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« Oui, j'ai avor­té » : pour­quoi il est néces­saire, en 2021, de dire que l'on a avorté

Encore sujet à débats en France, le droit à l'avortement peut être défendu grâce à la prise de parole de personnalités publiques disant y avoir eu recours.

C’est un film coup de poing qui porte bien son nom : L’Événement. Sa sortie sur les écrans, le 24 novembre, en est incontestablement un. D’abord parce qu’il permet de se souvenir de la violence des avortements clandestins dans les années 1960. De ce que c’était, pour une jeune femme, d’être enceinte à cette époque. Ensuite parce que ce film, adapté du livre d’Annie Ernaux, magnifique mais austère, tendu, a remporté le Lion d’or à Venise. L’un des prix de cinéma les plus prestigieux. Les grands prix sont rarement remis à des réalisatrices. Encore moins quand ils évoquent, au plus près, le corps féminin. Ce sont les femmes, qui, une fois de plus, prennent en charge le récit autour de l’avortement. Annie Ernaux, en son temps, avec les mots. Audrey Diwan, aujourd’hui, avec sa caméra. Elles qui, de cette façon, permettent de consigner le vécu des femmes et de libérer une parole autour de lui.

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Il faut se réjouir que, dans notre pays, contrairement à tant d’autres, il soit légalement possible d’avorter. Néanmoins, alors que l’Assemblée nationale s’apprête à examiner la proposition de loi permettant l’allongement du délai de recours à l’IVG de douze à quatorze semaines (que le Sénat a rejeté en première lecture en janvier), il semble que ce droit ne soit pas toujours parfaitement garanti en France. Selon le rapport remis aux député·es en première lecture, en septembre 2020, des femmes sont encore concernées par le dépassement du délai de douze semaines. Entre trois mille et cinq mille seraient contraintes chaque année de se rendre à l’étranger pour cette raison (notamment en Espagne, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas). 

En attendant une issue que nous espérons positive, il nous semble, à Causette et au Planning familial, que l’un des derniers bastions à conquérir concernant le recours à l’avortement reste de briser le silence. Nous sommes encore trop nombreuses à cacher ce moment de nos vies. Combien sommes-nous à l’avoir traversé seules, dans le secret, à n’en avoir jamais parlé à nos familles, nos conjoints, nos ami·es ? Pourquoi continuons-nous encore trop souvent, même si dans notre chair nous pouvons l’avoir bien toléré, à le vivre comme une honte au regard de la société ?

Il est grand temps d’en finir avec cette culpabilité que certain·es aimeraient nous faire ressentir. Et de libérer la parole sur cet événement qui peut être vécu comme un acte douloureux, comme un non-sujet ou comme un immense soulagement, mais qui, quoi qu’il en soit, ne mérite pas d’être condamné au silence.

C’est pourquoi Causette, en partenariat avec le Planning familial, a invité des femmes publiques à prendre la parole pour nous livrer leur expérience. Nous avons eu du mal à les trouver, celles qui auraient le courage de parler à visage découvert.Preuve que le sujet reste tabou. Merci à celles qui ont trouvé cet élan en elles et qui permettront sans aucun doute à de nombreuses femmes, plus ou moins jeunes, de se sentir moins seules.

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Le planning avec nous !

Mouvement féministe et d’éducation populaire, le Planning familial milite, depuis plus de soixante ans, pour le droit à l’éducation, à la sexualité, à la contraception, à l’avortement, à l’égalité des droits entre les femmes et les hommes et combat toutes formes de violences et de discriminations. Sur le terrain, les militantes du Planning familial accueillent, écoutent, informent dans ses soixante-douze associations départementales. Pour avoir plus d’informations, le numéro vert « Sexualités-Contraceptions-IVG » 0800 08 11 11.

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