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« Corona song » de Renaud : faut-​il séparer l’artiste de l’artiste ?

On écrit ces quelques lignes la larme à l’œil. Avec Corona Song, dévoilé mercredi 8 juillet, Renaud, pilier de nos années adolescentes, vient de sombrer dans le néant artistique.

Pour l’autoproclamé « chanteur énervant », le confinement, c’était pas l’éclate. Obligé de se farcir « sans cesse Arlette Chabot ou la pauvre Roselyne Bachelot », de rester privé de bistrots « fermés par ces salauds » qui l’empêchent « de boire sa flotte peinard », Renaud en est rendu à suivre les conseils de « Monsieur Douste-​Blazy qui dit pas que des conneries. » Bref, on sent qu’il en a gros sur la patate.  

Alors tout le monde en prend pour son grade : le gouvernement, les chaînes d’info, les amateurs de McDo, avec en première ligne ce « connard de virus » à qui il demande « de retourner dans ce pays où on bouffe du chien, des chauves-​souris, du pangolin. » Un parti pris artistique au racisme décomplexé, de l’inédit dans le répertoire du copain à Manu. Au final, seul le parrain de la chloroquine en France, l’inénarrable professeur Raoult, semble trouver grâce à ses yeux. Une fibre complotiste qu’on aurait dû voir venir chez le contempteur des Bobos, ennemis jurés du virologue marseillais.

Corona Song s’accompagne d’un clip à la hauteur de nos espérances. Camouflé derrière un masque-​bandana rouge (qu’il porte sous le nez, toujours loubard Mister Renard), tout de cuir vêtu, Renaud apparaît devant une caravane, auprès de trois musiciens qu’il semble avoir rameutés du camping d’à‑côté. On doute que Corona Song devienne le tube de l’été, en tout cas nous, on espère l’avoir oublié bientôt.

Par ici les quatre minutes de plaisir auditif :
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