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Un poli­cier relaxé en appel après avoir trai­té de “grosse merde” une femme qui contac­tait le 17 pour des menaces de son ex-conjoint

Un poli­cier a été relaxé par la cour d’appel de Versailles, mer­cre­di 28 février, après avoir insul­té une femme qui avait contac­té le 17 pour faire part de menaces de son ex-​conjoint. Elle avait été rouée de coups par cet ancien com­pa­gnon au len­de­main de son appel.

“Un véri­table choc”, pour la plai­gnante. Mercredi 28 février, un poli­cier a été relaxé par la cour d’appel de Versailles, après avoir insul­té une femme qui avait contac­té le 17 pour faire part de menaces de son ex-​conjoint, a appris France Info. Le len­de­main de l’appel, elle avait ensuite été rouée de coups par cet ancien com­pa­gnon. En pre­mière ins­tance, le membre des forces de l’ordre avait été condam­né pour “omis­sion de por­ter secours” à huit mois de pri­son avec sur­sis pro­ba­toire, assortis[…]

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Un policier a été relaxé par la cour d’appel de Versailles, mercredi 28 février, après avoir insulté une femme qui avait contacté le 17 pour faire part de menaces de son ex-conjoint. Elle avait été rouée de coups par cet ancien compagnon au lendemain de son appel.

“Un véritable choc”, pour la plaignante. Mercredi 28 février, un policier a été relaxé par la cour d’appel de Versailles, après avoir insulté une femme qui avait contacté le 17 pour faire part de menaces de son ex-conjoint, a appris France Info. Le lendemain de l’appel, elle avait ensuite été rouée de coups par cet ancien compagnon. En première instance, le membre des forces de l’ordre avait été condamné pour “omission de porter secours” à huit mois de prison avec sursis probatoire, assortis d’une interdiction d’exercer la profession de policier pendant dix-huit mois et d’une obligation d’indemniser la victime.

“Tu parles mal grosse merde”

L’affaire remonte au 31 juillet 2022. Ophélie, la plaignante, avait appelé le 17 pour signaler que son ex-conjoint se trouvait devant chez elle à Osny (Val-d’Oise) et menaçait de la tuer. Selon le PV de retranscription de l’appel, consulté par France Info, le fonctionnaire ne semblait pas prendre l’appel au sérieux. “Il a dit qu’il va me tuer et tout”, lui a d’abord dit la victime, alors âgée de 31 ans. “Non”, lui a répondu le policier. Lorsqu’elle a entendu son ancien compagnon l’appeler, elle lui a répondu : “Commence pas à crier mon nom en bas de chez moi, casse pas les couilles Issa.” Ce à quoi le policier a dit : “Et tu parles mal, grosse merde. Alors tu m’étonnes qu’il te menace. Et rappelez plus, démerdez-vous avec.” Avant de lui raccrocher au nez.

Ophélie avait ensuite rappelé le 17, une heure et demie après le premier échange téléphonique. Elle était alors tombée sur le même policier. Ce dernier avait fait semblant qu’il ne s’agissait pas de lui : “Ah bon, il vous a insultée ? […] ‘Démerdez-vous grosse merde’, ça m’étonnerait.” Le lendemain de ces échanges, la victime avait été rouée de coups par son ex-compagnon.

“Un moment d’égarement”

Lors d’une audition devant l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), en janvier 2023, le policier a reconnu “avoir mal parlé à la dame”, fait preuve de “grossièreté” et ne pas avoir répondu “correctement”, selon le PV d’audition consulté par France Info. “J’ai eu un moment d’égarement et je me suis lâché verbalement contre elle”, a-t-il poursuivi, se disant “blasé” et avoir “ras-le-bol de ce boulot”. “J’ai immédiatement catégorisé cet appel dans les fantaisistes, s’était-il encore justifié. J’avais l’impression qu’elle était en train de parler avec le sourire. Une femme en danger n’est pas agressive en général avec l’individu qui la menace.

À lire aussi I "Grosse pute" : le policier qui a insulté une plaignante au téléphone relaxé

La relaxe du fonctionnaire “déresponsabilise les acteurs essentiels de la lutte contre les violences conjugales que sont les policiers et va à rebours de tous les efforts qui sont faits aujourd’hui dans notre société pour encourager les victimes à appeler le 17 et porter plainte”, a déploré Pauline Rongier, l’avocate d’Ophélie, auprès de la radio. Cette dernière ne formera pas de pourvoi en cassation, “trop déçue de la justice et fatiguée”, selon son conseil.

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