Georges Biard Gerard Depardieu Cannes 2014 2
© Georges Biard / Wikimedia Commons

Affaire Depardieu : la deuxième plainte visant l’acteur clas­sée pour prescription

La plainte de la comé­dienne Hélène Darras a été clas­sée fin décembre pour pres­crip­tion, a indi­qué, lun­di, le par­quet de Paris, confir­mant une infor­ma­tion de RTL.

Hélène Darras avait por­té plainte le 10 sep­tembre der­nier contre l’acteur Gérard Depardieu, qu’elle accu­sait de l’avoir agres­sée sexuel­le­ment lors d’un tour­nage de film en 2007. Ce clas­se­ment pour pres­crip­tion signi­fie que la jus­tice n’enquêtera pas sur les faits, sauf si l’actrice déci­dait de por­ter plainte de nou­veau avec consti­tu­tion de par­tie civile. Le délai de pres­crip­tion pour agres­sion sexuelle sur une per­sonne adulte est de six ans après la com­mis­sion des faits.

La comé­dienne, qui avait déjà témoi­gné devant la jus­tice et dans Mediapart, a ain­si “vou­lu répondre à la défense qui mini­mise nos dénon­cia­tions en disant que ce ne sont “que” des témoi­gnages”, avait-​elle expli­qué début décembre, fai­sant allu­sion aux mul­tiples accu­sa­tions parues dans la presse contre Gérard Depardieu, qui conteste. “J’ai mis un an à pas­ser du témoi­gnage à la plainte”, avait-​elle aus­si confié. “Passer la porte du com­mis­sa­riat, dire à un poli­cier qu’on vous a tou­ché les par­ties intimes, ce n’est pas évident, ça prend du temps d’y réflé­chir”, a‑t-​elle ajouté.

Le maga­zine d’investigation Complément d’enquête, sur France 2, avait révé­lé la plainte d’Hélène Darras, qui y livrait son récit : pen­dant le tour­nage, avait-​elle décla­ré, Gérard Depardieu “passe sa main sur mes hanches, sur mes fesses” puis “me dit car­ré­ment : Est-​ce que tu veux mon­ter dans ma loge ?’”. L’actrice lui dit “non” mais “ça ne change rien”, affirme-​t-​elle : “Entre les prises, il va conti­nuer à me pelo­ter.”

Dans un dos­sier dis­tinct, Gérard Depardieu a été mis en exa­men à Paris, le 16 décembre 2020, pour viols et agres­sions sexuelles après une plainte d’une autre comé­dienne, Charlotte Arnould, qui a dénon­cé, fin août 2018, deux viols au domi­cile pari­sien de l’acteur. L’avocate de Mme Arnould, Me Carine Durrieu-​Diebolt, a récem­ment écrit au par­quet de Paris pour lui deman­der d’analyser le repor­tage de Complément d’enquête, selon le minis­tère public.

L'avocate estime que les pro­pos tenus par Gérard Depardieu devant la camé­ra sont sus­cep­tibles de revê­tir une qua­li­fi­ca­tion pénale, ce que le par­quet ana­lyse actuel­le­ment. Dans le viseur : une vidéo inédite, tour­née en 2018 lors d'un voyage avec l'écrivain Yann Moix en Corée du Nord, où l'on entend Gérard Depardieu faire des gestes et des bruits de gorge mimant l'acte sexuel et tenir des pro­pos sexistes qui ont choqué.

Dans un haras, le géant du ciné­ma fran­çais affirme notam­ment que "les femmes adorent faire du che­val [car] elles ont le cli­to qui frotte sur la selle, elles jouissent énor­mé­ment". Et de pour­suivre : "C'est des grosses salopes."

Lire aus­si I Lettre ouverte à Depardieu, bis repe­ti­ta : "au pays des puis­sants, le viol n’existe pas"

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