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Anne-Vincent Salomon (©Clément Boutin)

Cancers fémi­nins : l'Institut Curie sou­haite créer une struc­ture dédiée aux femmes

L'Institut Curie, spé­cia­li­sé dans la recherche et la lutte contre les can­cers, a annon­cé jeu­di vou­loir lan­cer une struc­ture entiè­re­ment dédiée aux can­cers fémi­nins, ceux du sein et gyné­co­lo­giques, qui touchent 76.000 femmes chaque année. 

En France, 76.000 nou­veaux cas de can­cers fémi­nins sont diag­nos­ti­qués chaque année. Le chiffre peut sem­bler ver­ti­gi­neux mais, au sein de l'Institut Curie, 70% des malades pris·es en charge le sont jus­te­ment pour ces types de can­cers. Ceux du sein, et ceux dits gyné­co­lo­giques : de l'ovaire, de l'endomètre, du col du vagin, du vagin et de la vulve. Le centre fran­çais, spé­cia­li­sé dans la recherche et la lutte contre l'ensemble des can­cers, a donc annon­cé, ce jeu­di, lors d'une confé­rence de presse, vou­loir s'engager dans la créa­tion d'une struc­ture entiè­re­ment dédiée aux femmes. 

Avec cette struc­ture, qui sera inté­grée à l'Institut Curie, tou·tes tra­vaillent « d'arrache-pied » afin de consti­tuer « une rup­ture dans la façon de pen­ser la recherche et la prise en charge des can­cers fémi­nins », a expli­qué la Dr Anne Vincent-​Salomon, dési­gnée pour la pilo­ter. Le pro­jet regrou­pe­ra l'ensemble des soignant·es spécialisé·es en can­cé­ro­lo­gie du centre, des méde­cins aux infirmier·ères, les nombreux·ses chercheur·ses de l'université Paris Sciences et Lettres (PSL) et les membres des asso­cia­tions de patientes. « Nous sommes les pre­mières concer­nées, a glis­sé Laure Guéroult-​Accolas, fon­da­trice de l'association Patients en réseau, lors de la confé­rence de presse. Nous avons beau­coup de choses à dire et à par­ta­ger pour éclai­rer l'accompagnement des malades. »

À lire aus­si I Cancer du sein triple néga­tif : un nou­vel espoir de trai­te­ment pour les patientes

L'Institut Curie sou­haite aus­si mieux for­mer les profesionnel·les aux enjeux spé­ci­fiques de ces can­cers, adap­ter la prise en charge des patientes selon leur pro­fil – la mala­die et ses consé­quences évo­luant avec l'âge – mieux pré­ve­nir l'apparition des can­cers chez les per­sonnes à risque, faire émer­ger des solu­tions pour les dépis­ter plus pré­co­ce­ment et mettre en place de nou­veaux trai­te­ments thérapeutiques. 

La rechute, « pro­blé­ma­tique majeure »

Les rechutes seront éga­le­ment au centre des recherches de cette nou­velle struc­ture. Il s'agit d'une « pro­blé­ma­tique majeure », a sou­li­gné le Pr Alain Puisieux, direc­teur du Centre de recherche de l'Institut Curie. Car, pour les can­cers du sein notam­ment, 15 à 20% d'entre eux réci­divent dix ans après le pre­mier diag­nos­tic. L'enjeu actuel est de mieux com­prendre com­ment les réci­dives inter­viennent, pou­voir les diag­nos­ti­quer plus pré­co­ce­ment, trou­ver des trai­te­ments inno­vants et tra­vailler sur la manière d'annoncer à une patiente une rechute, « un moment impor­tant et dif­fi­cile ».

À lire aus­si I Cancer du sein : le dépis­tage à l'aveugle

« On espère, grâce à notre envi­ron­ne­ment très dyna­mique, faire la dif­fé­rence, amé­lio­rer et com­battre encore mieux la rechute, et trai­ter d'une meilleure façon les patientes à tous les stades de la mala­die », a résu­mé la Dr Anne Vincent-​Salomon. Le pro­jet sera sou­mis dans les pro­chaines semaines à l'Appel à Projets pour créer de nou­veaux Instituts Hospitalo-​Universitaires (IHU), pré­vu dans le Plan France 2030 qui se clô­ture le 7 novembre. Si l'Institut Curie ne rem­porte pas l'appel, per­met­tant d'obtenir 50 mil­lions d'euros sur dix ans, il avan­ce­ra tout de même dans sa volon­té de mieux prendre en charge les can­cers fémi­nins, pro­met la spécialiste. 

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