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© Avel Chuklanov

Cannes 2024 : en pas­sant der­rière la camé­ra, les actrices prennent le pouvoir

"Moteur, ça tourne !", conju­gué au fémi­nin : Céline Sallette, Laetitia Dosch, Ariane Labed, trois actrices deve­nues aus­si réa­li­sa­trices, pré­sentent à Cannes leur pre­mier film, Noémie Merlant, son second, sans oublier Greta Gerwig, la pré­si­dente du jury aux deux casquettes.

Les trois novices sont dans la sec­tion Un cer­tain regard. Noémie Merlant hors com­pé­ti­tion. La palme de l'originalité revient à Laetitia Dosch avec Le Procès du chien. La Franco-​Suisse joue aus­si dans ce film lou­foque. Elle campe une avo­cate qui défend un chien qui a mor­du quelqu'un.

L'actrice-réalisatrice, 43 ans, s'est pré­sen­tée à Cannes avec son cas­ting, y com­pris avec Kodi, le chien du film. "On avait peur, parce que le chien ne savait pas hur­ler jusqu'à une semaine avant le tour­nage. Le truc [pour le faire hur­ler, ndlr], c'est d'imiter un petit cha­ton, et ça marche !", raconte Laetitia Dosch.

Lire aus­si : Laetitia Dosch : "Mon film exprime ma pro­fonde inquié­tude sur notre rap­port à l'exploitation d'autres espèces, comme des femmes"

Au-​delà de cette anec­dote, pas­ser à la réa­li­sa­tion lui a per­mis "de choi­sir". "Le vrai but, c'est que j'adore racon­ter des his­toires, insiste-​t-​elle. J'ai eu beau­coup de fois l'impression d'être mise dans des cases comme actrice." Après La Bataille de Solférino, elle ne rece­vait que des pro­po­si­tions "de rôles de dépres­sives". Après Jeune femme, que des rôles "de fol­dingue". Après Passion simple, que des rôles "un peu sexy".

"40 000 choses"

Réaliser lui a fait décou­vrir "40 000 choses". "Je n'imaginais pas l'importance de la post­pro­duc­tion, du mon­tage, du son… On peut vrai­ment chan­ger l'atmosphère de scènes avec le son. […] En tant qu'actrice, on a l'impression que le film se fait au tournage."

Lire aus­si l Cannes 2024 : place aux femmes !

Également réus­si, Niki – bio­pic explo­rant les tour­ments de la plas­ti­cienne Niki de Saint Phalle qu'elle trans­forme en art – est signé par la Française Céline Sallette, 44 ans, révé­lée par L'Apollonide, de Bertrand Bonello. Le rôle-​titre est incar­né par la Québécoise Charlotte Le Bon, elle-​même actrice pas­sée à la réa­li­sa­tion. September Says, de la Franco-​Grecque Ariane Labed, 40 ans, met à l'épreuve une cel­lule fami­liale – une mère et ses deux filles – dans un thril­ler psy­cho­lo­gique. Le point com­mun de ces trois pre­miers films est donc un cer­tain regard fémi­nin sur des his­toires de femmes. Sans que ce nou­veau cha­pitre de réa­li­sa­trice ne ferme celui d'actrice.

"Des envies"

Les femmes au pre­mier plan, c'est aus­si le sujet du deuxième film de la Française Noémie Merlant, Les Femmes au bal­con, défla­gra­tion #MeToo. La ben­ja­mine de cette cuvée d'actrices-réalisatrices, 38 ans, joue un des trois rôles prin­ci­paux auprès de Souheila Yacoub et Sanda Codreanu. Trois amies d'un immeuble de Marseille qui vont pas­ser les mâles toxiques à la mou­li­nette. En les remet­tant à leur place ou en leur réser­vant un sort plus radical.

Le film a une liber­té de ton rare dans le ciné­ma fran­çais. Ce long-​métrage pro­fite, comme le dit Noémie Merlant, d'"un scé­na­rio écrit pen­dant plu­sieurs années, avec Céline Sciamma [réa­li­sa­trice de Portrait de la jeune fille en feu] qui y par­ti­cipe". Ce deuxième film, qui brasse les genres (gore, comé­die, etc.), a don­né à sa réa­li­sa­trice "plein de clés pour la suite". La Suissesse Souheila Yacoub, 31 ans, a réa­li­sé son pre­mier court-​métrage. "J'en suis hyper-​contente, je ne pen­sais pas le faire un jour. Je me suis ren­du compte que si, j'avais des envies, des his­toires à racon­ter. Je com­mence à avoir envie", commente-​t-​elle pour l'Agence France-Presse.

"Il y a quinze ans, je n'aurais pas pu ima­gi­ner qu'il y aurait autant de femmes repré­sen­tées dans le monde du ciné­ma", avait dit l'Américaine Greta Gerwig, 40 ans, la pré­si­dente du jury du 77e Festival de Cannes, en ouver­ture de l'événement. Mais seule­ment 4 des 22 films en com­pé­ti­tion sont réa­li­sés par des femmes.

Lire aus­si l Seulement quatre réa­li­sa­trices en com­pé­ti­tion pour la Palme d’or au Festival de Cannes

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