sant au pas­sage est un art qu'il semble maî­tri­ser à la per­fec­tion.

Le poli­to­logue en herbe a choi­si de conclure son plai­doyer d'un lapi­daire « ce wokisme devient irres­pi­rable ». Si Guillaume Bigot a visi­ble­ment des bouf­fées de cha­leur, à son âge, peut-​être devrait-​il se méfier : la méno­pause existe aus­si pour les hommes, on l'appelle l'andropause.

  1. Greta Thumberg est atteinte du syn­drome d’Asperger[]
Partager

Cet article vous a plu ? Et si vous vous abonniez ?

Chaque jour, nous explorons l’actualité pour vous apporter des expertises et des clés d’analyse. Notre mission est de vous proposer une information de qualité, engagée sur les sujets qui vous tiennent à cœur (féminismes, droits des femmes, justice sociale, écologie...), dans des formats multiples : reportages inédits, enquêtes exclusives, témoignages percutants, débats d’idées… 
Pour profiter de l’intégralité de nos contenus et faire vivre la presse engagée, abonnez-vous dès maintenant !  

 

Une autre manière de nous soutenir…. le don !

Afin de continuer à vous offrir un journalisme indépendant et de qualité, votre soutien financier nous permet de continuer à enquêter, à démêler et à interroger.
C’est aussi une grande aide pour le développement de notre transition digitale.
Chaque contribution, qu'elle soit grande ou petite, est précieuse. Vous pouvez soutenir Causette.fr en donnant à partir de 1 € .